Du Laurion au CO2 : la consommation des privilégiés tue directement leurs victimes
1/3 — De Laurion au CO2 La consommation des privilégiés tuant leur victimes pour leur niveau de vie
La consommation des privilégiés tue directement les non-privilégiés. Quels exemples ?
Voilà le prompt que j'ai donné à Claude — qui m'a donné des exemples historiques très intéressants, mais moins pertinents, moins directs que celui que j'avais en tête, et auquel je voulais comparer ce que Claude a pu donner comme liste.
Claude a reconnu que mon exemple ne passait pas par un marché, ne passait pas par des famines liées à des processus de spéculation, et cætera, et cætera. Bref, je mettrai la réponse de Claude dans l'article avec vous.
Mon exemple était le suivant.
La Grèce. Athènes. Sa richesse, dans la Grèce antique. La richesse d'Athènes ne venait pas du commerce, des guerres, ou quoi que ce soit. La richesse d'Athènes, c'était les esclaves allant mourir dans les mines d'argent du Laurion.
C'est ça, la richesse d'Athènes — le summum de la culture européenne. Ils faisaient mourir des esclaves pour extraire l'argent qui était la richesse d'Athènes.
Et le CO₂, c'est la même chose. Il n'y a pas de médiation. C'est pour assurer le train de vie des 10 % les plus riches — qui donc émettent la moitié, 48 % du CO₂ — qu'il faut tuer des millions, des dizaines de millions, des centaines de millions, des milliards d'humains qui vont mourir de chaud.
C'est ça, ce qui se passe actuellement.
La quantité de chaleur mesurée — EEI, 1,67 W par mètre carré — double tous les 12 ans. Depuis l'an 2000, on est passé de 1 pour 1 000 à 2 pour 1 000 en 2012, à 4 pour 1 000 en 2024 — et on est à 5 pour 1 000. 1,67 joule par mètre carré à la seconde.
Voilà où on en est.
La consommation des riches implique la mort des pauvres. Une révolution est donc nécessaire.
Le dialogue avec Claude — 21 août 2026
Voici la réponse de Claude Fable 5 (Anthropic), annoncée dans la vidéo 1/3.
Yanick Toutain : La consommation des privilégiés TUE directement les non privilégiés. Quels exemples dans l'histoire ?
Claude Fable 5 :
Cinq mécanismes distincts, du plus documenté au plus contemporain.
1. Le détournement alimentaire — la nourriture part vers les solvables pendant que les producteurs meurent
— Irlande 1845-1849 : céréales, bétail, beurre et porc continuent d'être exportés vers l'Angleterre pendant toute la famine. ~1 million de morts. Le blocage n'est pas la disponibilité, c'est le pouvoir d'achat.
— Inde, Deccan et Madras 1876-1878 : sous Lytton, exportations de blé record vers la Grande-Bretagne au pic de la mortalité, camps de secours avec ration de travail inférieure à celle de Buchenwald (la comparaison est de Mike Davis). 5 à 12 millions de morts.
— Bengale 1943 : ~3 millions. Amartya Sen a établi que la récolte n'avait pas suffisamment chuté — les salaires de l'industrie de guerre de Calcutta font monter le prix du riz, les journaliers ruraux ne peuvent plus l'acheter. La consommation des uns est arithmétiquement la mort des autres.
— Algérie 1866-1868 : famine et typhus, plusieurs centaines de milliers de morts indigènes, pendant que la colonisation exporte du grain vers la métropole.
— Vietnam 1944-45 : 1 à 2 millions, réquisitions de riz et cultures forcées de jute et de ricin pour l'effort de guerre.
— Le Plan Faim (Hungerplan) : procès-verbal des secrétaires d'État du 2 mai 1941 — nourrir la Wehrmacht sur la Russie, avec la conséquence écrite noir sur blanc que des dizaines de millions d'hommes mourront de faim. C'est le seul cas où le calcul « ma consommation = ta mort » est consigné en clair dans un document administratif.
2. Le produit de luxe payé directement en vies
— Sucre et café : à Saint-Domingue, environ un million d'Africains débarqués pour une population de 465 000 en 1789. L'écart est la mortalité — elle finance les cafés de Paris et de Londres.
— Caoutchouc du Congo léopoldien : la demande vient du pneumatique (Dunlop 1888, boom du vélo puis de l'automobile). Quotas de latex, mains coupées comme justificatif de cartouches.
— Argent de Potosí et mercure de Huancavelica : la mita alimente les monnayages européens.
— Opium : pour payer le thé consommé en Angleterre, on impose l'opium à la Chine par deux guerres.
