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Affichage des articles dont le libellé est Révolution Burkinabé du 30 octobre 2014. Afficher tous les articles
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lundi 24 novembre 2025

Thomas Sankara "Il n'y a qu'un seul Burkina Faso, celui des CDR " "Nous avons besoin des CDR et nous aurons toujours besoin des CDR quelle que soit la forme qu'un jour ils pourraient prendre."



Cet article du 4 décembre 2014 est une réponse directe au SABOTAGE de la révolution burkinabè du 30 octobre 2014 par le Balai citoyen et tous les compradores qui craignent les paysans pauvres.

LIRE AUSSI CET ARTICLE POUR COMPRENDRE COMME LA REVOLUTION DE 2014 FUT CONFISQUEE PAR LES MALFAISANTS

ercredi 3 décembre 2014

Révolution volée au Burkina Faso. Les 4 traîtres du 30-31 octobre: Hervé Ouattara, Serge Smockey Bambara, Guy Hervé Kam et Sams'K le Jah


présentation et commentaires
Yanick Toutain
RevActu
2/12/14


Hervé Ouattara: "Au départ, nous avons
voulu inciter Gilbert Diendiéré,
lui-même, à perpétrer un coup d’Etat".

"

Hervé Ouattara: "On a discuté entre nous et finalement, c’est nous qui avons gagné. Sams’K Le Jah et Hervé Kam, qui sont arrivés plus tard, étaient dans la même logique que Smockey et moi. Finalement, nous avons dit à Zida de prendre ses responsabilités",


Hervé Ouattara: "j’ai découvert monsieur Bambara qui est un militaire. C’est lui qui m’a informé qu’il se pourrait que le général Kouamé Lougué vienne notre la secours pour prendre Kosyam"



jeudi 4 décembre 2014

"Il n'y a pas deux Burkina Faso. Il n'y a qu'un seul Burkina Faso : le Burkina Faso des CDR. Il commence avec les CDR et finit avec les CDR" Thomas Sankara 1986

Présentation 2014
par Yanick Toutain
RevActu
 4/12/14


"Tout ce que nous avons réalisé au Burkina Faso, sous la révolution, nous l'avons réalisé grâce aux CDR en premier lieu."
Thomas Sankara 4 avril 1986

"... beaucoup étaient venus pour fêter la disparition de ces fameux CDR.
Pourquoi les CDR ? Historiquement, vous savez que rien n'est plus faux que de dire que les CDR ont été créés au lendemain du 4 août 1983.
Les CDR ont été créés avec les premiers coups de feu qui ont été tirés ici.
Les CDR ont été créés le 4 août 1983, précisément.
[Applaudissements] Les CDR sont nés dialectiquement en même temps que la révolution au Burkina Faso.
[Applaudissement] Parce que, à l'instant même où nous avons prononcé le mot révolution dans ce pays, la nécessité de la défendre s'est fait sentir et celui qui parle de révolution sans prendre les dispositions pour protéger cette révolution commet une grave erreur et méconnaît les capacités de lutte, les capacités de destruction de la réaction.
Pour notre part, nous avons invité le peuple dans la nuit du 4 août, à se constituer partout en Comités de défense de la révolution parce que nous ne nous faisions pas d'illusion : la révolution allait être attaquée.
Elle l'a été, elle l'est et elle le sera.
Donc, les Comités de défense de la révolution l'ont été, le sont et le seront.
[Applaudissement] Rien de ce qui a été fait de positif sous la révolution n'a pu être réalisé sans les CDR.
Nous savons que nous CDR, nous ne sommes pas parfaits.
Nous le savons, mais nous continuons de rechercher dans ce monde les exemples de perfection.
Nous CDR, avons eu à exercer le pouvoir populaire.
Sur le plan politique, sur le plan économique, sur le plan militaire, sur tous les plans de la vie nationale, à tous les niveaux de la vie des Burkinabè, nous, CDR, sommes impliqués directement.
Il est donc important que nous comprenions que la marche correcte des CDR a une conséquence bénéfique et heureuse pour chacun de nous.
Se détourner des CDR, c'est se faire à soi-même du tort ; à moins que l'on ne soit en mesure de quitter le Burkina Faso.
Nous avons besoin des CDR et nous aurons toujours besoin des CDR quelle que soit la forme qu'un jour ils pourraient prendre.

"Nous ne pouvons pas accepter de mettre les CDR de côté.
Il n'y a pas deux Burkina Faso.
Il n'y a qu'un seul Burkina Faso : le Burkina Faso des CDR.
Il commence avec les CDR et finit avec les CDR.
[Applaudissements] C'est pourquoi, il faut que là où il n'y a pas encore des CDR qu'ils soient rapidement constitués.
Partout où se trouvent des Burkinabè, le premier réflexe doit être pour eux de constituer un Comité de défense de la révolution parce qu'ils sont et existent grâce à la révolution.
Et s'ils ne le font pas, ils vont à l'encontre de la révolution et il n'y a pas de raison qu'ils bénéficient des bienfaits de la révolution."



 Les menteurs provocateurs tel l'agent saboteur anti-CDR Bruno Jaffré agissent pour nuire à la révolution africaine.

Ceux qui publient les textes de Thomas Sankara ajoutent des commentaires puants, des titres diffamants etc etc.C'est le cas ici. Bruno Jaffré et son acolyte X ont ajouté un titre de critique stupide contre les CDR "L'abus de pouvoir doit être étranger aux CDR". Ces gens-là puent du cerveau. Ils sont les agents de la gauche franceàfric française. Agents de sabotage des CDR, agents de sabotage de la révolution africaine. Il faut les démasquer. Il faut surtout faire CIRCULER les VERITABLES TEXTES.
"Les CDR ont été créés le 4 août 1983, précisément.
[Applaudissements] Les CDR sont nés dialectiquement en même temps que la révolution au Burkina Faso."

Quand on lit ceci, on comprend le TRAVAIL DES SABOTEURS DU BALAI POUR EMPECHER LES CDR DU 30 OCTOBRE 2014

GRANDIR EN REVOLUTIONNAIRES
"Nous n'avons pas le droit, en tant que révolutionnaires, de considérer que les Pionniers doivent être tenus en marge de l'action révolutionnaire et n'être intégrés à notre action qu'une fois l'âge de 18 ans atteint.
Partout où des révolutionnaires sont concernés directement par la vie de ces Pionniers, ils devront prendre leurs responsabilités : encadrer, éduquer, conscientiser ces jeunes enfants afin qu'ils grandissent en révolutionnaires, qu'ils vivent en révolutionnaires et meurent en révolutionnaires.
[Applaudissements] Ainsi donc, comment ne pas féliciter, comment ne pas admirer ces jeunes enfants : l'orchestre la Voix des pionniers de Bobo-Dioulasso, les Petits chanteurs aux poings levés de Ouagadougou, les Petits danseurs du secteur 27 de Ouagadougou et du secteur 6 de Banfora qui se sont produits tout à l'heure ! Comment ne pas être encouragés ! Nous savons, dès lors que nous les voyons se produire, se manifester, que notre culture est en de bonnes mains.
Si seulement chacun de nous, à l'âge où nous étions comme ces enfants, avait appris et la musique et la maîtrise de notre culture, aujourd'hui Mozart serait une piètre célébrité à côté de nous."

TORTUES A DOUBLE CARAPACE, HIBOUX AU REGARD GLUANT, CAMELEONS EQUILIBRISTES
Hélas, nous avons grandi avec des défauts."
"Et puis, il me faut quand même dire à nos chers camarades anciens que s'il est vrai que la neige sur le toit n'implique pas qu'il ne fait pas chaud à l'intérieur, il faut comprendre qu'à l'intérieur même des anciens se trouvent des tortues à double carapace.
[Applaudissements] Il se trouve à l'intérieur des anciens des hiboux au regard gluant [Applaudissements], c'est-à- dire un certain nombre de caméléons équilibristes qui pensent et estiment que, comme au jeu de dames, la révolution vient de faire une ouverture très dangereuse dont ils vont profiter pour s'installer afin de retrouver leur sport favori : les intrigues, les complots, les règlements de comptes, les dénigrements, les calculs et que sais-je encore ! Il appartient d'abord prioritairement aux anciens de démasquer et de combattre ces mauvais anciens."

MOBILISER LES FEMMES DU MONDE ENTIER
nous faisons confiance à l'UFB pour que toutes les femmes, toutes nos femmes, toute femme et toutes les femmes du monde entier soient mobilisées.
La tâche est donc dure.
TPR TRIBUNAUX POPULAIRES DE LA REVOLUTION
 Le dernier Tribunal populaire de la révolution (TPR), le quinzième du genre, a été, lui aussi une consécration internationale de cette juridiction révolutionnaire.
[Applaudissements] Nous avons jugé et condamné des malfrats internationaux ! [Applaudissements] Nous avons osé faire ce que beaucoup n'ont pas osé faire.
Nous avons donc installé glorieusement les TPR parmi les formes de juridictions dont les peuples ont réellement besoin.




PLUS DE 1310 DELEGUES des CDR de tout le Faso se sont réunis  du 31 mars au 4 avril.
La source du texte suivant est une brochure publiée par le Secrétariat national des DR.

