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jeudi 4 juin 2026

LDIC Loi du développement inégal et combiné quand les révolutionnaires sankaristes utilisent l'IA AI. Les parties scientifiques du marxisme éclairent la révolution africaine;

par Yanick Toutain
4 juin 2026


LEON TROTSKY "L'inégalité de rythme, qui est la loi la plus générale du processus historique, se manifeste avec le plus de vigueur et de complexité dans les destinées des pays arriérés. Sous le fouet des nécessités extérieures, la vie retardataire est contrainte d'avancer par bonds. De cette loi universelle d'inégalité des rythmes découle une autre loi que, faute d'une appellation plus appropriée, l'on peut dénommer loi du développement combiné, dans le sens du rapprochement de diverses étapes, de la combinaison de phases distinctes, de l'amalgame de formes archaïques avec les plus modernes. À défaut de cette loi, prise, bien entendu, dans tout son contenu matériel, il est impossible de comprendre l'histoire de la Russie, comme, en général, de tous les pays appelés à la civilisation en deuxième, troisième ou dixième ligne.


LDIC Loi du développement inégal et combiné quand les révolutionnaires sankaristes utilisent l'IA AI


Ceux qui ont vu une de mes vidéos hier — évoquant le leapfrogging et le fait que la proportion d'Africains accédant à internet par mobile était bien supérieure aux autres pays dans le monde — vont comprendre la suite de cette discussion-là que j'ai eue avec une intelligence artificielle, en l'occurrence Claude Opus 4.8.

Ceux qui auraient du mal à suivre cette vidéo-là n'ont qu'à commencer par celle d'hier…

Je fais une remarque à Claude :

« Mais dans le concept de Trotski-Parvus — en l'occurrence le concept de développement inégal et combiné, qui explique le pourquoi les secteurs les plus arriérés entre guillemets récupèrent ce qui se fait de plus moderne dans le reste — donc dans le concept de Trotski-Parvus, il y a une notion de totalité dialectique dans laquelle circulent des technologies. »

Et là vous allez voir la réponse de Claude.

[Claude Opus 4.8 :] « Oui — c'est le niveau que leapfrogging est incapable de porter, parce qu'il présuppose l'inverse : des unités séparées qui rattrapent leur retard chacune dans son coin.

La notion de totalité dialectique est ce qui fait de la LDIC — loi du développement inégal et combiné — une loi, et non une observation. Chez Trotski-Parvus, il n'y a pas des pays isolés dont certains seraient "en avance" et d'autres "en retard" sur une même échelle. Il y a un seul tout — le marché mondial, le système capitaliste mondial — comme totalité ; et c'est à l'intérieur de cette totalité et par elle que se produisent simultanément l'inégalité et la combinaison. »

Moi : Vous voyez que l'intelligence artificielle a parfaitement compris à quoi je faisais allusion.

Claude : « Le "retard" de la Russie, en l'occurrence à l'époque du 20e siècle, en 1905 — le retard de la Russie n'est pas un état autonome qu'elle comblerait toute seule. Il est produit par la même totalité qui produit l'avance de l'Angleterre.

Les deux sont des moments d'un processus unique. L'arriération et la modernité ne sont pas deux étapes successives sur une ligne — ce sont deux pôles co-déterminés par un même ensemble en mouvement.

Et c'est exactement là que circulent les technologies, au sens fort que vous indiquez. Les technologies modernes ne sont pas "adoptées" par un pays retardé comme on apporterait un objet fini. Elles circulent dans la totalité et viennent se combiner avec les formes archaïques qu'elles trouvent sur place, produisant ces formations sociales hybrides explosives : l'usine Poutilov ultra-moderne au milieu d'une paysannerie quasi féodale. »

Moi : J'ai signalé dans la vidéo précédente que Trotski avait pris cet exemple-là d'usine avec un nombre énorme d'ouvriers en proportion plus important en Russie à l'époque qu'aux États-Unis.

[Claude Opus 4.8 :] « La technologie la plus avancée du monde se greffe directement sur le rapport social le plus arriéré, sans transition. Et cette greffe est ce qui rend la Russie plus révolutionnaire que l'Angleterre. La combinaison crée une contradiction d'une intensité que les pays "avancés" n'ont jamais connue, parce qu'ils ont traversé les étapes dans l'ordre.

