"Voilà l'organisation des nouveaux CDR à quota.
THOMAS SANKARA 1986
"Les CDR ont été créés le 4 août 1983, précisément.
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jeudi 4 décembre 2014
Thomas Sankara applaudirait ces nouveaux CDR à quota #1pour5 #1pour25 au Mali Burkina Faso Afrique
« Il n'y a pas deux Burkina Faso. Il n'y a qu'un seul Burkina Faso. Le Burkina Faso des CDR. » Ça c'est Thomas Sankara à la conférence nationale des CDR en avril 1986 — un an et demi avant son assassinat par Mitterrand, Houphouët Boigny et Kadhafi — ayant évidemment recruté Blaise Compaoré — le traître — le meilleur ami — le chouchou du père de Thomas Sankara.
Bref — c'est quoi CDR — Comités de Défense de la Révolution ? En 1984, ils ont publié le statut général des CDR précisant leur système d'organisation — une sorte de constitution — mais il y avait des lacunes.
Le 4 août 1983 — la révolution a lieu — une révolution défensive — puisque les compradores voulaient interpeller Thomas Sankara — et donc la révolution est défensive — comme celle d'ailleurs du 7 novembre 1917. Mais le soir — Thomas appelle la population voltaïque — à l'époque Haute-Volta — à former des CDR — Comités de Défense de la Révolution — parce que la révolution va être attaquée — elle doit être défendue.
Le Mali est attaqué et il doit être défendu. Il faut un Mali Faso. On a vu que ni la démocratie — ou la pseudo-démocratie compradore à la IBK — larbin de Hollande — IBK qui a fait élire député RPM Ahmada Ag Bibi — le coupeur de main de Kidal — un an après ses crimes — il était député à Abeibara Kidal — ni le système militaire ne défend — ne protège — ni le Mali, ni le Burkina, ni quelque pays que ce soit. En Afrique, il faut former des CDR.
Mais problème — le système d'organisation est confus. Cela fait 15 ans que ma principale activité — je m'appelle Yanick Toutain — est de réfléchir aux lacunes — aux manques du statut général des CDR. Pas assez de lien entre les CDR et le CNR — entre le CNR et le gouvernement — le comité exécutif. Pas de quota — il faut un quota — et pas assez de contrôle sur les fonctionnaires. Ce sont les trois principales erreurs qui ont déclenché la chute de Thomas. Thomas aurait dû être délégué au comité exécutif avec un quota de délégateurs — et chaque membre du gouvernement aurait eu son quota de délégateurs.
Qu'est-ce que ça donne pour le Mali actuellement ? Et bien — imaginez une scène — fermez les yeux — on va imaginer un CDR statutaire à quota. Vous avez 100 citoyens et citoyennes. C'est le socle — c'est la base. Ce sont eux qui décident. À côté d'eux — vous avez cinq étudiants. Les cinq étudiants sont des délégués pédagogiques qui vont participer à l'organisation du système — plus 20 Délégués Intermédiaires de Base. Donc 100 d'un côté le socle — et 25 Délégués Intermédiaires de Base — parmi les 25 — 5 étudiants et 20 autres. Les 20 autres — à terme — seront tous des fonctionnaires. On va les appeler des fonctionnantes — des fonctionnaires délégués révocables.
Comment procéder ? Et bien — on peut procéder depuis le haut vers le bas ou du bas vers le haut. Prenons les 100 citoyens. Les 100 citoyens vont former des clubs d'entraide. Quatre citoyens et citoyennes se groupent par 4 — et forment un club de 4 — un club d'entraide. Donc 100 divisé par 4 — on a 25 clubs d'entraide de base. 25 clubs de 4. Chaque club de 4 a son fonctionnaire préféré — ou son étudiant préféré — ou son Délégué Intermédiaire de Base pas encore fonctionnaire ou fonctionnante — qui va les représenter.
Il n'y a plus aucun système d'élection. « Elections Piège à cons » disaient les jeunes révolutionnaires Français en 1968 : effectivement les élections sont un système truqué avec des morceaux de papier. Ce système-là — les quatre d'un club d'entraide ont leur représentant ou leur représentante — leur DIB — et ils peuvent en changer comme ils veulent. Ils peuvent quitter le club de 4 quand ils veulent. Tout ça est totalement souple.
Parmi les 20 — continuez à visionner la scène. Parmi les 20 — on a deux militaires — un militaire d'active et un militaire de réserve — ce que les Burkinabè ont appelé VDP. On a donc 100 citoyens — un militaire d'active — un militaire de réserve — et donc pour un militaire d'active et un militaire de réserve — on a 125 citoyens pour participer à son accréditation. Mais le militaire — lui ou elle — aura d'abord été désignéE DIB — Délégué Intermédiaire de Base. Le ou la militaire — aura donc eu son club d'entraide.
Maintenant — le processus que j'expliquerai par la suite — ce sera comment cinq DIB — DéléguéEs Intermédiaires de Base — vont se grouper en un club de 5 pour désigner lequel ou laquelle des cinq sera Délégué de Base. Et le système continuera avec cinq Délégués de Base qui vont se grouper pour désigner qui sera Délégué Intermédiaire Conseiller ou Conseillère — pour représenter l'ensemble des 125. Les 125 seront représentés dans les comités exécutifs de commune de base — village ou petit quartier d'environ 6 000 habitants — environ 3 000 adultes. Le comité exécutif sera donc formé en général de 25 Délégués Intermédiaires Conseillers — 25 DIC — ayant chacun ou chacune une base de 124 personnes — 125 avec eux-mêmes.
Voilà l'organisation des nouveaux CDR à quota. Thomas Sankara — j'en suis certain — serait totalement d'accord. Vous pouvez d'ailleurs en commentaire essayer d'imaginer la réaction de Thomas s'il voyait s'organiser pareil système.
En conclusion — si certains ou certaines d'entre vous pouvaient trouver 125 participants en filmant le système — ce serait une chose extraordinaire. Ce serait un modèle pour tous les Maliens et Maliennes. Ce serait aussi un modèle pour tous les Burkinabè — et pour l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest — et pour l'ensemble de l'Afrique — et pour le monde entier.
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