 DISCOURS DE CLÔTURE DE LA PREMIERE CONFERENCE NATIONALE DES CDR 4 Avril 1986




Après le spectacle auquel nous venons d'assister, après ce que nous avons entendu, ma tâche est facilitée.
Elle est facilitée parce que je n'aurai que très peu de choses à vous dire.
Chers camarades, Chers amis invités : Nous voilà au terme d'un dur labeur.
Nous voilà au terme d'une épreuve particulière.
La première du genre, durant laquelle les Comités de défense de la révolution (CDR) ont volontairement, consciemment accepté de se remettre en cause.
Pendant des jours et des nuits, ils ont siégé sans désemparer dans un esprit de critique et d'auto-critique, pour examiner leur action depuis plus de deux ans et demi de révolution au Burkina Faso.
Le principe en luimême est une victoire.
Victoire en ce sens que seules les révolutions acceptent de se remettre en cause, seules les révolutions acceptent de faire le point critique de leur combat ; à la différence de la réaction qui passe le temps à se faire des louanges et des éloges pour aboutir à un échec fatal.
[Applaudissements] Camarades, je voudrais tout d'abord demander à toutes les délégations étrangères qui n'ont pas pu être représentées ici, de bien vouloir comprendre et excuser cette démarche : si nous avons estimé que cette première Conférence nationale des CDR devait se dérouler pratiquement à huis clos, à savoir entre Burkinabè exclusivement, cela ne veut pas dire que nous méconnaissions l'internationalisme qui nous lie aux autres luttes.
Je suis persuadé que nous bénéficierons de leur indulgence, de leur compréhension.
En effet, partout dans le monde, des messages avaient été préparés pour nous être envoyés.
On voulait nous envoyer également des délégations.
Nous demandons à tous les pays amis, à toutes les révolutions soeurs qui, dans la compréhension, ont bien voulu retenir l'envoi de leurs délégations, nous leur demandons de transmettre à leurs militants le salut internationaliste des Comités de défense de la révolution du Burkina Faso.
[Applaudissements].
Je voudrais remercier les Pionniers qui se sont présentés, et qui ont animé de bout en bout cette Première conférence nationale.
Les Pionniers constituent pour nous l'espoir, l'espoir de demain.
Ils symbolisent et représentent l'avenir dans le présent.
Mais en même temps, ils indiquent à chacun de nous notre tâche quotidienne, à savoir que leur devenir, leur évolution, dépendent étroitement de notre prise de conscience, de la façon avec laquelle nous assumerons nos responsabilités face à ces jeunes révolutionnaires.
Nous n'avons pas le droit, en tant que révolutionnaires, de considérer que les Pionniers doivent être tenus en marge de l'action révolutionnaire et n'être intégrés à notre action qu'une fois l'âge de 18 ans atteint.
Partout où des révolutionnaires sont concernés directement par la vie de ces Pionniers, ils devront prendre leurs responsabilités : encadrer, éduquer, conscientiser ces jeunes enfants afin qu'ils grandissent en révolutionnaires, qu'ils vivent en révolutionnaires et meurent en révolutionnaires.
[Applaudissements] Ainsi donc, comment ne pas féliciter, comment ne pas admirer ces jeunes enfants : l'orchestre la Voix des pionniers de Bobo-Dioulasso, les Petits chanteurs aux poings levés de Ouagadougou, les Petits danseurs du secteur 27 de Ouagadougou et du secteur 6 de Banfora qui se sont produits tout à l'heure ! Comment ne pas être encouragés ! Nous savons, dès lors que nous les voyons se produire, se manifester, que notre culture est en de bonnes mains.
Si seulement chacun de nous, à l'âge où nous étions comme ces enfants, avait appris et la musique et la maîtrise de notre culture, aujourd'hui Mozart serait une piètre célébrité à côté de nous.
Hélas, nous avons grandi avec des défauts.
[Applaudissements] Je remercie également l'Union nationale des anciens du Burkina (UNAB) pour sa participation à cette première Conférence nationale des CDR du Burkina Faso.
[Applaudissements] L'Union nationale des anciens du Burkina Faso nous apporte une contribution importante.
Elle est très importante parce que, tactiquement, nous savons que si nous, nous ne mobilisons pas les anciens, nos ennemis les mobiliseront contre nous.
[Applaudissements] Tous les réactionnaires, tous les contre-révolutionnaires nous invitent à laisser les anciens de côté afin qu'ils puissent les mobiliser contre nous.
[Vifs applaudissements] Eh bien ! Camarades, ne faisons point le jeu de la réaction et de la contre-révolution.
Ne faisons point le jeu du populisme et au contraire, disons-nous qu'il ne doit pas y avoir au Burkina Faso un être humain quel que soit son âge qui n'ait été mobilisé.
Nous en avons besoin.
Et puis, il me faut quand même dire à nos chers camarades anciens que s'il est vrai que la neige sur le toit n'implique pas qu'il ne fait pas chaud à l'intérieur, il faut comprendre qu'à l'intérieur même des anciens se trouvent des tortues à double carapace.
[Applaudissements] Il se trouve à l'intérieur des anciens des hiboux au regard gluant [Applaudissements], c'est-à- dire un certain nombre de caméléons équilibristes qui pensent et estiment que, comme au jeu de dames, la révolution vient de faire une ouverture très dangereuse dont ils vont profiter pour s'installer afin de retrouver leur sport favori : les intrigues, les complots, les règlements de comptes, les dénigrements, les calculs et que sais-je encore ! Il appartient d'abord prioritairement aux anciens de démasquer et de combattre ces mauvais anciens.
[Applaudissements] Si après avoir croisé le fer contre ces mauvais anciens qui, généralement, sont tenaces parce qu'ils ont le cuir dur, [Rires] les bons anciens n'ont pas réussi, qu'ils fassent appel aux CDR.
Qu'ils nous accordent la permission : nous saurons ce qu'il faudra faire.
N'est-ce pas, camarades, n'est-ce pas ? [Cris de « Oui 1', applaudissements] Soyons donc vigilants.
Nous remercions également l'Union des femmes du Burkina (UFB) [Applaudissements] dont le silence à l'ouverture de la Première, conférence nationale des CDR a été particulièrement « bruyante» et remarquée.
[Applaudissements] Organisation de masses, tard venue par rapport à d'autres, elle n'est pas pour autant en marge de notre marche victorieuse et nous faisons confiance à l'UFB pour que toutes les femmes, toutes nos femmes, toute femme et toutes les femmes du monde entier soient mobilisées.
La tâche est donc dure.
Je félicite le Secrétariat général national des CDR pour l'important travail d'organisation qui vient d'être accompli.
[Applaudissements] Je le félicite d'autant plus qu'il n'était pas certain que nous puissions organiser de façon aussi minutieuse et dans des délais aussi courts une réunion aussi importante.
Notre quotidien, le Sidwaya, a même, dans un écart d'impertinence, osé dire du mal du Secrétariat général national des CDR.
Le Secrétariat général des CDR répondra en temps opportun à cet intrus de Sidwaya.
[Applaudissements] Eh bien ! Je félicite tous les organisateurs, tous ceux qui sont venus de toutes les provinces pour cette grande manifestation parce qu'encore une fois nous venons d'inscrire une victoire à notre actif.
Souvenez-vous, après la célébration du premier anniversaire de la Révolution démocratique et populaire le 4 août 1984, la réaction, la contre-révolution, chantant en choeur, avaient dit que nous avions dépensé des milliards et des milliards pour organiser cette fête ; tellement la Tete avait été grandiose et belle.
Affolés, ces messieurs ne pouvaient pas imaginer que la capacité des révolutionnaires était de nature à pallier et même à dépasser le manque de moyens ! Depuis, ils ne parlent plus de milliards dépensés.
Au contraire ; lorsqu'ils entendent que nous organisons une manifestation, ils sont pris de panique et tentent du mieux qu'ils peuvent de la saboter.
La dernière Conférence au sommet des chefs d'Etat de la Communauté économique de l'Afrique de l'Ouest (CEAO) a été un succès éclatant pour la Révolution démocratique et populaire.
[Applaudissements nourris] Elle a été un succès, non pas parce qu'on nous a apporté beaucoup de moyens, mais parce que les révolutionnaires se surpassent lorsqu'on les attaque.
Et nous avons été attaqués, vous le savez très bien ! [Applaudissements] Nous avons forcé l'admiration même de ceux qui ne voulaient pas venir.
Mais ils sont venus malgré eux, ici même à Ouagadougou.
[Applaudissements] Le dernier Tribunal populaire de la révolution (TPR), le quinzième du genre, a été, lui aussi une consécration internationale de cette juridiction révolutionnaire.
[Applaudissements] Nous avons jugé et condamné des malfrats internationaux ! [Applaudissements] Nous avons osé faire ce que beaucoup n'ont pas osé faire.
Nous avons donc installé glorieusement les TPR parmi les formes de juridictions dont les peuples ont réellement besoin.
Nous sommes heureux de constater que notre exemple suscite çà et là des tentatives d'imitation.
[Applaudissements] Ailleurs, on veut également juger et condamner et nous savons que partout on pourra juger, partout on pourra condamner.
Mais la différence se situera toujours entre la vérité, toute la vérité que l'on osera dire et la demi-vérité que l'on sera obligé de proclamer parce que ....on est peut-être soi-même impliqué ou, en tout cas, on anime un régime réactionnaire, corrompu.
[Applaudissements] Avez-vous déjà vu un chat demander un certificat de bonne moralité pour son fils ? [Rires, applaudissement] Lui-même, il est voleur.
Mais, enfin, on sait que même les chats essaient de prendre des mines de personnes sérieuses.
Nous mettons en garde les imitateurs.
Ils nous suivent, ils nous imitent, mais il reste un secret, un seul secret : celui qui nous permet de franchir les grands obstacles et que eux ne détiennent pas et qui précipitera leur chute.
[Applaudissements] Camarades, lorsque cette Conférence nationale des CDR a été convoquée, beaucoup de choses ont été dites ici et ailleurs.
L'on a dit que ce serait l'occasion de tout dire.
Par «tout dire», certains entendaient également par là que ce serait l'occasion pour eux de régler certains comptes avec certaines personnes.
D'autres disaient aussi que cette Conférence nationale des CDR allait être une simple mascarade pour faire semblant de donner la parole au peuple mais, en réalité, pour empêcher que la vérité ne transparaisse.
Pendant et même à l'heure où je vous parle, des participants à cette Conférence estiment que c'est plus qu'une mascarade puisqu'on ne leur a pas donné la parole ! Il y avait plus de 1 310 délégués et rien qu'en donnant 10 minutes à chaque délégué faites le calcul, les matheux ça aurait fait plus de 10 jours d'affilée à écouter rien que les interventions.
Manifestement cela aurait été impossible ! On a dû donc procéder par synthèses.
Mais je dois reconnaître que la synthèse des synthèses a parfois dénaturé certaines pensées.
Certains propos, certains points de vue ne s'expriment plus entièrement et convenablement dans ce qui est présenté en dernière analyse, en dernière mouture.
Ce sont, hélas là, les règles normales d'un travail qui veut s'adresser au plus grand nombre et non pas simplement se limiter à une minorité.
Mais, c'est pourquoi, d'ores et déjà, j'invite le Secrétariat général national des CDR à prendre toutes les dispositions afin que, périodiquement, par exemple par trimestre, des sessions se tiennent à travers le pays entre le Secrétariat général national des CDR et les principaux représentants des CDR.
Ce qui permettra d'entendre davantage ce que pense chacun et faire en sorte que, lorsque nous serons obligés de synthétiser des pensées, nous ne soyons pas amenés à les déformer malgré nous.
[Applaudissements] Mais, l'on a pensé que cette première Conférence nationale des CDR avait été convoquée pour définitivement enterrer les CDR.
C'est vrai, il y en a qui sont venus ici pour présenter leurs condoléances au Secrétariat général national des CDR.
Condoléances qui, comme dans bien des cas, ne seront que des formes d'hypocrisie parce qu'en réalité, beaucoup étaient venus pour fêter la disparition de ces fameux CDR.
Pourquoi les CDR ? Historiquement, vous savez que rien n'est plus faux que de dire que les CDR ont été créés au lendemain du 4 août 1983.
Les CDR ont été créés avec les premiers coups de feu qui ont été tirés ici.
Les CDR ont été créés le 4 août 1983, précisément.
[Applaudissements] Les CDR sont nés dialectiquement en même temps que la révolution au Burkina Faso.
[Applaudissement] Parce que, à l'instant même où nous avons prononcé le mot révolution dans ce pays, la nécessité de la défendre s'est fait sentir et celui qui parle de révolution sans prendre les dispositions pour protéger cette révolution commet une grave erreur et méconnaît les capacités de lutte, les capacités de destruction de la réaction.
Pour notre part, nous avons invité le peuple dans la nuit du 4 août, à se constituer partout en Comités de défense de la révolution parce que nous ne nous faisions pas d'illusion : la révolution allait être attaquée.
Elle l'a été, elle l'est et elle le sera.
Donc, les Comités de défense de la révolution l'ont été, le sont et le seront.
[Applaudissement] Rien de ce qui a été fait de positif sous la révolution n'a pu être réalisé sans les CDR.
Nous savons que nous CDR, nous ne sommes pas parfaits.
Nous le savons, mais nous continuons de rechercher dans ce monde les exemples de perfection.
Nous CDR, avons eu à exercer le pouvoir populaire.
Sur le plan politique, sur le plan économique, sur le plan militaire, sur tous les plans de la vie nationale, à tous les niveaux de la vie des Burkinabè, nous, CDR, sommes impliqués directement.
Il est donc important que nous comprenions que la marche correcte des CDR a une conséquence bénéfique et heureuse pour chacun de nous.
Se détourner des CDR, c'est se faire à soi-même du tort ; à moins que l'on ne soit en mesure de quitter le Burkina Faso.
Nous avons besoin des CDR et nous aurons toujours besoin des CDR quelle que soit la forme qu'un jour ils pourraient prendre.
Nous constatons qu'au Burkina Faso, lorsque certains étrangers arrivent, ils considèrent ce pays comme divisé en deux : il y a le Burkina Faso normal avec un drapeau, un hymne, des bureaux, une administration, des structures de fonctionnement, c'est-à-dire le Burkina Faso qui connaît les bonnes règles, qui porte les gants blancs, les belles cravates et que sais je encore ! Et puis, il y ale Burkina Faso des CDR.
Ces CDR-là ! [Applaudissements] Et ils nous disent : comme votre pays est magnifique ! Et quel travail colossal vous avez accompli ! Malheureusement, il y a vos CDR-là ! [Applaudissements] Mais que voulez-vous que nous fassions de nos CDR ? Que nous les menions dans des bouteilles ? Ils sont tellement nombreux que si nous les mettons dans des bouteilles, ils seront dans tous les bars ! [Applaudissements] Même des nationaux, des Burkinabè nous disent : «Ah ! Camarade président, nous sommes, en tout cas, très contents.
Ce qui a été fait est magnifique, mais est-ce que vous ne pourriez pas voir du côté des CDR ; [Rires] parce que ces enfants-là....!»
J'écoute avec beaucoup d'intérêt leurs propos, leurs conseils et avec le respect dû à la barbe blanche qui parle en ces termes, avant de leur demander : en fait, entre ces CDR et moi-même, quelle est la différence d'âge ? [Applaudissements] Non ! 

