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mercredi 3 juin 2015

L'esclavage a été rétabli le 20 mai 1802 par Napoléon 1° qui venait de créer la Légion d'Honneur la veille

Voici comment les amis de l'Empereur
 rêvent de voir les Africains en 2015.
Ceux qu'ils ne tuent pas en France
 comme Abdoulaye Camara,
ils divisent pas 20 leurs salaires en Afrique
par Yanick Toutain
3/6/2015

19 mai 1802 création de la légion d'honneur par Napoléon 1°
20 mai 1802 rétablissement de l'esclavage par Napoléon 1° 

"Rose avait six ans ( Séparée de sa mère )
La fille de Praxelle ( Acte juridictionnel )
Vendue au plus offrant ( Par contrat à Basse-Terre )
Elle fut vendu parce que métisse ( 19 décembre 1806 )
"


Les titulaires de la Légion d'Honneur sont des esclavagistes.
Vincent Bolloré dans la promotion de la Légion d’Honneur
Bien entendu, ils refusent de l'admettre.
C'est pourtant bel et bien une médaille synonyme de crimes, de vol, de viols, de spoliation.
Hollande, s'il le pouvait, donnerait la légion d'honneur à tous les soldats de Sangaris, même les violeurs d'enfants en Centrafrique.
C'est lui qui a choisi une agresseuse d'enfants comme ministre de l'Education Nationale/ Hollande, s'il le pouvait, donnerait la Légion d'Honneur à tous les soldats de Serval, à tous ceux qui ont organisé le rétour à Ménaka des assassins du 17 janvier 2012.
Comme Hollande, s'il ne lui donne pas la Légion d'Honneur a néanmoins versé 20 millions d'euros à Iyad Ag Ghali pour services rendus.
Ce psychopathe avait été envoyé par Sarkozy, Compaoré et le Qatar assassiner 82 militaires maliens le 24 janvier 2012 à Aguel Hoc.....
N'oublions pas ATT qui tentait de joindre au téléphone les précédents.... le 20 janvier de la même année....
Les pourris de la bourgeoisie esclavagiste payent 50 euros leurs esclaves africains !



les larbins de Bolloré

ont menacé leur leader

"si tu continues on va te tuer"

menaces contre Michel Agbor



Les représentants des autorités

ont arrêté le syndicaliste

les esclaves ne doivent pas protester

pour les larbins sarkozystes
====



10 000 planteurs 50 euros

ça fait pas cher à leur verser

les assassins sont un cadeau

pour les esclaves de Bolloré

Bravo Tardi ! le 20 mai 1802, lendemain de la création de la Légion d'honneur, Napoléon rétablissait l'esclavage.

19 mai 1802 création de la légion d'honneur par Napoléon 1°
20 mai 1802 rétablissement de l'esclavage par Napoléon 1°