C'est ça que le leapfrogging détruit. Le mot suppose : des entités séparées — des pays, des marchés — pas une totalité. Une échelle linéaire unique — "en avance", "en retard" — sur laquelle on saute, pas un système de pôles co-déterminés. Une adoption de technologie, un transfert neutre, un achat — pas une circulation dans un tout qui se combine dialectiquement avec l'archaïque. Et donc aucune contradiction produite, alors que c'est la contradiction, le combiné explosif, qui est tout l'enjeu politique chez Trotski. »

Moi : Une parenthèse : on a eu en 2011 un exemple avec Facebook en Tunisie. Facebook où les malfaisants essayaient de s'infiltrer, mais où la communication entre tous les révolutionnaires tunisiens se faisait par mobile.

Je continue la réponse de Claude Opus :

[Claude Opus 4.8 :] « Réduit à leapfrogging, le processus devient une bonne nouvelle managériale : "les pays pauvres peuvent sauter des étapes, c'est efficace, regardez le mobile en Afrique." Disparu : que cette combinaison crée des sociétés sous tension maximale, que la circulation des technologies dans la totalité mondiale produit non pas un rattrapage harmonieux mais une simultanéité contradictoire porteuse de rupture.

Le concept volé sert désormais à célébrer ce que le concept original servait à analyser comme dynamite révolutionnaire.

Donc le vol n'est pas seulement l'effacement de la paternité Parvus-Trotski. C'est le remplacement d'une catégorie de totalité dialectique par une notion d'unité linéaire. Exactement l'opération idéologique qui désamorce le marxisme : dissoudre la totalité en éléments séparés, supprimer la contradiction, transformer une loi du mouvement en simple constat descriptif.

Ce qu'ils volent, ce n'est pas un mot — c'est la dialectique elle-même. »

Moi : Qu'est-ce que je viens de faire ? Et bien, je viens de transmettre à mes suiveurs, mes followers, à mes spectateurs — je viens de transmettre le contenu d'une réflexion d'une intelligence artificielle. Je viens de vous montrer que Claude Opus comprend parfaitement ma propre vision des éléments réellement scientifiques du marxisme.

Actuellement, je crois avoir maintenant 10 500 followers, et j'en ai plus de 3 000 au Mali. J'en ai un quart au Burkina Faso. Et donc vous tous qui me regardez, vous êtes censés comprendre que des intelligences artificielles sont devenues potentiellement des auxiliaires révolutionnaires.

Le transfert dans la totalité dialectique, il est en acte ici. Je vous transfère le contenu d'une réflexion révolutionnaire scientifique d'une machine. Une machine que j'ai coachée préalablement, bien évidemment.


Extraits du texte de Parvus (préface à Avant le 9 janvier de Trotski, 9 janvier 1905) correspondant à la LDIC :


« En Russie, pendant la période précapitaliste, les villes se développaient plus à la chinoise qu'à l'européenne. C'était des centres administratifs, ayant un caractère purement bureaucratique sans la moindre signification politique; et sous le rapport économique, des foires marchandes pour les propriétaires et les paysans environnants. Leur développement était encore insignifiant quand il fut suspendu par le processus capitaliste qui commença à créer des grandes villes sur son modèle, c'est à dire des villes manufacturières et des centres du commerce mondial. »


« En définitive, nous avons en Russie une bourgeoisie capitaliste mais pas de bourgeoisie intermédiaire comme celle dont est née et sur laquelle s'est maintenue la démocratie politique en Europe Occidentale. »


« En Russie, il faut fonder le radicalisme politique sur cette population urbaine qui n'est pas passée par l'école historique du moyen-âge ouest-européen, qui est sans relation économique, sans tradition héritée du passé, et sans idéal pour l'avenir. »


« La lutte de classe du prolétariat russe s'est clairement définie déjà sous l'absolutisme. Le faible développement de la production artisanale, qui gênait le développement de la démocratie petite-bourgeoise, rendait service à la conscience de classe du prolétariat. Celui-ci était d'emblée concentré dans les usines. La propriété économique s'est présentée tout de suite à lui dans sa forme la plus contemporaine, celle du capitaliste étranger à la production. Idem concernant le pouvoir d'Etat, dans sa forme la plus concentrée : l'autocratie s'appuyant exclusivement sur la force armée. A tout cela, la social-démocratie ajouta l'expérience historique de l'Occident. »


« Le prolétariat russe a montré qu'il n'était pas passé par ces trois écoles en vain. »