Nous ne pouvons pas accepter de mettre les CDR de côté.
Il n'y a pas deux Burkina Faso.
Il n'y a qu'un seul Burkina Faso : le Burkina Faso des CDR.
Il commence avec les CDR et finit avec les CDR.
[Applaudissements] C'est pourquoi, il faut que là où il n'y a pas encore des CDR qu'ils soient rapidement constitués.
Partout où se trouvent des Burkinabè, le premier réflexe doit être pour eux de constituer un Comité de défense de la révolution parce qu'ils sont et existent grâce à la révolution.
Et s'ils ne le font pas, ils vont à l'encontre de la révolution et il n'y a pas de raison qu'ils bénéficient des bienfaits de la révolution.
A ce sujet, il importe que je dise que nous avons rencontré quelques difficultés dans les Organisations internationales.
Les Organisations internationales, prétendant ne pas faire de la politique, refusent, s'opposent à ce que les CDR se constituent en leur sein.
Eh bien, nous disons que les Burkinabè qui travaillent dans les Organisations internationales, doivent demeurer liés à la révolution par le biais des CDR.
[Applaudissements] Donc il faut des CDR partout.
[Applaudissements] Bref ! Je ne citerai aucun organisme international, mais chacun s'y reconnaîtra.
Lorsque nous avons jugé les voleurs de la Communauté économique de l'Afrique de l'Ouest, ces bandits, ces truands, ces jongleurs, s'il y avait eu un seul Burkinabé de la CEAO impliqué, pensez-vous que les Comités de défense de la révolution auraient adressé une motion de félicitations à ce voleur-là ? Eh bien ! le CDR qui inspire les TPR est une garantie pour la CEAO, par exemple contre les voleurs ! C'est parce que nous avons les CDR que nous osons poursuivre les méchants, les voleurs.
Ça fait longtemps qu'ils palpent les milliards.
[Applaudissements] Alors, que ce soit dit une fois pour toutes : toute organisation internationale qui nous acceptera, devra également accepter nos CDR.
Bien entendu, nous respecterons les règles, les statuts de fonctionnement de ces organisations internationales.
Nous ne nous organiserons en leur sein que dans les limites du possible.
Il ne s'agira pas d'aller demander au Secrétaire général de l'ONU l'autorisation de tenir une assemblée générale CDR dans la maison de verre à New York ; ce qui ne serait pas très grave, du reste ! Cette Première conférence nationale des CDR doit contribuer à une plus grande cohésion, à une plus grande unanimité, à une plus grande unité organique au sein des CDR.
Cela est très important.
Premier militant CDR que je suis, je n'échappe pas à l'obligation de critiquer fondamentalement, totalement nos CDR ; mais également, je n'hésite pas à leur apporter tout le soutien, tout le renforcement dont ils ont besoin pour continuer à aller de l'avant.
[Applaudissements nourris] C'est pourquoi nous devons avoir le courage de nous regarder en face.
Il y a de mauvais militants CDR parmi nous ! Qu'on ne se le cache pas.
Vous savez très bien qu'au début de la révolution, très peu de gens voulaient venir dans les CDR.
Mais dès lors que l'on s'est aperçu que les CDR permettaient de résoudre un certain nombre de problèmes, les vieux magouilleurs ont repris leurs vieux chemins pour se faire élire dans les CDR.
[Applaudissements] On les voit, lorsqu'il s'agit de la bataille du rail2, tourner avec leur voiture ; ils se renseignent : « Est-ce que la télévision va venir ?» [Rires, applaudissements] Dès qu'ils sont sûrs que la télévision va venir glacières et bières fraîches dans la voiture ils vont là-bas et attendent.
Ils tournent passent et repassent devant le cameraman qui ne semble pas comprendre.
[Rires] Ils finissent par faire des signes au cameraman et à la foule : « Ah ! les gars, ça travaille....ça fait... depuis des heures que nous sommes là ! Ah oui...».
Comme tous les journalistes finissent par leur demander : «Vos impressions ?» Ah ! C'est l'occasion attendue.
[Applaudissements] « Oui ! très impressionné, mes impressions sont très bonnes, en tout cas, nous sommes debout comme un seul homme !».
Les vieux refrains, vous les connaissez ! On a chanté la même chose à la Place de la révolution précédemment Place du 3 janvier : « Debout comme un seul homme » pendant que certains allaient à gauche, d'autres allaient à droite.
[Applaudissements] Eh oui ! Ces calculateurs ont compris de quel côté souffle le vent, le vent du pouvoir et ils sont là-bas dans les CDR.
On les voit également faisant tout pour se faire élire, pour être responsables.
Je veux dire quelque chose qui risque d'être une arme à double tranchant.
Mais je vais le dire quand même parce que c'est la vérité.
Au niveau de la Caisse de solidarité révolutionnaire nous voyons souvent ceci : « Le camarade un tel fait don d'un dixième de son salaire pendant trois mois et demande l'anonymat ».
Eh bien ! Vous savez comment se manifeste cet anonymat ? Le bon camarade, le vaillant militant, ce grand militant, va d'abord voir son ministre de tutelle et lui dit : « Camarade ministre, je fais don d'une partie de mon salaire, mais je demande l'anonymat parce que, moi, j'aime être discret ».
[Applaudissements] Il va au Secrétariat général national des CDR et il répète : « Je donne, mais je veux l'anonymat ; Je veux être discret ».
Il va dans son secteur, il dit la même chose.
Il écrit au Camarade président une longue lettre pour montrer que depuis la nuit historique du 4 août, lui, [Rires] tout son carnet de chèques tremble rien que pour la révolution, mais il demande l'anonymat : il signe, il met son nom, son prénom, son secteur, sa date de naissance, le nom de sa femme et de ses enfants.
[Rires] Il écrit à la Camarade ministre de l'essor familial, il demande l'anonymat.
Et maintenant il attend.
Un Conseil de ministres annonce que ce camarade a cédé un dixième de son salaire pendant trois mois et a demandé l'anonymat.
Pendant ce temps, toute la ville et, en particulier, « ses électeurs » savent qui est cet anonyme généreux.
Tout cela, ce sont des méthodes utilisées pour se faire élire.
Bien entendu, que personne ne dise qu'à partir de maintenant ce n'est plus la peine d'envoyer quelque chose à la Caisse de solidarité.
Il faut continuer à alimenter cette caisse ainsi que les autres caisses qui ont besoin de beaucoup d'argent pour aider tous ceux qui critiquent les caisses et qui en profitent cependant.
[Applaudissements] Le pouvoir politique est utilisé à ce niveau pour les calculs : il y a de mauvais éléments, il faut les extraire.
Ces néo~féodaux qui sont dans nos rangs doivent être extirpés, combattus et battus.
Ils s'installent dans les secteurs, dans les villages, dans les provinces en véritables potentats.
Ils sont également très dangereux : dans leur façon de faire ils sont anarchistes ; régnant et sévissant à la manière des seigneurs de guerre, ils sont fascistes.
Ce sont en dernière analyse des anarcho-fascistes.
C'est une nouvelle race à laquelle nous avons à faire.
[Applaudissements très nourris] C'est à ce niveau également que les CDR, en particulier dans les services', deviennent de véritables terreurs pour les directeurs.
Il y a, à l'heure actuelle, des directeurs de service qui ne peuvent même plus signer un bordereau d'envoi tellement ils ont peur de leur CDR.
[Applaudissements] Il y a des directeurs de service qui, avant de décider de la peinture qu'il faut mettre sur leur voiture, convoquent une assemblée générale ; parce que, Camarades, le peuple décidera.
Ils ont peur, ils ont peur parce qu'ils ont été terrorisés.
Effectivement, ils ont été maltraités, on a menacé de les suspendre, de les licencier, de les dégager et il faut reconnaître qu'il y a eu à ce niveau des règlements de comptes que nous sommes obligés de réparer aujourd'hui.
[Applaudissements] Ou bien, parfois, il y a le cas de ces directeurs qui occupent des postes par la magouille.
Ils font du porte-à-porte nuitamment pour être directeurs ; par conséquent, ils sont à la merci de ceux-là qui les ont nommés.
Nous avons vu, au niveau politique, des CDR lâches, qui n'osent pas prendre leurs responsabilités.
Exemple, les suspensions : « Le camarade, un tel tel est suspendu pour telle ou telle faute...grave».
Ce camarade est dans la rue, se plaint, vocifère et menace.
Ceux-là mêmes qui ont proposé sa suspension viennent dire : « Ah ! tu sais, nous-mêmes, nous n'étions pas au courant».
[Applaudissements] Cette lâcheté, il faut la combattre.
Des CDR, lorsqu'ils sont menacés, courent au Secrétariat général national des CDR pour dire : « Nous sommes attaqués par un groupe de fascistes, par des populistes, par des contrerévolutionnaires, par des réactionnaires ».
Non ! Il leur appartient de faire face à leurs ennemis là où ils sont.
[Applaudissements] Poursuivons ! Nous sommes obligés de résoudre à Ouagadougou des problèmes qui opposent nos CDR à des contre-révolutionnaires à des milliers de kilomètres d'ici.
Il s'agit là d'une mauvaise compréhension du rôle du Secrétariat général national des CDR.