"Rose avait six ans ( Séparée de sa mère )
La fille de Praxelle ( Acte juridictionnel )
Vendue au plus offrant ( Par contrat à Basse-Terre )
Elle fut vendu parce que métisse ( 19 décembre 1806 )
"
(Ne Les Ecoutez pas)
Le dessinateur Tardi vient de refuser la légion qui lui a été attribuée « d’autorité » le 1er janvier et qu’il refuse voulant « rester un homme libre et ne pas être pris en otage par quelque pouvoir que ce soit ».(source : brève Médiapart)
Il s'insurge sur le fait d'avoir été pris par surprise "m'attribuer d'autorité et sans m'en avoir informé au préalable, la Légion d'honneur ! "
« Je ne suis pas intéressé, je ne demande rien et je n'ai jamais rien demandé. On n'est pas forcément content d'être reconnu par des gens qu'on n'estime pas. »
LA LEGION DES BARBARES SANS HONNEUR
« Etant farouchement attaché à ma liberté de pensée et de création, je ne veux rien recevoir, ni du pouvoir actuel, ni d'aucun autre pouvoir politique quel qu'il soit », poursuit Jacques Tardi.« C'est donc avec la plus grande fermeté que je refuse cette médaille. »
Tardi fait bien !
Cette médaille instaurée le 19 mai 1802 est pleine de sueur, de sang, de crimes, de barbarie !
L’ordre national de la Légion d’honneur est l'institution qui, sous l'égide du grand chancelier et du grand maître, est chargée de décerner la plus haute décoration honorifique française. Elle a été instituée le 19 mai 1802 par Napoléon Bonaparte. Elle récompense depuis ses origines les mérites éminents militaires ou civils rendus à la Nation. (...) Les premières nominations sont publiées en septembre 18034. Quatre grades sont créés : « légionnaire », « officier », « commandant » et « grand officier ». Les insignes sont fixés par décret le 22 messidor an XII (11 juillet 1804) : une étoile d'argent pour les légionnaires, une étoile d'or pour les autres grades. Le 26 messidor (15 juillet 1804)5 a lieu en la chapelle des Invalides la toute première remise de Légion d’honneur par Napoléon Bonaparte aux officiers méritants au cours d’une fastueuse cérémonie officielle, la première de l’Empire. La remise des insignes se fait selon un appel alphabétique des récipiendaires (tous des civils), signe de respect par le nouveau régime du principe révolutionnaire d’égalité6. Napoléon décore pour la première fois des militaites lors de la deuxième cérémonie au Camp de Boulogne le 16 août 1804. La légion d'honneur s'adresse dès les origines aussi bien aux civils qu'aux militaires, on prête d'ailleurs à Napoléon la célèbre phrase : « Je veux décorer mes soldats et mes savants »7.(Wikipédia)
L'HONNEUR ET L'ESCLAVAGE
Ce que personne ne vient rappeler aux récipiendaires c'est qu'accepter une telle décoration crée le 19 mai 1802, c'est cautionner la barbarie criminelle qui fut promulguée le lendemain : le rétablissement de l'esclavage qu'avait aboli Robespierre en 1794 !
Sur Hérodote.net Fabienne Manière commente "Un décret mal inspiré"
Dans ce contexte, le Premier Consul est encouragé à abolir le décret de Pluviôse par Cambacérès, avocat des planteurs, et sa propre femme, Joséphine de Beauharnais, issue d'une riche famille créole de la Martinique, les Tascher de la Pagerie ; l'un et l'autre mettent en avant les difficultés des milieux d'affaires coloniaux depuis l'abolition de 1794.
Il signe enfin le décret par lequel il légalise à nouveau l'esclavage dans les colonies où il perdure.
L'esclavage revient à priver les hommes de couleur de leur citoyenneté et les travailleurs des plantations de leur salaire ; les maîtres ont le droit de punir leurs esclaves sans passer par la justice civile.
Le décret du 30 floréal An X (20 mai 1802)
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS, BONAPARTE, premier Consul, PROCLAME loi de la République le décret suivant, rendu par le Corps législatif le 30 floréal an X, conformément à la proposition faite par le Gouvernement le 27 dudit mois, communiquée au Tribunat le même jour.
DÉCRET. 
ART. Ier Dans les colonies restituées à la France en exécution du traité d'Amiens, du 6 germinal an X, l'esclavage sera maintenu conformément aux lois et réglemens antérieurs à 1789.
II. Il en sera de même dans les autres colonies françaises au-delà du Cap de Bonne-Espérance. 
III. La traite des noirs et leur importation dans lesdites colonies, auront lieu, conformément aux lois et réglemens existans avant ladite époque de 1789. 
IV. Nonobstant toutes lois antérieures, le régime des colonies est soumis, pendant dix ans, aux réglemens qui seront faits par le Gouvernement 
Par-delà son caractère immoral, le décret du 30 floréal va avoir pour la France un résultat désastreux en poussant à la révolte les anciens esclaves de Saint-Domingue et en précipitant la perte de l'île.
Mais le Premier Consul ne s'en tient pas à la légalisation de l'esclavage. Animé par un sentiment «raciste» qui le distingue de la plupart de ses contemporains, encore pétris de l'esprit desLumières, il prend plusieurs mesures qui renouent avec le préjugé de couleur des décennies précédentes et l'aggravent nettement...
Il y a donc un trait d'égalité entre ces deux mesures : l'une achète la conscience des formois (formois civils et formois militaires) et des bourgeois de 1802 et l'autre rétablit le pire crime contre l'humanité qui soit : l'esclavage.
(Paroles et musique : Yanick Toutain 2006)
(à la petite Rose née libre en 1800 et victime de l'esclavagiste Napoléon en 1806 et merci à Claude Ribbe dont le livre "Le crime de Napoléon" a inspiré ce texte basé sur une anecdote réelle : la fuite de 50 Guadeloupéens destinés à la vente, nageant jusqu'à Haïti et prévenant les Haïtiens de la trahison (page 165). Merci à lui pour ces vérités historiques dont celle de la petite Rose page 104)
 Ne vous rendez pas Ils vous tendent un piège
J'ai fui la Guadeloupe Vous rejoindre par la mer
Ne les écoutez pas Ils préparent un siège
Ils avancent la troupe Ils ont sorti les fers

Ici à Saint-Domingue Ils veulent vous endormir
Sous les ruses du tyran Ils préparent le supplice
Ils cachent sous leur langue Les mots pour vous punir
Ils cachent aux innocents Les projets de leurs vices

Ne vous rendez pas Rompez la trêve
Leclerc est hypocrite Il vous cache leur rage
Ne vous désarmez pas Conservez votre rêve
Bientôt la réussite Gardez votre courage

Les bateaux sont en route Le commerce recommence
Depuis la Françafrique Arrivent vos remplaçants
Quittez le moindre doute Vos morts pour Richepance
C'est la suite logique En vous exterminant

Rose avait six ans ( Séparée de sa mère )
La fille de Praxelle ( Acte juridictionnel )
Vendue au plus offrant ( Par contrat à Basse-Terre )
Elle fut vendue parce que métisse ( 19 décembre 1806 )