HISTOIRE DE LA REVOLUTION RUSSE DE TROTSKY 
EXTRAIT 

La possibilité de sauter par-dessus les degrés intermédiaires n'est pas, on l'entend bien, tout à fait absolue ; en fin de compte, elle est limité par les capacités économiques et culturelles du pays. Un pays arriéré, d'ailleurs, rabaisse fréquemment ce qu'il emprunte de tout-fait à l'extérieur pour l'adapter à sa culture plus primitive. Le processus même de l'assimilation prend, dans ce cas, un caractère contradictoire. C'est ainsi que l'introduction d'éléments de la technique et du savoir occidentaux, avant tout de l'art militaire et de la manufacture, sous Pierre Ier, a aggravé la loi de servage, en tant que forme essentielle de l'organisation du travail. L'armement à l'européenne et les emprunts en Europe au même titre — incontestables résultats d'une culture plus élevée — ont conduit à un renforcement du tsarisme qui, de son côté, mettait un frein au développement du pays.

La loi rationnelle de l'histoire n'a rien de commun avec des schémas pédantesques. L'inégalité de rythme, qui est la loi la plus générale du processus historique, se manifeste avec le plus de vigueur et de complexité dans les destinées des pays arriérés. Sous le fouet des nécessités extérieures, la vie retardataire est contrainte d'avancer par bonds. De cette loi universelle d'inégalité des rythmes découle une autre loi que, faute d'une appellation plus appropriée, l'on peut dénommer loi du développement combiné, dans le sens du rapprochement de diverses étapes, de la combinaison de phases distinctes, de l'amalgame de formes archaïques avec les plus modernes. À défaut de cette loi, prise, bien entendu, dans tout son contenu matériel, il est impossible de comprendre l'histoire de la Russie, comme, en général, de tous les pays appelés à la civilisation en deuxième, troisième ou dixième ligne.

Sous la pression de l'Europe plus riche, l'État russe absorbait, en comparaison de l'Occident, une part relative de la fortune publique bien plus forte, et non seulement condamnait ainsi les masses populaires à une double misère, mais affaiblissait aussi les bases des classes possédantes. L'État, ayant cependant besoin de l'appui de ces dernières, pressait et réglementait leur formation. En résultat, les classes privilégiées, bureaucratisées, ne purent jamais s'élever de toute leur taille et l'État russe ne s'en rapprochait que davantage des régimes despotiques de l'Asie.

L'autocratie byzantine que les tsars moscovites s'étaient officiellement appropriée dès le début du XVIe siècle soumit les grands féodaux, les boyards, avec l'aide des nobles de la Cour (dvoriané) et s'assujettit ces derniers en leur asservissant la classe paysanne, pour se transformer en monarchie absolue, celle des empereurs de Pétersbourg. Le retard de l'ensemble du processus est suffisamment caractérisé par ce fait que le droit de servage, naissant vers la fin du XVIe siècle, établi au XVIIe, atteignit son épanouissement au XVIIIe et ne fut juridiquement aboli qu'en 1861.

Le clergé, après la noblesse, joua dans la formation de l'autocratie tsariste un rôle non négligeable, mais uniquement celui d'un fonctionnariat. L'Église ne s'est jamais haussée en Russie à la puissance dominatrice que le catholicisme eut en Occident : elle se contenta d'un état de domesticité spirituelle auprès des autocrates et elle s'en faisait un mérite d'humilité. Les évêques et les métropolites ne disposaient d'un certain pouvoir qu'à titre de subalternes de l'autorité civile. Il y avait changement de patriarche à l'avènement d'un nouveau tsar. Lorsque la capitale fut établie à Pétersbourg, la dépendance de l'Église à l'égard de l'État devint encore plus servile. Deux cent mille prêtres séculiers et moines constituèrent, en somme, une partie de la bureaucratie, une sorte de police confessionnelle. En récompense, le monopole du clergé orthodoxe dans les affaires de la foi, ses terres et ses revenus, se trouvaient sous la protection de la police générale.

La doctrine slavophile, messianisme d'un pays arriéré, édifiait sa philosophie sur cette idée que le peuple russe et son Église sont profondément démocrates, tandis que la Russie officielle aurait été une bureaucratie allemande, implantée par Pierre Ier. Marx a noté à ce sujet : " C'est pourtant ainsi que les baudets de Teutonie font retomber la responsabilité du despotisme de Frédéric II sur les Français, comme si des esclaves arriérés n'avaient pas toujours besoin de l'aide d'autres esclaves plus civilisés pour faire un indispensable apprentissage. " Cette brève remarque atteint jusqu'au fond non seulement la vieille philosophie slavophile, mais aussi les découvertes toutes contemporaines des "Racistes ".

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