Certains n'hésitent pas à traverser la Méditerranée, la mer Caspienne, le Sahara même pour venir jusqu'à Ouagadougou, poser leurs problèmes.
Non ! C'est là-bas, au Trocadéro ou dans le 19ème [arrondissement de Paris], que vous devez vous battre et triompher.
Ce n'est pas ici ! Le combat au secteur 26 n'est pas le combat des camarades qui seraient à Leningrad ou à Bouaké [Côte d'Ivoire].
Sur le plan militaire, les CDR ont été très souvent truffés de gens incompétents.
La compétence ne se résume pas à prendre les armes et à bien les manier parce que s'il n'était que question de dextérité, d'adresse avec les fusils, il suffirait d'aller à la maison d'arrêt de Ouagadougou, on trouverait là-bas des gens très adroits.
S'il n'était que question de savoirfaire, d'intelligence, il ne resterait plus qu'à demander à Moussa Ngom d'être le délégué aux affaires économiques des CDR parce que Moussa Ngom, comme vous le savez, est très fort ; son patron [Mohamed] Diawara pourrait être secrétaire général national des CDR ; [Moussa] Diakité, lui s'occuperait des questions sociales.
[Applaudissements très nourris] Bien ! Nous avons eu beaucoup d'accidents.
Ces accidents ne sont pas le fait de l'insuffisance de la formation car, je tiens à le préciser tout de suite, nous n'avons pas eu plus d'accidents avec les armes chez les CDR qu'il y en a eu chez les troupes régulières ici au Burkina et à l'étranger.
Chaque année, dans toutes les armées du monde, il y a des accidents qui se produisent.
On n'en parle pas.
Il y a des gens qui meurent : des parachutistes, des pilotes.....
Lorsque l'avion français est tombé à Bangui, combien de morts cela a-t-il fait ? En tout cas, beaucoup.
Alors était-ce un CDR celui-là ? Voyez-vous, les accidents, il y en a partout.
Quand Challenger a explosé, des gens sont morts ! Ce sont des accidents, ça arrive, même à la NASA ! Les accidents, ça arrive partout.
Ce qu'il faut condamner plutôt, ce sont les mauvais éléments, et nous en avons dans nos rangs.
Il faut les combattre, car pour s'exhiber, ils arborent tout un arsenal d'armes comme s'ils en avaient besoin, comme s'ils étaient les adjoints de Himmler.
Non ! Ceux-là, il faut les mettre de côté.
Les accidents proviennent bien souvent d'eux : «si tu fais ça, je te rafale».
C'est ce qu'il faut condamner et c'est ce genre de personnes dorénavant que vous devez vous employer à châtier sévèrement.
Il en sera ainsi.
Celui qui n'est pas sûr de lui, qu'il dépose les armes.
Militairement, nous savons également que pendant les patrouilles, certains CDR ont fait des choses exécrables, indicibles.
Mais comme indicible n'est pas révolutionnaire, il faut tout dire.
En effet, des CDR ont profité de la patrouille pour piller.
Eh bien, nous les pourchasserons désormais comme des voleurs et nous les abattrons purement et simplement.
Que cela soit clair ! Si nous avons des armes, c'est pour défendre le peuple.
Tous ceux qui volent et pillent le peuple seront abattus.
Il y a eu même des cas de règlements de compte, il faut aussi le dire pendant la période du couvre-feu.
C'est à dénoncer.
Il y a eu des camarades qui, parce que militants CDR, responsable à la sécurité, équipés d'un gros fusil, sans être même sûrs que ça percute, se permettaient tout.
A l'heure où le couvre-feu était à 19 heures, à 19 heures moins 10, ils se pointent chez la camarade et commencent à dire à leurs rivaux, aux autres candidats : « c'est l'heure bientôt ! I1 faut partir.
Si vous ne partez pas on vous enferme ».
Et oui ! Il y en a qui ont demandé que le couvre-feu soit toujours maintenu pour qu'ils puissent régner.
Et bien, nous avons levé le couvre-feu pour que nous soyons tous à égalité dans ce domaine et ceux qui doivent échouer par leur incapacité échoueront.
Toujours sur le plan militaire nous avons vu des militants CDR mal habillés.
Bien sûr le problème de tenues se pose.
Il n'y en a pas assez, c'est vrai.
Mais le peu que vous avez, vous devez le soigner.
Ils sont mal vêtus, négligés, débraillés.
Non ! Il faut désormais que tous les responsables CDR n'hésitent pas à déshabiller séance tenante les militants qui se présenteraient en mauvaise tenue.
Ce sont des signes extérieurs d'une incapacité à s'organiser.
Nous avons vu des CDR arrêter, enfermer, puis dire : «C'est ça, c'est le règlement, c'est la justice : on va te manoeuvrer !» Non ! Chaque Burkinabè a droit à la protection des CDR et la permanence CDR ne doit pas être un lieu de tortionnaires mais au contraire une permanence où se retrouvent des responsables qui dirigent, qui organisent, qui mobilisent, qui éduquent et luttent en révolutionnaires.
Mais il peut arriver qu'on éduque dans la fermeté, alors, il faudra de la lucidité dans la fermeté.
Cependant les abus de pouvoir doivent être considérés comme étrangers à notre lutte.
Sur le plan économique et social là aussi, ils sont nombreux, très nombreux, les militants qui programment des activités de construction par exemple, mais qui sont, eux, assis à côté.
Ils font travailler les masses ! Leur propre paresse transparaît au point que les masses sont, ellesmêmes-mêmes démoralisées et démobilisées.
Nous devons combattre cela.
De même qu'il y a une gestion anarchique, frauduleuse, gabegique et concussionnaire des fonds qui sont confiés aux CDR, bien souvent ; c'est pourquoi il est juste que soient créées des structures de contrôle des caisses.
Il faut désormais que l'on sache ce que contient la caisse, ce que l'on a fait de la caisse.
Et ce n'est pas assez : beaucoup de personnes se sont enrichies sur le dos des militants en se proclamant militants CDR eux-mêmes.
C'est une nouvelle catégorie de voleurs.
Ne pensez donc pas qu'au Conseil national de la révolution l'on n'a pas conscience de ces nombreuses tares, des nombreux défauts qui minent encore nos CDR.
Nous en sommes conscients, nous sommes résolument engagés à combattre toutes ces pratiques négatives, néfastes à la révolution.
C'est d'ailleurs l'une des motivations de cette Conférence.
Le militant CDR doit toujours et partout donner le bon exemple.
C'est pourquoi en saluant les petitsenfants qui se sont produits tout à l'heure, nous saluons également leurs encadreurs qui ont assuré leur production.
Mais en même temps, nous indiquons que parmi les provinces il y en a qui sont à la traîne.
Il y a des Hauts-Commissaires commandants de cercle, des gouverneurs de régions, certains se croient encore à l'époque de la colonne Voulet-Chanoine', d'autres se croient à l'époque des collectivités rurales.
Tout cela est négatif.
Nous devons les dénoncer et les combattre.
En tant que Hauts-Commissaires, nous devons animer nos provinces sur tous les plans ; nous devons donc être énergiques et pleins d'initiatives et soutenir le nouveau et organiser sa mise en valeur.
Si nos trente provinces présentaient trente spectacles comme ceux-là, ce serait bien ! Nous serions bien et très loin.
Mais ce n'est pas encore le cas.
Au niveau des services, les CDR fonctionnent encore très mal.
Ils fonctionnent très mal parce que, loin de rechercher la qualité du service, loin de rechercher un accroissement quantitatif et qualitatif dans la production des biens sociaux et économiques, nos travailleurs organisés dans les Comités de défense de la révolution sont plutôt occupés à courir derrière les honneurs, à courir derrière les titres et le pouvoir.
Cette boulimie du pouvoir doit être combattue.
[Applaudissements] C'est ainsi que la bureaucratie risque de s'installer dans nos services, dans notre administration si nous continuons de la sorte.
Parce que, pour un document donné, vingt-cinq personnes veulent signer « vu et transmis ».
«Vu et transmis»....cela n'apporte absolument rien à la qualité du document, mais chacun veut être sûr qu'il a mis son petit quelque chose.
[Applaudissements] Cela nous bloque parce que simplement le militant CDR responsable voudrait qu'en ville, on puisse dire : camarade ! Je vous remercie ! vraiment grâce à vous » [Rires] et quand vous ne l'avez pas remercié et que vous n'avez pas été chez lui faire des courbettes, eh bien, il retarde, il bloque votre document à souhait jusqu'à ce que vous compreniez la logique du plus fort.
Ces méthodes-là, nous n'en voulons pas, car le bureaucratisme et les bureaucrates sont les pires ennemis de notre cause et en tant que tels, nous devons les combattre sans répit avec opiniâtreté dans toutes leurs manifestations.
Nos services sont sales, mal tenus, malgré les Journées révolutionnaires, malgré les Semaines révolutionnaires, bientôt les Mois révolutionnaires, les Années révolutionnaires, et les Décennies, et les Siècles révolutionnaires nous continuerons à avoir des services mal organisés, mal tenus, tant que nous n'allons pas nous meure face à nos responsabilités en dénonçant ce qu'il faut dénoncer.