Ne vous rendez pas Ce ne sont que ruses
Pour vos généraux Leur plan est écrit
Ne les écoutez pas Ils violent ils abusent
Tous leurs mots sont faux Ils veulent toutes vos vies

Ne vous rendez jamais Ils veulent l'esclavage
Le vol du travail Gardez libres vos bras
Ne les écoutez jamais Leurs lois sont leurs cages
Gardez la bataille Restez au combat

Ne les écoutez pas Ils vous tendent un piège
J'ai fui la Guadeloupe Vous rejoindre par la mer
Ne les écoutez pas Ils préparent un siège
Ils avancent la troupe Ils ont sorti les fers


Mais ce rétablissement nécessitera des comportements génocidaires que dénonça récemment l'excellent Claude Ribbe dans son livre "Le Crime de Napoléon" :
NAPOLEON ET HITLER
Selon Claude Ribbe, face à la résistance des citoyens français qu'on voulait mettre en esclavage au motif qu'ils étaient dans cette situation avant le soulèvement d'août 1791, Leclerc décida d'exterminer la population de Saint-Domingue au-dessus de douze ans selon un critère « racial », utilisant notamment le gazage au dioxyde de soufre, les noyades et l'usage de chiens dressés. L'auteur estime le nombre de victimes à plusieurs dizaines de milliers.
Claude Ribbe, s'appuyant sur de nombreux témoignages inédits1, met également en évidence les déportations en Corse et à l'île d'Elbe qui accompagnèrent ces massacres et la mise en œuvre, sur le territoire français métropolitain, d'une législation raciale qu'il met en comparaison avec les lois de Nuremberg. L'armée fut épurée de ses officiers de « couleur » et les mariages « mixtes » furent interdits, en contradiction avec les dispositions du code civil. Claude Ribbe souligne que Claude Ambroise Régnier, ministre de la Justice et auteur de cette initiative, dictée par Napoléon, est au Panthéon.(...)
La couverture de l'ouvrage évoque la visite de Hitler, venu s'incliner à Paris aux Invalides sur le tombeau de l'Empereur, qu'il admirait, avant de « rendre » à la France vaincue les cendres de l'Aiglon dont le cercueil entrerait aux Invalides porté par des SS. Claude Ribbe révèle par ailleurs l'existence d'un film à la gloire de Napoléon produit en Allemagne par Goebbels dans les années mille neuf cent trente et inspiré d'une œuvre de Mussolini. (Wikipédia)


Mais, les récipiendaires sont aussi les complices de ce qui accompagne le rétablissement de l'esclavage et qui est un des fonds structurels du capitalisme : le racisme en tant que pathologie fondamentale inoculée par le système.
LE RACISME VISCERAL DE NAPOLEON :
"JE SUIS POUR LES BLANCS, PARCE QUE JE SUIS BLANC"
Sur la page du site Hérodote - citée supra - Fabienne Manière rappelait le racisme viscéral de Napoléon
Après la Révolution, le Premier Consul reprend cette tradition tardive. «Je suis pour les blancs, parce que je suis blanc. Je n'ai pas d'autre raison, et celle-la est la bonne,» aurait-il déclaré au Conseil d'État en 1802. Il exclut de l'armée des officiers «de couleur», parmi lesquels le père d'Alexandre Dumas.
Bonaparte supprime aussi d'un trait de plume l'Institution nationale des Colonies, créée 5 ans plus tôt à l'instigation de l'abbé Grégoire pour promouvoir les enfants des colonies quelle que soit leur couleur de peau. Les 22 élèves noirs de l'institution, qui étaient appelés à devenir officiers, sont affectés comme simples tambours dans autant de régiments.
HOLLANDE DISTRIBUE DES HOCHETS ESCLAVAGISTES : LA LEGION D'HONNEUR
En même temps qu'il attaque le Mali
par MISMA-nord-Qatar-AnçarEddine
et par MISMA-sud-lespsychopathestueursdelArméeFrançaise
Ce racisme a une fonction actuelle : dénigrer l'Africain.
Il faut, en effet, qu'il existe une sorte de justification morale à l'application de la loi du 1/20° en Afrique.
Il faut que le Français puisse croire en une fatalité métaphysique dans le fait que Vincent Bolloré puisse être autorisé à payer 1/20° du SMIC de France à Kienké, au Cameroun.... et dans toutes les plantations néo-esclavagiste qu'il trouva dans les coffres de la banque pourrie - Rivaud - qu'il récupéra de la Franceàfric gaulliste...
Hollande boucle la boucle : il distribue des hochets esclavagistes.
Pendant qu'il soutient Ançar Eddine et le MNLA - les deux groupes criminels qui commenèrent l'attaque contre le Mali. Normal : celle-ci, coordonnée par ATT, le président, était une arnaque Franceàfric-Qatar pour aller occuper Bamako et ouattariser toute la gauche malienne !
Il faut bien perpétuer l'esclavage à 50 euros en Afrique !
Les Esclaves de Bolloré (une médaille et des troupes pour perpétuer 50 €/mois) © Yanick Toutain
Tardi a bien agi !
Qu'il continue ainsi et fasse une petite BD pour les cousins africains : qu'il nous montre comment les Communeux décidèrent de CONSTRUIRE LA REVOCABILITE des DELEGUES DEPUTES !
Cet exemple inspirera les résistants anti-esclavagistes.... en Afrique et ailleurs...
Il sera un outil pour la construction de gouvernement de délégués révocables !
Pour en finir avec l'esclavage, Napoléon, Bolloré, François Hollande et ces médailles esclavagistes : la Légion des barbares sans honneur !