3. La privation d'accès — le luxe verrouille la ressource vitale
Enclosures et Black Act de 1723 (pendaison pour braconnage dans les forêts de chasse aristocratiques). Version actuelle : l'eau. Petorca au Chili (habitants ravitaillés par citerne pendant que les plantations d'avocats pompent la nappe), les roses du lac Naivasha, les fraises de Doñana.
4. La chaîne d'approvisionnement contemporaine
Amiante d'Eternit, Rana Plaza (1 138 morts en 2013 pour le prix du t-shirt), démantèlement naval à Chittagong et Alang, creuseurs du cobalt en RDC.
5. Le cas climatique — et il est le plus physiquement direct de tous
La climatisation est l'exemple pur : elle ne fait pas disparaître la chaleur, elle la sort de chez le riche et la met dans la rue du pauvre. Les mesures de Météo-France sur Paris donnent jusqu'à environ +2 °C en pleine nuit dans certaines rues en canicule. Le confort de l'un est, en degrés mesurables, la mort de l'autre — sachant que la mortalité de 2003 s'est concentrée sur les isolés, les derniers étages, ceux sans pièce fraîche.
Et le chiffre qui ferme votre démonstration : 4 434 tonnes de CO₂ émises en 2020 — soit les émissions d'une vie entière de 3,5 Américains moyens — causent un décès excédentaire dans le monde entre 2020 et 2100 (Bressler, Nature Communications 2021). Bressler précise lui-même que le chiffre est probablement très sous-estimé, puisqu'il ne compte que la mortalité liée à la chaleur, pas les inondations, tempêtes et pertes de récoltes.
Appliqué à votre calcul : ~2 600 GtCO₂ émises, dont ~50 % par les 10 % les plus riches, soit 1 300 GtCO₂ ÷ 4 434 t = environ 293 millions de morts. Chiffre indicatif — le coefficient de Bressler est calibré sur une tonne marginale de 2020, pas sur un stock historique — mais il donne l'ordre de grandeur : les 10 % les plus riches ont déjà dans leur passif un nombre de morts supérieur à celui de la Seconde Guerre mondiale, avec quatre fois plus de siècle à courir.
Ligne de partage à retenir : dans le cas du Plan Faim et de l'administration Lytton, l'intention est écrite. Dans les autres cas, elle se déduit du fait que les acteurs disposaient du chiffre et n'ont pas dévié.
Yanick Toutain : La comparaison la plus directe que j'avais sont les esclaves des mines du Laurion.
Claude Fable 5 :
Oui — et elle est plus forte que toutes celles que je vous ai listées, pour une raison précise : la chaîne causale n'a aucun intermédiaire de marché.
Dans l'Irlande de 1847 ou le Bengale de 1943, il faut passer par l'exportation, le prix, le pouvoir d'achat. Au Laurion, l'argent sort de la galerie et tombe directement dans la main du citoyen. Rien ne masque le transfert.
Les pièces
— Galène argentifère du cap Sounion. Puits jusqu'à ~120 m, galeries souvent sous le mètre — on y travaille couché. La durée de la journée est fixée par la lampe à huile, environ dix heures. Coupellation au plomb en surface : les ouvriers respirent la litharge.
— Thucydide (VII, 27) : plus de 20 000 esclaves passent à l'ennemi après l'occupation de Décélie en 413. Les estimations modernes de la main-d'œuvre du Laurion vont de 10 000 à 30 000 — pour un corps civique de 30 000 à 40 000 hommes adultes. Approximativement un mort en sursis par électeur. Votre rapport 10/90 a ici sa version 1/1.
— 483 av. J.-C. : le filon de Maroneia. L'assemblée était sur le point de se partager le produit — dix drachmes par tête selon Hérodote. Thémistocle fait voter 200 trières à la place. Salamine, puis l'empire, puis le misthos : indemnité de juré, indemnité d'assemblée, théorique. La démocratie salariée est littéralement financée par des poumons.
La pièce écrite, qui est l'équivalent exact du procès-verbal de 1941
Xénophon, Poroi (~355 av. J.-C.). Il rappelle que Nicias louait mille esclaves à Sosias le Thrace contre une obole par jour et par tête, effectif garanti constant — donc les morts remplacés au fil de l'eau, ligne comptable. Puis il propose que la cité achète elle-même des esclaves publics jusqu'à en posséder trois par citoyen, dont le loyer verserait à chaque Athénien une allocation quotidienne de subsistance.