J'ai toujours cité en exemple certains services : il y en a qui sont très bien tenus, qui méritent des félicitations et chacun devra prendre exemple sur eux.
Je ne voudrais pas les citer tous.
Je ne voudrais pas faire de jaloux, je me contenterai simplement de citer la Présidence.
[Applaudissements] C'est ce qu'il faut faire ! Comment entrer dans un bureau révolutionnaire et trouver des chaises branlantes, non pas parce qu'elles n'ont pas été achetées neuves mais parce qu'elles ont été mal utilisées.
On trouve des responsables, des cadres/sales, mal vêtus, malpropres comme leurs propres documents.
[Rires] Des dactylographes paresseux, des standardistes étourdis.
[Rires] Cela n'est pas digne des CDR et nous devons nous corriger.
La qualité commence par l'acceptation de la vérité : regardons nos défauts, prenons-en conscience, et prenons l'engagement de nous améliorer.
Mieux : en tant que révolutionnaires, nous devons toujours marquer la différence.
Il y aurait beaucoup à dire contre les anciens qui disent qu'ils sont mobilisés au sein de l'UNAB, ou qu'ils sont maintenant dans la révolution mais interdisent à leurs enfants d'aller aux réunions CDR ; contre les maris qui empêchent leurs femmes d'aller à des réunions CDR.
Cela aussi doit être dénoncé.
[Applaudissements] Ou qui les terrorisent ! Maintenant, nous devons passer à une organisation beaucoup plus consciente.
Si aux premiers jours de la révolution, notre mobilisation était un enthousiasme, une euphorie, une fête, de plus en plus nous devons nous organiser beaucoup plus scientifiquement, beaucoup plus méthodiquement, nous corriger à chaque fois pour avancer ! Nous avons en exemple les échecs de certaines organisations de type CDR sous d'autres cieux les Comités révolutionnaires.
Partout où il y a eu des échecs, c'est que la réaction a tendu victorieusement des pièges contre ces autres organisations dans certains pays.
Nous devons avoir conscience de nos faiblesses.
C'est pourquoi nous devons continuellement lutter.
Nous devons lutter et nous devons avoir à l'esprit que les Comités de défense de la révolution, c'est le courage, le courage politique et surtout le courage face à nos responsabilités.
Nous ne sommes pas CDR simplement pour crier des slogans.
Nous sommes CDR pour conscientiser, pour poser des actes, pour produire.
C'est pourquoi nous devons bannir de nos manifestations les slogans creux, les slogans lassants, inutilement répétitifs et finalement irritants.
On arrive à des manifestations, on vous crie 25 fois « La patrie ou la mort, nous vaincrons ! » : ça commence à être un peu trop ! [Rires] surtout quand ce n'est même pas accompagné d'une belle explication militante.
C'est une répétition.
Non ! Les CDR-magnétophone, de côté ! [Applaudissements] On improvise des slogans pour meubler le temps.
Alors «les voleurs, à bas ! Les menteurs, à bas ! A bas !» [Rires] Ce n'est pas bon ! Nous devons marquer la différence avec les troupes d'animation folklorique.
À certains spectacles, on trouve des scènes grossièrement montées où des camarades se livrent à des danses parfois obscènes, cela également n'est pas révolutionnaire.
La révolution doit avoir sa pudeur.
[Applaudissements] Il importe que nous critiquions le manque d'organisation dans nos manifestations.
Si dans certains domaines, des victoires ont été remportées, ce n'est pas le cas dans d'autres domaines.
Non ! Certaines cérémonies sont lassantes et sans donner raison aux ambassadeurs qui sont souvent absents de nos cérémonies, je comprends néanmoins qu'ils ne veuillent pas venir ! Eh bien, il faut écarter, et c'est très important, les formes de louanges qui sont des expressions de réflexes mal étouffés en nous, mal éteints.
Par exemple, cette chanson : « Oh CNR, Thomas Sankara qu'il soit toujours le Président », ce n'est pas bons [Applaudissements] parce que quand on est Président, on est Président.
On est Président, ou on ne l'est pas.
[Applaudissements] Il faut que nous soyons clairs.
Cette chanson n'est pas bonne.
À ce rythme, dans un an, dans deux ans, eh bien nous allons nous retrouver dans certains festivals avec certaines troupes qui sont beaucoup plus entraînées à cela, et puis, peut-être, qui n'auront que ça à faire.
Les Comités de défense de la révolution, c'est la production ! Certes s'il faut des thèmes de mobilisation, s'il faut des slogans ? Oui ! Il faut des slogans ! S'il faut des images, des symboles de la révolution, pour comprendre ! Oui ? il en faut.
Nous n'hésiterons pas ! Mais nous ne devons pas mettre la forme avant le fond, et la révolution ne se mesurera pas au nombre de slogans et au nombre de ténors, de stentors dans les cris.
Ce sera à autre chose, ce sera à la production.
Il faut produire, il faut produire et c'est pourquoi, je salue le mot d'ordre de : « Deux millions de tonnes de céréales ».
Notre pays produit suffisamment de quoi nous nourrir.
Nous pouvons dépasser même notre production.
Malheureusement, par manque d'organisation, nous sommes encore obligés de tendre la main pour demander des aides alimentaires.
Ces aides alimentaires qui nous bloquent, qui inspirent, qui installent dans nos esprits cette habitude, ces réflexes de mendiant, d'assisté, nous devons les mettre de côté par notre grande production ! Il faut réussir à produire plus, produire plus parce qu'il est normal que celui qui vous donne à manger vous dicte également ses volontés.
A la fête de la Tabaski, à Pâques, à Noël, quand dans les familles, on abat les coqs, les dindons, les moutons, on le fait parce qu'on est sûr qu'on a nourri le coq, le dindon, le mouton.
On peut l'abattre quand on veut.
A Noël, à Pâques, à la Pentecôte ou même pendant le carême.
On est libre.
Celui qui ne vous a pas nourris ne peut rien exiger de vous.
Or, nous sommes là, à nous faire nourrir chaque jour, chaque année et nous disons : « À bas l'impérialisme !» Eh bien la reconnaissance du ventre est là.
[Rires, applaudissements] Si dans notre expression, nous, révolutionnaires, ne voulons pas être reconnaissants, ou en tout cas, si nous voulons meurt de côté toutes les formes de domination, le ventre sera là qui, lui, risque de prendre le chemin de droite, de la réaction et de la cohabitation pacifique [Applaudissements] avec tous ceux qui nous oppriment à travers les graines de céréales déversées ici.
Ne consommons que ce que nous contrôlons ! Il y en a qui demandent ; «Mais où se trouve l'impérialisme ?» Regardez dans vos assiettes quand vous mangez : les grains de riz, de maïs, de mil importés, c'est ça l'impérialisme.
N'allez pas plus loin.
[Applaudissements] Donc, camarades, nous devons nous organiser pour produire ici et nous pouvons produire plus qu'il n'en faut.
On dit que c'est la sécheresse qui a fait que notre production a baissé.
Le ministère de l'Agriculture est là, qui témoigne que même pendant la sécheresse, la production de coton n'a fait qu'augmenter.
Pourquoi cela ? Eh bien, parce que la SOFITEX paye.
Eh bien, nous allons changer de méthodes.
Oui, il faut changer de méthodes.
Mais la production, ne se limite pas seulement aux céréales.
I1 faut produire dans tous les domaines, à l'usine, dans les bureaux et j'invite chacun à la production intellectuelle.
La Conférence nationale des CDR a félicité, et elle a raison, tous ceux qui ont écrit, qui ont produit quelque chose sur le plan littéraire, artistique, et dans tous les autres domaines.
C'est ça la production, nous sommes des révolutionnaires ! J'ai lu dans un télex, dans une dépêche d'agence, que lors d'un tournoi de tennis de table, le Burkina Faso a été battu par le Nigéria, par le Libéria.
J'ai trouvé cela très bien.
Il faut que nous soyons encore battus.
Mais si nous sommes battus, c'est la faute de ceux qui ne nous ont pas organisés les années passées.
Par contre, si dans les années à venir, nous sommes battus, camarades, ce sera de notre faute.
[Applaudissements nourris] Il faut donc produire, produire et encore produire.
Sur le plan international, beaucoup de choses positives sont dites mais non écrites.
Prenons l'exemple des Tribunaux populaires de la révolution : qui peut nous citer un livre écrit par un Burkinabè sur les TPR'.
Le peu qui ait été écrit, a été écrite par des étrangers, des étudiants, des professeurs d'université, des chercheurs....
Pourtant, il y a de grands enseignements que les TPR sont en train de nous donner, que nous ferions mieux de consigner précieusement dans des livres.
Demandez à la radio-diffusion, si elle a encore l'enregistrement du 14ème TPR ? Elle vous dira que la bande, la cassette à été utilisée pour enregistrer le dernier tube de je ne sais quelle vedette.
Ce n'est pas normal.
Nous n'avons pas ce réflexe de protéger notre capital intellectuel.
Il faut produire davantage.
Et puis après tout, nous battons le record en matière de littératures clandestines.
C'est au Burkina Faso quand même qu'il y a le plus de tracts, vous le savez très bien ! Cela prouve que nous savons lire et écrire..