lundi 26 janvier 2015

Slavoisie, l'éducation des esclavagistes : Comment Vincent Bolloré a éduqué son fils Yannick Bolloré pour qu'il continue à diviser par 20 les salaires des Africains ?

Esclavagiste fils d'esclavagiste: Yannick Bolloré
C'est pour protéger les plantations Bolloré aux
salaires 1/20° du SMIC que la DGSE met en place des
terrroristes islamofascistes en Afrique
par Yanick Toutain

26/1/15
Revactu


 Robert William Foge lDans cet ouvrage,
[
 livre Time on the Cross, coécrit avec Stanley Engerman,
et paru en 
1974.]
 en s'appuyant sur une étude quantitative de l'
esclavagisme américain,
 il montre que les conditions de vie des esclaves noirs américains
 qui vivaient dans le Sud, étaient meilleures que
celles des ouvriers dans les industries du Nord des 
États-Unis.
 Fogel fonde son propos sur une analyse détaillée
des registres et enregistrements tenus dans les plantations,
 et en conclut que les esclaves travaillaient moins,
étaient mieux nourris, et n'étaient fouettés qu'occasionnellement.


La méthode ressemble à celle décrite ici par l'abolitionniste Harriet Beecher-Stowe.
A cette différence près que Yannick Bolloré n'a jamais fouetté un petit Africain.
Ils sont bien plus malin : ils envoient des abrutis faussaires comme Jean-Marie Bourry pour truquer les élections et des terroristes pour attaquer la RTI d'Abidjan le 16 décembre 2010.
Ils sont bien plus malins : Leurs pantins compradores font 8 fois moins d'effort (-3,4%) que leurs homologues d'Asie (-24,4% de 2005 à 2010) pour réduire la mortalité infantile.

LES CRIMINELS ESCLAVAGISTE SE MARIENT ENTRE EUX

100 millions de morts en 25... mais personne ne vient accuser les responsables : les familles Bolloré Bouygues etc....
Le jeune Yannick Bolloré ne fouettait pas les enfants d'esclaves : ceux-ci meurent à raison de 10%
Mais, diront de bonnes âmes, il y a eu des progrès ?
DES SALAIRES DIVISES PAR 20

L'esclave de Virginie ou de Louisiane vivait avec la moitié du revenu d'un travailleur pauvre de New York
Les Bolloré sont bien plus malins : leurs propriétés vont être protégées par les milices des ribafascistes que Hollande finance, soutient, protège.
Et demain ce sera #HollandeCoupdEtat en France !







LE FILS DE L'ESCLAVAGISTE

Il est nommé vice-président d'Havas en mars 20113.
Il signe en septembre 2011 un accord de cession du pôle télévision de Bolloré Média, devenu le 3e groupe audiovisuel privé français, au groupe Canal+ en échange d'actions Vivendi, sur la base d'une valeur de près de 465 millions d'euros4.
Le groupe Bolloré devient alors le premier actionnaire du groupe Vivendi.
Yannick Bolloré est nommé président-directeur général du groupe Havas le 30 août 20133. Havas est un groupe multiculturel présent dans plus de 100 pays5 et comptant 16000 collaborateurs dans le monde6. Le chiffre d'affaires du groupe en 2012 s'élève à 1,78 milliard d'euros et son bénéfice net à 126 millions d'euros7.
Yannick Bolloré siège également aux conseils d'administration de Bolloré Participations depuis 1998, de Bolloré depuis 2009 et d’Havas depuis 2010. Il est par ailleurs membre du club d'influence Le Siècle2.

Vie privée[

Yannick Bolloré s'est marié en juin 2006 avec Chloé Bouygues, la nièce de Martin Bouygues ; il est père de quatre filles8,3.




Traduction par Louise Swanton Belloc.
Charpentier, 1878 (pp. 348-359).



Henrique.