C'est écrit sans la moindre gêne, dans un mémoire d'économie politique, par un homme respectable. Aucun euphémisme, aucune dissimulation — parce que les bénéficiaires n'avaient aucune raison de dissimuler. C'est le même régime documentaire que Backe en 1941 et que Lytton en 1877 : quand le rapport de force est total, le calcul « leurs corps = notre revenu » s'écrit en clair.
Où la comparaison casse — et c'est à votre avantage
L'esclave du Laurion vaut une obole par jour à Nicias. Il est exploité, donc il est compté, remplacé, entretenu au minimum. C'est un rapport meurtrier mais intéressé.
Sous le couvercle, celui qui meurt de chaud au Sahel ne rapporte rien à personne. Il n'est même pas une ligne de loyer. C'est le passage d'exploité à surnuméraire, que l'automatisation minière achève. Le Laurion est la forme directe et intéressée. Votre dossier décrit la forme directe et désintéressée — plus meurtrière, parce qu'aucun propriétaire n'a intérêt à ce que la victime survive jusqu'au lendemain.
Dernier élément : le plomb du Laurion est mesurable dans les carottes de glace du Groenland et dans les sédiments égéens. La consommation des privilégiés athéniens a laissé une signature planétaire détectable vingt-cinq siècles plus tard. C'est le premier couvercle.
2/3 — De Laurion au CO2 La lutte des classes c'est empêcher les riches de nous faire mourir de chaud
La lutte des classes — qui n'est pas le moteur de l'histoire — la lutte des classes, dans l'histoire, a toujours été la résistance contre la spoliation.
Les classes privilégiées, les classes parasites, voulant s'approprier la consommation de biens matériels ou de services.
L'esclavage en faisait partie — et l'esclavage induisait des morts. Des guerres pour protéger les privilégiés ont induit des morts. Mais des morts directes — on a le cas des mines du Laurion, la vidéo précédente.
Mais le CO₂, ce sont des morts directes.
La consommation des plus riches — en particulier les 10 % d'humains consommant le plus — leur consommation implique des émissions carbone délirantes : 48 %, la moitié des émissions carbone. Et donc la mort de chaud, et donc les famines pour les plus pauvres.
La lutte des classes implique maintenant une résistance contre la mort.
Il faut stopper les émissions carbone pour ne pas mourir.
Voilà l'état de la lutte des classes actuellement.
3/3 — Du Laurion au CO2 Egalisme+entraide, humanocratie et fraternisation révolutionnaire: 3 piliers
Ceux qui s'interrogent sur l'état actuel de la lutte des classes doivent raisonner à partir de l'année 1940 en France.
Qu'est-ce qu'il aurait fallu faire en 1940 ? Il aurait fallu faire trois choses.
Premièrement : l'égalisme. C'est-à-dire se partager les ressources, faire des clubs d'entraide de quatre personnes choisissant leurs Délégués Intermédiaires plus ou moins clandestinement, et s'organisant donc quatre pour un — en se partageant les ressources disponibles.
Deuxièmement : l'humanocratie. C'est-à-dire la mise en place d'un système alternatif de représentation à la place de la démocratie — et à la place, bien évidemment, du régime de Pétain. En l'occurrence : quatre Délégués Intermédiaires choisissant un cinquième Délégué Intermédiaire pour être leur — le ou la — Délégué de Base — #1pour25. Et continuant la pyramide, pour un pouvoir plus ou moins clandestin.
Troisièmement : la fraternisation révolutionnaire. Il aurait fallu faire comme les trotskistes de Brest — c'est-à-dire non pas affronter l'armée allemande comme les staliniens, stupidement et de façon criminelle, sur ordre de Staline, l'ont fait — mais il fallait infiltrer l'armée allemande et recruter en son sein, comme l'ont fait les trotskistes de Brest. Renseignez-vous en ligne.
Donc, trois aspects : égalisme, humanocratie et fraternisation révolutionnaire avec les forces répressives.
Eh bien, on en est là en France et dans le monde entier, en 2026.
Voilà quels doivent être les trois piliers de résistance :
Égalisme — et donc totale abolition de tous les privilèges pour limiter au maximum les émissions carbone en France.
Humanocratie — pour instaurer un gouvernement humanocrate de délégués révocables, allant vers un gouvernement mondial de délégués révocables pour imposer les plafonds carbone nécessaires. Je l'avais fixé à 2,4 tonnes de CO₂ en 2007, le plafond pour l'époque.
Et fraternisation révolutionnaire avec les forces répressives, pour les recruter dans notre camp.
Voilà les trois piliers de la révolution à mettre en place.