Mamadou et Bineta' sont devenus grands, il y a très longtemps.
Ils commencent à être vieux.
[Rires et applaudissements] Mais camarades, il est important que nous revenions en d'autres occasions sur ce qui n'est pas fait, sur ce qui doit se faire.
L'unité, l'unité dans nos rangs ! Unité-critique-auto-critique-unité.
Bannissons de nos rangs tous les louvoiements, les calculs insidieux perceptibles et imperceptibles qui se trament ; les mots d'ordre téléguidés et télécommandés.
Heureusement, la Conférence nous a permis de constater que l'unité s'est renforcée.
Ce qui prouve que des éléments sains de tous bords ont oeuvré consciemment, loyalement, afin que l'unité se consolide.
C'est une victoire.
[Applaudissements] Camarades, je vous félicite tous pour l'effort fourni, je vous félicite surtout pour les efforts que vous avez fournis avant cette conférence.
Tout ce que nous avons réalisé au Burkina Faso, sous la révolution, nous l'avons réalisé grâce aux CDR en premier lieu.
Nous avons construit des maisons, des écoles, des dispensaires, des routes, des ponts et des barrages.
Nous avons fait de la production intellectuelle, artistique.
Bref, nous avons marqué des points.
Nous avons sur le plan économique, financier, budgétaire, réalisé des sacrifices, des efforts et chacun de nous a payé le prix qu'il fallait payer.
Je sais que les retenues salariales ne plaisent à personne.
Qui, en ce bas monde, est prêt à donner une partie de son salaire, sauf lorsque la nécessité le commande ? L'univers dans lequel nous évoluons, les forces qui nous entourent ne sont pas pour favoriser un développement indépendant comme le nôtre.
Au contraire, tous les pièges nous serons tendus pour que nous soyons obligés de nous prostituer afin d'avoir un semblant de développement.
« Compter d'abord sur nos propres forces »7 doit cesser d'être un slogan, cela doit nous habiter.
Et il faut savoir que nous avons pour principe de toujours compté sur nos propres forces.
Parfois cela est dur et nous entendons çà et là des sirènes défaitistes nous chanter les louanges de l'aide.
Assistance, non ! Coopération, oui ! Nous avons besoin de la coopération avec tous les peuples du monde entier, mais l'assistance qui développe en nous la mentalité d'assisté, nous n'en voulons vraiment pas.
[Applaudissements] C'est pourquoi nous avons fourni, et fournissons des efforts.
Ces efforts ont été combattus, dénaturés.
Il y a des gens qui ont raconté : «Oui ! Voilà avec la révolution, les salaires sont bas, le pouvoir d'achat est bas, il y a des gens qui n'ont plus que 20 francs par mois, pourquoi ? A cause du 12ème de salaire, à cause des 12 pour cent, à cause des retenues».
Quand même, camarades, c'est une insulte grossière ! Nous ne pouvons nous laisser prendre à ce piège-la.
Quand quelqu'un a 20 francs par mois parce qu'on lui a retenu un 12ème de salaire, 12 pour cent de son salaire, qu'est-ce que cela veut dire ? Ceux qui ont seulement 20 francs par mois parce que nous leur avons retenu 12 pour cent, nous allons leur restituer 100 pour cent de leur salaire.
Ils auront donc à la fin de mois 22,40 francs.
Mathématiquement c'est ça ! Qu'on ne nous dise pas que le salaire des gens a disparu du fait de l'Effort populaire d'investissement ou des autres retenues ! Les salaires ont disparu à cause de la bière, des brochettes, du luxe insultant, des habitudes de consommation.
[Applaudissements] Ceux qui roulent dans des voitures hypothéquées, ceux qui jonglent, ceux qui vont chez les marabouts pour multiplier l'argent, ce sont ceux-là i n'ont plus leur pouvoir d'achat ! Mais néanmoins, la révolution est faite pour nous et nos efforts sont là pour nous tous.
C'est pourquoi d'ores et déjà, je vous annonce que nous devons nous mobiliser pour les réunions budgétaires qui se tiendront.
Informer largement nos militants que ces réunions budgétaires seront toujours dans la même direction que ce qui a été fait jusque-là, et en particulier que ces réunions budgétaires auront pour but de souligner les efforts réalisés au profit du peuple.
C'est pourquoi, à compter du prochain budget, eh bien, il n'y aura plus d'EPI.
[Applaudissements] Je vois que vous n'êtes pas contents parce que les salaires seront rétablis.
Je le sais.
Mais je vous comprends.
N'est-ce pas camarades ? [Cris de «Oui !a] La franchise vous a manqué.
Le courage de vos opinions vous a manqué.
Eh bien ! nous rétablirons ces salaires parce que les efforts que nous avons réalisés nous permettent de le faire.
Nous voulons être francs envers notre peuple.
Ne rien lui promettre que nous ne puissions lui donner.
[Applaudissements] Il y a des pays où l’on promet des augmentations de salaires et on ne paye pas les salaires.
Nous, nous vous avons promis de retenir vos salaires ; nous les avons retenus oui ou non ? [Cris de «Oui !»] alors nous avons tenu parole ! [Applaudissements] Ce n'est pas pareil, c'est la différence.
Lorsque nous disons que nous retenons les salaires, nous les retenons, et cela peut se constater, et si parmi vous il y a un seul dont le salaire n'a pas été retenu, par erreur, qu'il se signale au ministère du Budget.
[Rires] Ces efforts, le Conseil national de la révolution entend les canaliser pour un meilleur développement de notre pays.
Cela est possible, cela est faisable grâce à notre cohésion, au coude à coude.
Mais après cette première Conférence nationale des CDR, nous devons apprendre à combattre nos ennemis, sans peur, sans pitié, sans faiblesse, sans sensiblerie inutile ! Toutes les fois que nous nous laisserons attendrir par leurs larmes, c'est nous qui perdrons.
Moussa Ngom a versé des larmes et il a fait pleurer d'autres personnes.
Mais lorsque des enfants sont morts ici, à l'hôpital, parce qu'il n'y avait pas de médicaments à 1 000 francs seulement pour les soigner, chacun a compris que 6 milliards et quelques francs, c'était 6 millions et quelque de fois qu'on aurait pu acheter des médicaments pour soigner des enfants.
Les larmes de Moussa Ngom ne peuvent pas nous attendrir [Applaudissements] et si parmi vous il y a des coeurs sensibles, inutilement sensibles, sensibles aux effets de la bourgeoisie, de la réaction, de la contre-révolution, qu'ils fassent l'effort de se lever.
Camarades, je félicite tous ceux qui sont venus de loin notamment de l'Étranger, en dehors du Burkina Faso, pour participer à cette conférence.
Je leur souhaite un bon retour dans les pays, où la recherche du savoir, en tout cas la recherche d'une capacité de produire davantage pour leur pays les aura conduits.
Je leur souhaite de transmettre à leurs camarades qui y sont, le message du Conseil national de la révolution et les résolutions de cette première Conférence nationale des CDR à laquelle eux-mêmes ont pris part.
Je souhaite bon retour à ceux qui sont venus de nos provinces lointaines ou proches.
Bon retour dans leur foyer.
Bon retour dans leur province pour transmettre le message du Conseil national de la révolution et des Comités de défense de la révolution.
Je leur souhaite ce bon retour en les exhortant à la prudence, pour que les accidents auxquels nous avons assisté ne se reproduisent plus, pour que ces accidents ne nous fassent pas perdre des militants, que ces accidents ne nous fassent pas perdre du matériel.
Il faut profiter de l'occasion pour dire que nous, Comités de défense de la révolution, nous avons mal entretenu le matériel jusque-là.
Nous avons cassé les voitures, les motopompes, les groupes électrogènes, les machines à écrire, les haut-parleurs, les micros, et même les armes.
Cela n'est pas normal.
Désormais, une meilleure gestion de notre matériel devra se faire comme forme de respect de notre peuple parce que ce matériel a été acquis par le peuple, il appartient au peuple, nous devons bien le garder et ceux qui cassent les voitures doivent savoir qu'ils cassent les voitures du peuple, qu'ils méprisent et insultent le peuple.
Je renouvelle mes félicitations au Secrétariat général national des Comités de défense de la révolution pour les efforts importants déployés.
Le Secrétariat général national des CDR qui malgré l'adversité, l'ingratitude, le dénigrement, évolue avec efficacité.
Une efficacité qui, chaque jour s'améliore.
[Applaudissements] Eh bien, notre Première conférence nationale des CDR va connaître sa fin, mais elle ouvre en même temps la porte pour d'autres conférences nationales, d'autres congrès, pour un approfondissement de notre révolution, pour une radicalisation de notre révolution.
Alors, je vous invite d'ores et déjà à réfléchir puissamment sur les combats futurs.
Je vous invite aussi à pratiquer réellement le bon militantisme, le vrai militantisme, le militantisme conscient et conséquent.
Je déclare close la première Conférence nationale des CDR du Burkina.
La patrie ou la mort, nous vaincrons ! Je vous remercie.
[Applaudissements, slogans]