Vers ce temps, Alfred, le frère de Saint-Clair, vint, avec son fils, garçon âgé de douze ans, passer un ou deux jours à la maison du lac, dans la famille de son frère.
L’aspect de ces jumeaux réunis avait, à la fois, quelque chose de beau et d’étrange. La nature, en les formant, s’était complu de tous points à créer, au lieu de ressemblances, de frappantes oppositions, et pourtant un lien mystérieux semblait resserrer leur amitié fraternelle.
Bras dessus, bras dessous, ils erraient dans les allées du jardin, en haut, en bas, partout ; Augustin, avec ses yeux bleus, ses cheveux d’or, ses formes souples et élégantes, ses traits animés, expressifs ; Alfred, avec ses noirs, son profil romain, hautain, inflexible, ses membres fortement articulés, et son ferme maintien. Sans cesse ils s’attaquaient mutuellement sur leurs opinions, leurs habitudes, leurs actes, et n’en étaient pas moins absorbés dans la société l’un de l’autre, comme si, pour les unir, la contradiction eût joué entre eux le rôle que l’attraction remplit entre les pôles opposés de l’aimant.
Henrique, le fils aîné d’Alfred, noble garçon, aux yeux noirs, à la tournure de prince, rempli d’ardeur et de vivacité, avait à peine vu sa cousine Évangeline que déjà il était fasciné par la grâce toute céleste de l’enfant.
Le poney favori d’Éva, doux comme elle, d’une blancheur de neige, et d’une allure à la bercer mollement, venait d’être amené par Tom à l’arrière-véranda, tandis qu’un mulâtre, d’environ treize ans, y conduisait le petit cheval noir arabe, importé depuis peu, à grands frais, pour Henrique.
Fier comme un jeune garçon de sa nouvelle monture, Henrique s’avança, prit les rênes des mains du petit groom, regarda attentivement le cheval, et son front se rembrunit aussitôt.
« Qu’est ceci, Dodo, petit chien de paresseux ? tu n’as pas étrillé l’animal ce matin !
— Si fait, maître, répondit le mulâtre avec soumission. C’est lui-même qui s’est encore sali.
— Tais-toi, drôle ! dit Henrique avec violence, en levant sa cravache. Comment oses-tu ouvrir la bouche ? »
Le groom était un joli mulâtre aux yeux brillants, juste de la taille d’Henrique, et ses cheveux bouclés encadraient un front haut et fier. Le sang des blancs qui bouillait dans ses veines colora tout à coup sa joue, et fit éclater son œil, comme il commençait vivement à dire :
« Maître Henrique !… »
Henrique lui cingla un coup de cravache à travers la face, le prit par le bras, le força à se mettre à genoux, et le battit jusqu’à en être hors d’haleine.
« Là, impudent chien ! je t’apprendrai à riposter ! Emmène ce cheval, et qu’il soit nettoyé comme il faut. Je te remettrai à ta place, entends-tu !
— Jeune maître, reprit Tom, je me doute de ce qu’il allait dire ; le cheval s’est roulé par terre au sortir de l’écurie. C’est si jeune ! si fougueux ! — Voilà comment la bête s’est éclaboussée ; je l’avais vu panser au matin.
— Retiens ta langue, toi, jusqu’à ce qu’on te parle ; » et Henrique, tournant sur le talon, monta les degrés pour aller rejoindre Éva, déjà toute prête en habit de cheval.
« Chère cousine, pardon si cet imbécile me force à vous faire attendre un moment. Asseyons-nous là. Il ne saurait tarder. Mais qu’y a-t-il, cousine ? vous avez l’air tout fâché.
— Comment pouvez-vous être si cruel, si méchant, avec ce pauvre Dodo ? dit Éva.
— Cruel ! — méchant ! reprit le jeune garçon, et sa surprise n’avait rien de joué. Que voulez-vous dire, chère Éva ?
— Ne m’appelez pas « chère Éva » quand vous agissez ainsi.
— Mais, chère cousine, vous ne connaissez pas Dodo ; il n’y a pas deux façons de le conduire ; il n’en finit jamais d’excuses et de mensonges. Il faut le mater tout d’abord, — ne pas lui laisser ouvrir la bouche. — Papa n’agit pas autrement.
— L’oncle Tom a dit que c’était un simple accident, et il ne dit jamais que la vérité.
— C’est un prodige de vieux nègre alors. Dodo dit autant de mensonges, lui, que de paroles.
— Il ment, parce que vous l’effrayez. C’est lui enseigner le mensonge, que le traiter comme vous faites !
— Si vous prenez si fort le parti de Dodo, Éva, vous allez me rendre jaloux.
— Vous l’avez frappé sans qu’il eût rien fait pour être battu…
— Un petit arriéré soldé. C’est pour toutes les fois qu’il mérite d’être rossé, sans que je le batte. Quelques bons coups de fouet sont toujours de mise avec Dodo. C’est, je vous l’assure, un franc vaurien. Mais, allons, puisque cela vous contrarie, je ne le frapperai plus jamais devant vous. »
Éva était loin d’être contente, mais elle sentit qu’elle essaierait en vain de se faire comprendre de son beau cousin.
À l’instant reparut le petit mulâtre amenant les deux chevaux.