jeudi 5 novembre 2015

Qu'est-ce que Jean-Paul Somda attend pour reconstruire son CDR et le CNR ? Pour redevenir délégué d'un CDR ?


présentation Yanick Toutain
5/11/2015

"J’ai été délégué CDR à Kombissiri (...)
J’ai vécu la révolution avec beaucoup d’intensité et je pense que la jeunesse aura intérêt à emboîter le pas."
" La révolution, c’était le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. Lorsque vous avez pris une décision au niveau de votre comité de base, vous devez le faire savoir à l’échelon supérieur avant de vous exécuter."



Jean-Paul Somda avoue lui-même ses fautes
"C’est-à-dire qu’une autre révolution va venir. Nous invitons les jeunes à être vigilants parce que notre génération a raté. 
Il faut que nous reconnaissions nos faiblesses, nos insuffisances, notre égoïsme et notre cupidité."

On peut se demander ce que font les ex-membres du CNR et les ex-membres des CDR qui ne sont pas devenus des traitres.
En voici un.
Mais alors, qu'attend Jean-Paul Somda pour construire un CDR ?
Qu'attend-il pour se faire délégué comme délégué de base ? délégué conseiller ? délégué député ?
Qu'attend-il pour appeler à la désignation de délégués nationaux ?
Qu'attend Jean-Paul Somda pour appeler à former des pyramides de 400 000 délégateurs désignant un délégué national révocable. Responsable devant 15625 CDR ?

Jean-Paul Somda tourne en rond autour du pot en donnant des pistes...... mais sans jamais les prendre lui-même en 2014-2015
"J’ai été délégué CDR [Comité de défense de la révolution, ndlr] à Kombissiri et à présent je suis inspecteur de l’éducation de base.J’ai vécu la révolution avec beaucoup d’intensité et je pense que la jeunesse aura intérêt à emboîter le pas."
" La révolution, c’était le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. Lorsque vous avez pris une décision au niveau de votre comité de base, vous devez le faire savoir à l’échelon supérieur avant de vous exécuter."
"Nous avons vraiment exercé le pouvoir populaire et n’en déplaise à ceux qui n’aimaient pas vraiment la révolution, qui voulaient dormir tranquillement et s’enrichir dans le dos du peuple."
"Je crois que tous ceux qui ont vécu cette époque-là sentent que les maux que nous trainons aujourd’hui ne devraient pas exister. "
"A notre époque, il vous suffisait de trouver les matériaux et la population elle-même allait se mettre au travail. L’école profite ainsi à tout le monde. Il n’y a pas de raison que quelqu’un se mette à l’écart. Je regrette mais nous avons perdu la détermination, l’esprit créatif et nous sommes juste là pour reprendre les mots d’ordre qu’on nous lance depuis l’Occident."
"Nous avions toujours pensé qu’un deuxième Sankara allait naître."
" je demeure convaincu que sans la révolution, le capitalisme et l’individualisme que nous sommes en train de développer vont détruire nos sociétés. Et ce sont ces idées qui vont nous amener à être des loups pour nos semblables.
" Ceux qui tuaient sous la révolution, ce sont eux qui s’exprimaient plus clairement encore. On les a vus à travers également l’assassinat de Norbert Zongo.""

"
Herman Frédéric BASSOLE  Ce sont donc les partisans de la rectification ?
Jean-Paul Somda Ils n’ont rien rectifié. Ils ont tout simplement détruit la révolution."

". Il y a malheureusement des individus qui ne comptent que sur leurs intérêts. Ce ne sont pas des Sankaristes."

"Nous pensons bien qu’un Sankara va naître. Quand nous écoutons les jeunes intervenir ici et là, nous sentons la chose venir. Tant qu’on n’aura pas quelqu’un qui va accepter se sacrifier pour ce peuple, le Burkina Faso aura des difficultés pour démarrer réellement."

ON S'OCCUPERA DE JEAN-PAUL SOMDA QUI DIT
"VOUS SAVEZ LE BURKINA FASO A BESOIN D'ETRE SERIEUSEMENT FOUETTÉ POUR AVANCER"

Mais c'est aussi un imbécile qui devrait être fouetté lui-même
" Vous savez, le Burkina Faso a besoin d’être sérieusement fouetté pour avancer. Nous avons toujours eu foi en l’armée en ce sens que les officiers sont des hommes d’honneur. Nous étions donc fiers de cette armée qui avait enfin pris ses responsabilités"
"Herman Frédéric BASSOLE   Et le lieutenant-colonel Zida était-il ce deuxième Sankara ?
Jean-Paul Somda Nous avons pensé que c’était le deuxième Sankara…"
"Le Premier ministre nous avait dit que toutes les décisions seraient prises à la place de la révolution. Nous avons attendu cela. Hélas, les décisions se prennent encore dans des bureaux feutrés et nous ignorons les tenants et les aboutissants. Tout ceci est aux antipodes de ce que Thomas Sankara faisait. Il avait l’habitude de descendre dans les quartiers et de discuter avec le bas peuple. Mais lorsqu’on s’enferme, il y a des inquiétudes."
" Plusieurs Burkinabè ont longtemps cru à l’union des sankaristes autour d’une même personne. La convention a eu lieu mais elle a échoué…
Jean-Paul Somda J’ai longtemps attendu cette union. J’étais présent à la convention et j’ai écouté tous les appels à l’unité. Appels lancés par des délégations venues de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Mali, du Sénégal, de la France."




Il n'a toujours pas compris clairement que la construction des CDR démontrait que tous les partisans des élections étaient des traitres et des collabos de la démocratie esclavagiste.
Jean-Paul Somda n'a pas compris qu'il a participé à la naissance de l'humanocratie.