« À merveille, Dodo : cette fois tu t’en es tiré fort joliment, dit son jeune maître d’un air gracieux. Approche, et tiens le poney de miss Éva, pendant que je l’aide à le monter. »
Dodo se tint debout devant le cheval d’Éva ; mais sa figure était bouleversée, et à ses yeux on voyait assez qu’il avait pleuré.
Henrique se piquait de galanterie et d’adresse ; il eut bientôt mis sa belle cousine en selle, et réunissant les rênes, il les lui présenta.
Mais Éva se penchait du côté où se trouvait Dodo, et comme le petit mulâtre venait de lâcher la bride, elle lui dit :
« Vous êtes un bon garçon, Dodo ; — grand merci ! »
Dodo, ébahi, regarda cette douce figure, ses joues se colorèrent et les larmes lui vinrent aux yeux.
« Ici, Dodo ! » cria son maître d’un ton impérieux.
Le mulâtre s’élança, et tint le cheval arabe pendant que son maître le montait.
« Voilà un picayune pour toi, Dodo ; va l’acheter du sucre candi ; va ! »
Et Henrique s’éloigna au petit galop avec Éva. Dodo suivit longtemps des yeux les deux enfants. De l’un, il avait reçu de l’argent ; de l’autre, ce qui manquait le plus, ce dont il avait le plus ardent besoin, — un mot de bonté, affectueusement dit. — Il n’y avait que peu de mois que Dodo était séparé de sa mère ; le père d’Henrique l’avait acheté dans un entrepôt d’esclaves, à cause de sa jolie tête, afin d’en faire l’accompagnement assorti du joli poney. Maintenant c’était l’affaire du jeune maître de le rompre et de le dompter.
Les deux frères, se promenant d’un autre côté du jardin, avaient cependant vu appliquer la correction.
Augustin rougit, mais dit seulement de son air d’insouciance sardonique :
« C’est sans doute là ce qu’on appelle une éducation républicaine, Alfred ?
— Henrique est un petit démon, pour peu qu’on le stimule, répondit négligemment Alfred.
— Je suppose que tu considères ce genre d’exercice comme faisant partie de son instruction. — La voix d’Augustin devenait sèche.
— Il en serait autrement, que je ne pourrais l’empêcher. Henrique est une espèce d’ouragan ; depuis longtemps sa mère et moi avons lâché les rênes ! D’ailleurs, avec Dodo, il a affaire à un parfait lutin, qui ne sent pas les coups. Le fouet ne l’incommode nullement.
— Serait-ce là ta méthode pour fixer dans la mémoire de Henrique le premier axiome du catéchisme républicain : « Tous les hommes sont nés libres et égaux ? »
— Bah ! une des sentimentales farces françaises de Tom Jefferson. Il est vraiment ridicule que de pareilles fadaises aient cours encore aujourd’hui parmi nous.
— Parfaitement ridicule ! dit Saint-Clair d’un ton significatif.
— Attendu, poursuivit Alfred, que nous pouvons assez voir qu’il n’est point vrai que tous les hommes naissent libres, point vrai que tous naissent égaux. C’est précisément le contraire. Pour ma part, il y a beau temps que moitié de cette phraséologie républicaine n’est pour moi que du fatras. Ce sont les gens bien élevés, intelligents, riches, raffinés, qui doivent avoir des droits égaux ; jamais la canaille.
— Pourvu que vous puissiez maintenir la canaille dans cette opinion, répliqua Augustin. Elle a pris une fois sa revanche, en France.
— Certes, cette race doit être assujettie, avec fermeté, avec constance,comprimée, comme je la comprimerais ; et Alfred pesa sur le sol comme s’il eut foulé quelqu’un aux pieds.
~ La glissade comptera, si l’opprimé se relève, dit Augustin ; — à Saint-Domingue, par exemple.
— Bah ! nous y aurons l’œil, dans ce pays-ci. Nous devrions rompre en visière à tous ces phraseurs, à ces promoteurs d’éducation qui prennent trop leurs ébats ; la basse classe ne doit jamais être instruite.
— C’est passé cure, reprit Augustin ; elle le sera. — Il s’agit de savoir comment, voilà tout. Notre système est de la former à la brutalité et à la barbarie ! Nous brisons tous les liens de l’humanité pour faire de ces hommes des bêtes brutes. S’ils gagnent le dessus, eh bien, nous les trouverons ce que nous les avons faits !
— Jamais ils ne le gagneront, le dessus !
— Fort bien : poussez la vapeur, fermez solidement la soupape de sûreté, asseyez-vous dessus, et voyez où vous prendrez terre.
— Soit : nous verrons ! Je n’ai pas peur de m’asseoir sur la soupape, tant que la chaudière est solide et que les rouages marchent bien.
— Les nobles sous Louis XVI pensaient comme toi ; l’Autriche et Pie IX sont de nos jours du même avis ; mais par quelque beau matin, vous courez risque de vous rencontrer au haut des airs, quand la chaudière éclatera.
— Dies declarabit, s’écria Alfred en riant.
— Je te le répète, reprit Augustin, s’il est de nos jours une éclatante vérité, qui vienne aux yeux comme une manifestation divine, c’est que le jour des masses arrivera : ce jour « où les derniers seront les premiers. »
— Bravo ! une des bouffonneries de vos républicains rouges, Augustin ! Pourquoi ne pas t’enrôler dans les énergumènes, les orateurs des défrichements, et discourir, grimpé sur une souche[1] ? Prêche, prédis, mon cher. J’espère que je serai mort avant qu’advienne pour nous ce grand millénium de tes masses crottées.
— Crottées ou non, reprit Augustin, leur temps venu, elles vous gouverneront, et vous aurez les maîtres que vous vous serez faits. La noblesse française voulut avoir un peuple de sans-culottes, elle n’en a eu que trop, des gouvernants sans-culottes ! Le peuple d’Haïti…
— Pour le coup, assez, Augustin ! comme si nous n’en avions pas eu par-dessus les yeux et les oreilles, de cet abominable Haïti ! Les maîtres d’Haïti n’étaient pas Anglo-Saxons. S’ils l’eussent été, nous aurions toute une autre histoire. La race anglo-saxonne est la reine du monde et le sera toujours.
— À la bonne heure ; mais il y a une assez jolie infusion de sang anglo-saxon chez nos esclaves, ce me semble, dit Augustin. Nombre d’entre eux n’ont gardé du sang africain que ce qu’il en faut pour ajouter l’effervescente chaleur des tropiques, à notre fermeté, à notre prévoyance calculatrice : que l’heure de Saint-Domingue vienne à sonner, et le sang anglo-saxon aura le pas et l’honneur de la journée. Des fils de pères blancs, dont nos sentiments orgueilleux échauffent les veines, ne seront pas toujours vendus, achetés ; on ne trafiquera pas éternellement de cette denrée humaine ; ils surgiront un jour, et élèveront avec eux la race de leurs mères.
— Fatras, — sottises !
— Juste, le vieux dicton, poursuivit Augustin ; il en sera comme aux jours de Noé : — « Les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et donnaient en mariage ; ils plantaient et ils bâtissaient, et ils pensèrent au déluge que quand il survint et emporta tout. »
— Ma parole, Augustin, je te crois fait pour être prédicateur ambulant ! — et Alfred se mit à rire. — Rassure-toi, va, possession vaut titre. Nous tenons le pouvoir et nous le tenons bien. La race sujette, — il frappa du pied la terre, — restera sujette. Nous avons assez d’énergie pour ménager notre poudre.
— Des garçons élevés comme Henrique font de fameux gardiens pour vos poudrières, dit Augustin ; si froids, si maîtres d’eux ! Le proverbe le dit : Celui qui ne peut se gouverner lui-même ne peut gouverner autrui.
— Il y a là quelque chose qui cloche, c’est vrai, dit Alfred en réfléchissant. Je ne puis nier que les enfants ne soient difficiles à élever sous notre régime. Il lâche la bride aux passions, déjà trop exaltées par la chaleur du climat. Henrique me donne du souci : l’enfant est généreux, franc, le cœur chaud ; mais un vrai brûlot dès qu’on l’excite. Pour venir à bout de lui, il me faudra, je crois, l’envoyer dans le Nord, où l’obéissance est plus de mise, et où il vivra davantage avec ses égaux, moins avec ses subordonnés.
— S’il est vrai que l’éducation des enfants soit la grande affaire de la race humaine, reprit Augustin, c’est chose à noter qu’en cela notre régime fonctionne si mal.
— Mal en quelques points, bien sur d’autres. Il rend nos garçons fermes, courageux. Les vices mêmes d’une race abjecte tendent à fortifier en eux les vertus contraire. Henrique, je le parierais, apprécie d’autant mieux la vérité, et la trouve d’autant plus belle, qu’il a vu le mensonge, la fourberie, être un des sceaux indélébiles de l’esclavage.
— C’est assurément un aperçu fort chrétien du sujet !
— Chrétien ou non, il est juste, et pas plus anti-chrétien au fond que la plupart des choses de ce monde.
— C’est ce que je ne prétends pas nier, ajouta Saint-Clair.
— Allons, n’est-ce pas assez tourner dans le même cercle, comme nous l’avons déjà fait cinq cents fois, plus ou moins ? Que dirais-tu d’une partie de trictrac ? »
Les deux frères montèrent les marches de la véranda, et bientôt, assis devant un léger support de bambou, ne furent plus séparés que par le trictrac.
« Je te dirai, Augustin, reprit Alfred, tout en rangeant ses dames, que si je partageais tes opinions, je ne me croiserais pas les bras : je ferais quelque chose.
— J’en suis convaincu ; — tu es homme d’action ; — mais quoi ?
— Eh bien, que ne donnes-tu de l’éducation à tes esclaves ? fais-en des modèles, des façons de spécimen ! Et un sourire dédaigneux se joua sur les lèvres d’Alfred.