TEXTE COMPLET DE L'INTERVIEW SUR LE FASO.NET


Présentez-vous ?
Je suis le camarade Jean Paul Somda, parce que ce terme « camarade », nous l’avons beaucoup usité sous la révolution. J’ai été délégué CDR [Comité de défense de la révolution, ndlr] à Kombissiri et à présent je suis inspecteur de l’éducation de base.J’ai vécu la révolution avec beaucoup d’intensité et je pense que la jeunesse aura intérêt à emboîter le pas.
Aujourd’hui 04 août 2015, il y a de cela 32 ans que naissait la révolution burkinabè sous la houlette du capitaine Thomas Sankara. Que retenez-vous de cette époque ?
Le 4 août 1983 restera gravé dans les annales de l’histoire de notre peuple. Cette date marque aussi la rupture brusque et brutale du cordon ombilical qui liait notre pays à l’impérialisme international principalement français. C’est également le point de départ d’une période de lutte âpre contre les vestiges pré-capitalistes de notre lutte.
Franchement, la révolution nous a laissé un très grand espoir. Nous avons cru qu’en libérant notre génie créateur, le peuple burkinabè était capable de créer lui-même les conditions matérielles de son existence. Je garde un souvenir très profond de cette période où chacun s’est réellement investi à tous les échelons, tant au niveau de la tête qu’au niveau de la base. En quatre ans, nous nous sommes rendu compte que les promesses pouvaient être tenues. Beaucoup d’actions ont été menées.
Sur le plan de l’éducation nationale, le taux de scolarisation est passé de 16 à 32%, des écoles ont été construites. Là, nous avons compris que le partage du pouvoir passait nécessairement par le partage du savoir. Au niveau de la santé, il y a eu les vaccinations commando qui ont permis à de nombreux enfants d’avoir la vie sauve. Sur le plan économique, on avait eu le temps de chasser les corrompus de tous les secteurs d’activité. La délinquance juvénile était en recul, il n’y avait plus de voleur ni de coupeur de route car les CDR avaient fait un grand travail. Un changement véritable s’était opéré au niveau de la mentalité des Burkinabè.
Mais certains disent que les CDR avaient trop de pouvoir et que leur autorité frisait l’anarchie.
Je ne suis pas de cet avis. La révolution, c’était le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. Lorsque vous avez pris une décision au niveau de votre comité de base, vous devez le faire savoir à l’échelon supérieur avant de vous exécuter. Bien sûr, ceux qui étaient en porte-à-faux avec les règles établies par la société, étaient mécontents. Les honnêtes citoyens, eux, ne pouvaient qu’être fiers de ce que la révolution a pu apporter. Nous avons vraiment exercé le pouvoir populaire et n’en déplaise à ceux qui n’aimaient pas vraiment la révolution, qui voulaient dormir tranquillement et s’enrichir dans le dos du peuple. La dictature du prolétariat a toujours fait mal à la classe bourgeoise. Et je me dis que cette période-là va revenir tôt ou tard qu’on le veuille ou non.
Cette époque vous manque-t-elle ?
Bien sûr qu’elle me manque. Je crois que tous ceux qui ont vécu cette époque-là sentent que les maux que nous trainons aujourd’hui ne devraient pas exister. Sous la révolution, voler 500 000 F était déjà même un crime. Mais à présent qui pouvait imaginer qu’on allait arriver à des détournements de deux milliards ? L’enrichissement illicite n’était pas toléré.
De nos jours vous voyez des fonctionnaires de catégorie C, qui après quelques années, montent des maisons en étages, roulent dans des voitures de luxes. C’est vraiment insultant pour ce que nous avons combattu. Lorsque qu’on me dit qu’il faut un milliard de francs pour réfectionner une mairie à Ouagadougou, c’est insultant. Lorsque dans le cadre du PDDEB [Plan Décennal de Développement de l’Education de Base ndlr], vous prenez 35 millions pour construire trois salles de classes, c’est insultant. A notre époque, il vous suffisait de trouver les matériaux et la population elle-même allait se mettre au travail. L’école profite ainsi à tout le monde. Il n’y a pas de raison que quelqu’un se mette à l’écart. Je regrette mais nous avons perdu la détermination, l’esprit créatif et nous sommes juste là pour reprendre les mots d’ordre qu’on nous lance depuis l’Occident.
Dès les premières heures de l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014, avez-vous cru en une véritable renaissance de la révolution avec la venue du lieutenant-colonel Yacouba Isaac-Zida ?
Lorsque le conseil des ministres a pris la décision, le 21 octobre 2014, de modifier l’article 37, nous nous sommes dit « Voilà l’heureuse faute qui allait nous valoir la rédemption ». Il fallait que Blaise Compaoré et son gouvernement s’engagent sur cette voie-là pour que tous les révolutionnaires sortent. Le 28, nous avons vu l’image de la révolution planer au-dessus du Burkina Faso. Et les 30 et 31 octobre, l’histoire a donné rendez-vous à tous les héritiers de Sankara. Lorsque nous avons vu le lieutenant-colonel Zida sortir des rangs de l’armée, nous nous sommes dit « la chose est là, nous allons repartir sur de bonnes bases, sur les traces d’une véritable révolution ». Vous savez, le Burkina Faso a besoin d’être sérieusement fouetté pour avancer. Nous avons toujours eu foi en l’armée en ce sens que les officiers sont des hommes d’honneur. Nous étions donc fiers de cette armée qui avait enfin pris ses responsabilités. Nous avions toujours pensé qu’un deuxième Sankara allait naître.
Et le lieutenant-colonel Zida était-il ce deuxième Sankara ?
Nous avons pensé que c’était le deuxième Sankara…
Ce n’est plus le cas ?
Il y a des zones d’ombres que nous n’arrivons pas à percer jusque-là. Le Premier ministre nous avait dit que toutes les décisions seraient prises à la place de la révolution. Nous avons attendu cela. Hélas, les décisions se prennent encore dans des bureaux feutrés et nous ignorons les tenants et les aboutissants. Tout ceci est aux antipodes de ce que Thomas Sankara faisait. Il avait l’habitude de descendre dans les quartiers et de discuter avec le bas peuple. Mais lorsqu’on s’enferme, il y a des inquiétudes.
Pensez-vous aujourd’hui que la révolution soit encore la solution au Burkina Faso, surtout dans ce monde où s’isoler ne profite à personne ?
Si le monde était un village planétaire, nous aurions la liberté de pouvoir circuler librement en Europe et en Amérique comme nous voulions. C’est un leurre de croire effectivement que nous avons les mêmes réalités. Nous n’avons pas les mêmes conditions de vie. Croire que nous devons nous soumettre à ce qui se passe de l’autre côté de la mer, est une grave erreur. C’est pourquoi je pense que ce qui peut nous faire sortir de la pauvreté, c’est la révolution. Des gens me diront que c’est de la folie mais je demeure convaincu que sans la révolution, le capitalisme et l’individualisme que nous sommes en train de développer vont détruire nos sociétés. Et ce sont ces idées qui vont nous amener à être des loups pour nos semblables.
Revenons un peu sur la mort de Thomas Sankara et de ses camarades. Cela vous a-t-il surpris ?
Le 15 octobre 1987 était une journée triste dont le souvenir est amer à évoquer. J’ai passé trois jours et trois nuits sans pouvoir manger et boire. Je passais mes journées au cimetière de Dagnoën et je n’arrivais toujours pas à croire que le père de la révolution avait été assassiné. Lors de nos meetings, nous avons toujours fait comprendre à l’impérialisme qu’il pouvait tuer Thomas Sankara, mais que Blaise Compaoré allait reprendre le flambeau. Nous avons toujours pensé que ces deux personnages étaient les mêmes. Nous avions toujours juré que par leurs noms mais nous ne pouvions pas imaginer que Blaise allait trahir cette révolution. Personnellement j’ai beaucoup aimé Blaise, mais je ne m’attendais pas à cela de sa part. Lorsqu’il s’est marié avec Chantal, nous avons compris que le loup était dans la bergerie. Mais nous nous sommes dit que la force révolutionnaire qui était celle de Blaise allait stopper l’avancée de l’impérialisme. L’évènement que nous voulons fêter demain [05 août 2015, ndlr], c’est une indépendance de forme. La vraie indépendance, on devrait la fêter aujourd’hui 4 août.
Quels étaient vos sentiments lorsque l’on a procédé à l’exhumation des supposés restes de Thomas Sankara et de ses compagnons ? Certains comme Boukary Kaboré dit« le lion » étaient contre…
J’avoue que Boukary et moi avions discuté de la question. Je ne suis pas de son avis parce qu’il y a eu beaucoup de rumeurs qui ont couru à la suite de l’assassinat et de l’inhumation du président Sankara. J’étais convaincu qu’il était enterré au cimetière de Dagnoën mais étant donné que c’est une procédure judiciaire et qu’il fallait commencer par l’exhumation, on ne peut empêcher la justice d’aller jusqu’au bout. On nous a dit que Thomas est décédé de mort naturelle. Il faudra le vérifier. Mon camarade Boukary Kaboré a dû prendre une position coutumière ou religieuse.
On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs. Certaines personnes estiment que le père de la révolution a également endeuillé des familles…
Ces personnes n’ont pas connu Thomas Sankara. Cet homme était tellement sensible que je puisse dire qu’il ne pouvait pas tuer une mouche. C’est pourquoi, en tant que jeune à cette époque-là, nous aimions Blaise plus que Thomas car celui-là était fougueux, dur. Thomas ne peut pas tuer quelqu’un. Même quand il avait été question de licencier les enseignants en 1984, il est revenu là-dessus.
Mais il était le chef de la révolution ?
Oui mais ceux qui faisaient ces coups-là, ont continué après Thomas Sankara. Ceux qui tuaient sous la révolution, ce sont eux qui s’exprimaient plus clairement encore. On les a vus à travers également l’assassinat de Norbert Zongo.
Ce sont donc les partisans de la rectification ?
Ils n’ont rien rectifié. Ils ont tout simplement détruit la révolution.
Pensez-vous qu’un jour le dossier Thomas Sankara connaitra un dénouement heureux ?
Ce dossier aurait pu connaître un dénouement si la révolution des 30 et 31 octobre avait suivi son cours normal. Voyez-vous, nous sommes encore perdus dans les jérémiades de la justice. Nous voyons que ceux que nous devons poursuivre ont assez de force. Même si la transition n’arrivait pas à résoudre ce problème, nous sommes convaincus qu’un jour ou l’autre, la lumière prendra le pas sur l’obscurité.
Parlons un peu de l’héritage « Sankara ». Plusieurs Burkinabè ont longtemps cru à l’union des sankaristes autour d’une même personne. La convention a eu lieu mais elle a échoué…
J’ai longtemps attendu cette union. J’étais présent à la convention et j’ai écouté tous les appels à l’unité. Appels lancés par des délégations venues de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Mali, du Sénégal, de la France. Mais vous savez, il n’est pas facile d’imiter Thomas Sankara qui est prêt à se sacrifier pour les autres. Il y a malheureusement des individus qui ne comptent que sur leurs intérêts. Ce ne sont pas des Sankaristes.
A qui faites-vous allusion ?
Je ne vais pas vous donner de nom mais chacun se connait. Je sais seulement que c’est pour des futilités. Ce n’est pas une opposition de fond car c’est essentiellement une histoire de positionnement.
Le nom de Thomas Sankara se vend-t-il donc bien ?
Oui, c’est clair. Ça se vend correctement. Je connais des personnes qui ont utilisé le nom de Thomas Sankara pour se construire des villas et s’enrichir. Thomas Sankara n’est pas seulement Burkinabè, il est aussi mondial. Quand on parle de la lutte des peuples opprimés, on voit l’image de Thomas Sankara.Grâce à lui la carte d’identité burkinabè était comme un passeport. On respectait le Burkinabè pour son intégrité et sa bonne éducation. C’est dommage qu’aujourd’hui l’image de Thomas Sankara ait été prostituée.
Etes-vous donc dans l’attente d’un deuxième Sankara ?
Nous pensons bien qu’un Sankara va naître. Quand nous écoutons les jeunes intervenir ici et là, nous sentons la chose venir. Tant qu’on n’aura pas quelqu’un qui va accepter se sacrifier pour ce peuple, le Burkina Faso aura des difficultés pour démarrer réellement.
Un mot à l’endroit de cette jeunesse-là…
Je voudrais leur dire ceci. Lorsqu’on s’enrichit très rapidement, on meurt sans laisser de traces.La vraie mort c’est lorsqu’on ne se souvient pas de vous. Même après 27 ans, Thomas Sankara n’est pas mort. Il l’a dit « Tuez Sankara et des milliers de Sankara naîtront ». Les jeunes doivent comprendre qu’une vie n’a de sens que si elle est utile. Nous qui avons vécu la révolution, nous n’avons pas joué notre partition. Nous avons encore laissé des faux-types être au-devant de la scène. On nous a dit que la transition est venue pour organiser des élections. Nous avons critiqué tout un tas de maux. Ont-ils été résolus ? Aucunement. On nous demande de repartir à zéro. C’est-à-dire qu’une autre révolution va venir. Nous invitons les jeunes à être vigilants parce que notre génération a raté. Il faut que nous reconnaissions nos faiblesses, nos insuffisances, notre égoïsme et notre cupidité.
Herman Frédéric BASSOLE
Lefasonet