— Tu pourrais aussi bien leur rouler le mont Etna sur le dos, et leur ordonner de se tenir debout, que de me dire, à moi, d’élever mes serviteurs quand la masse de la société pèse sur eux. Un homme ne saurait s’opposer seul à l’influence d’une population entière. Pour amener des résultats, l’éducation doit partir de l’État même, ou tout au moins d’un groupe assez nombreux pour établir un courant.
— À toi de jeter les dés, » dit Alfred, et les deux frères, absorbés dans leur partie, n’en furent tirés que lorsque le galop des chevaux se fit entendre.
« Ah ! voici les enfants, s’écria Augustin, et il se leva. Regarde donc, Alfred, as-tu jamais rien vu d’aussi beau ?
C’était, en effet, un spectacle radieux, Henrique, avec son front hardi, ses abondantes boucles lustrées, ses joues écarlates, riait gaiement, penché vers sa belle cousine, comme ils arrivaient : Éva portait une amazone bleu de ciel, un chapeau de même nuance, et l’exercice, en colorant ses jours de leurs teintes les plus éclatantes, faisait ressortir l’admirable harmonie de sa peau blanche et transparente, et de ses cheveux à reflets d’or.
« Par le ciel, quelle éblouissante et parfaite beauté ! s’écria Alfred. Je te le déclare, Augustin, elle blessera plus d’un cœur avant qu’il soit longtemps.
— Trop vrai, peut-être, hélas ! — Dieu sait si je le redoute ! » murmura Saint-Clair avec une soudaine amertume ; et, s’élançant au bas des degrés, il courut enlever sa fille de dessus la selle.
« Éva, chérie ! n’es-tu pas trop fatiguée ? demanda-t-il, comme il l’emportait dans ses bras.
— Non, papa, dit l’enfant. Mais sa respiration courte et bruyante alarma son père.
— Comment peux-tu galoper si fort, quand tu sais que cela ne t’est pas bon ?
— J’étais si bien, papa, et je m’amusais tant, que je n’ai songé à rien. »
Saint-Clair la porta jusqu’au salon, où il la déposa sur un sofa.
« Henrique, il faut prendre un peu plus garde à ta cousine ; tu l’as menée trop vite.
— Je vais en avoir bien soin, dit le jeune garçon, confiez-la moi ; » et, s’asseyant près du sofa, il prit la main de la petite fille.
Bientôt Éva se sentit mieux : son père et son oncle retournèrent à leur partie, et les enfants furent laissés ensemble.
« Si vous saviez, Éva, je suis si fâché que papa ne demeure ici que deux jours ! Je vais être après cela si longtemps sans vous voir ! Si je restais avec vous, je tâcherais d’être bon, de ne plus quereller Dodo, ni personne. Ce n’est pas que j’aie la moindre envie de le maltraiter ; non vraiment ! Je suis trop vif, voilà tout. D’ailleurs, je ne suis point mauvais pour lui : je lui donne un picayune par-ci par-là. Vous voyez qu’il est bien vêtu. — Allez, tout compté, Dodo est un heureux garçon.
— Seriez-vous heureux, Henrique, s’il n’y avait pas une seule créature près de vous qui vous aimât ?
— Moi ! — non ; cela va sans dire.
— Et vous avez enlevé Dodo à tous les amis qu’il avait jamais eus ! Il ne voit plus maintenant une seule personne qui l’aime ; — comment pourrait-il être bon ?
— Eh bien, que voulez-vous que j’y fasse, cousine ? — Je ne puis acheter sa mère, pas plus que me mettre à l’aimer, moi, ou personne autre, que je sache.
— Pourquoi pas vous ? dit Éva.
— Moi, aimer Dodo ! Éva, y songez-vous ? Je peux le trouver gentil et le protéger, à la bonne heure. Mais vous, est-ce que vous aimez vos gens ?
— Oui, vraiment, dit Éva.
— Quelle drôle d’idée !
— La Bible ne nous dit-elle pas de nous aimer les uns les autres ?
— Oh, la Bible ! la Bible dit tant de choses ! mais personne ne s’en inquiète. — Vous le savez-bien, Éva. Qui est-ce qui songe à faire ce qu’il y a dans la Bible ? »
Éva demeura muette quelques minutes ; ses yeux restèrent fixes et rêveurs.
« Quoi qu’il en soit, dit-elle enfin, cher cousin, aimez le pauvre Dodo, et soyez bon avec lui pour l’amour de moi.
— J’aimerais qui que ce fût, quoi que ce soit, pour l’amour de vous, chère cousine ; et je pense, du fond de l’âme, que vous êtes bien la plus charmante, la plus gentille créature que j’aie jamais vue ! » Henrique parlait avec une ardeur qui empourpra son charmant visage. Éva accueillit ces paroles, sans qu’il se fit le moindre changement sur sa calme et angélique figure, et elle répondit avec une parfaite simplicité :
« Merci, cher cousin, de ce que vous me dites là. — J’espère, je crois que vous vous rappellerez ma prière. »
La cloche du dîner, en sonnant, mit fin au tête à tête.

  1. Aller Take to the stump, prendre le tronc d’arbre, comme on dirait grimper à la tribune. Dans les États de l’ouest, où se précipite toute une population d’aventuriers, pour ceux qui se posent candidats et vont vanter eux-mêmes leurs propres mérites, comme pour les prédicateurs errants qui cherchent à se former une congrégation, le meilleur piédestal est le tronc de l’arbre que la hache des pionniers vient d’abattre.