Pour la révolution Sankara en Afrique 3 concepts : statutaire, fonctionnel, comitaire
Pour la révolution Sankara en Afrique, il faut distinguer trois concepts : statutaire, fonctionnel, comitaire.
Statutaire, c'est le processus de désignation des délégués révocables des CDR.
Fonctionnel, c'est la construction d'une fonction publique révolutionnaire, c'est-à-dire un Dia-État, un État qui n'est plus tout à fait un État puisqu'il est formé de délégués révocables du peuple.
Et ce qui est comitaire, ce sont les comités de zone qui gèrent, qui établissent des règles pour les Hcommunes, les Hcantons, les Harrondissements, les Hdistricts, les Hregions, les Hprovinces, les Hfasos, les Hsous-continents, les Hcontinents et même le monde entier.
Les comités en question, ce sont des COMEX comités exécutifs avec autour un comité formé de cinq fois plus de délégués, ceux qui précisément ont désigné les délégués des comités exécutifs, les COMEX.
Statutaire, c'est le processus de désignation. Donc des clubs d'entraide de quatre personnes qui donnent accréditation à un ou une fonctionnaire, un étudiant ou une étudiante. Quatre personnes choisissent leur représentant intermédiaire — DIB, Délégué Intermédiaire de Base. Ça c'est statutaire.
Dans le même processus, cinq DIB — cinq Délégués Intermédiaires de Base — vont se réunir, parmi lesquels forcément, obligatoirement un ou une étudiante, et vont choisir un des quatre fonctionnaires — que j'appelle des fonctionnantes, des fonctionnaires révocables — pour représenter les cinq, et donc représenter les 20 délégateurs et délégatrices, c'est-à-dire les cinq clubs de quatre qui se sont formés. Donc 20 délégateurs-délégatrices, 4 adjoints statutaires dont l'étudiant ou l'étudiante, plus le ou la délégué de base représentant 25 personnes — DB, Délégué de Base.
Le processus va continuer avec cinq Délégués de Base qui choisissent un ou une des cinq pour être Délégué Intermédiaire Conseiller ou Déléguée Intermédiaire Conseillère.
On a donc un CDR de base 25 personnes parmi lesquelles 20 DIB, 4 DB, et le ou la DIC — Délégué Intermédiaire Conseiller ou Conseillère — pour représenter les 100 personnes qui sont à la base, délégateurs ou délégatrices. Ça c'est statutaire.
Ensuite, on va former un Bloc Statutaire en réunissant 25 CDR de base. 25 CDR de base réunissant 25 délégués, on aura donc 625 délégués avec à la base 2 500 délégateurs ou délégatrices.
À ce moment-là, les 25 délégués intermédiaires conseiller.es forment donc une DIRFONCT, une direction fonctionnelle, qui est une sorte de direction de la fonction publique locale.
Mais cette direction-là a un pouvoir d'organisation, puisque les délégués fonctionnaires-fonctionnantes recevront leur directive des fonctionnaires des étages supérieurs, et d'autres directives cette fois-ci des délégués des COMEX — sauf que les délégués des COMEX sont bien évidemment des délégués des DIRFONCT, des délégués désignés par le système statutaire — ce sont les mêmes. Il n'y a pas de séparation dans ce système-là entre la fonction publique révolutionnaire, le Dia-État, et les comités de zone. Il n'y a aucune différence, c'est juste le fonctionnement. C'est-à-dire que les zones sont gérées par les fonctionnaires-fonctionnantes des niveaux les plus élevés dans la zone correspondante.
Le processus en question va aboutir à ce que 20 % de chaque DIRFONCT sera organisé autour d'une couleur politique. On ne va pas reprendre gauche et droite. On va prendre extrême-bâbord, les super-sankaristes, les égalistes, les partisans d'une révolution totale — on ferme les banques tout de suite. On aura bâbord, les sankaristes partiels, les écologistes radicaux mais non-égalistes. On aura le centre, on aura tribord, et on aura extrême-tribord.
Il faut noter une chose extrêmement importante, c'est que le radicalisme ne consiste pas à expulser les droitiers, ne consiste pas à expulser les plus conformistes, même y compris les compradores lorsqu'ils ne sont pas des délinquants. Évidemment, les compradores terroristes doivent être placés en prison après un jugement, un jugement public, pas un enlèvement — un jugement public dans les tribunaux révolutionnaires.
Mais précisément, il est extrêmement important que les électoralistes, partisans de la démocratie coloniale, soient intégrés dans les CDR. C'est fondamental. Les processus actuels de bannissement, retirer la nationalité, sont aussi ridicules et aussi scandaleux d'ailleurs qu'un processus similaire qui consisterait en Europe ou en France à priver du droit de vote des révolutionnaires sankaristes. Moi, ça fait des décennies et des décennies que je n'ai pas participé à un vote. Pour autant, je considérerais comme un scandale extrême qu'on me prive du droit de vote.
De la même façon, en Afrique, il est scandaleux de retirer la possibilité aux conformistes, aux droitiers, aux partisans de Ouattara, Blaise Compaoré et cetera et cetera. Si tant est qu'ils n'ont pas été des criminels évidemment — les Bassolé en question, ou les Soro seraient évidemment exclus du processus — mais les supporters n'ayant pas participé à des actions illégales, les supporters, il faut absolument les intégrer dans les CDR. C'est l'enjeu fondamental.
L'enjeu fondamental est de légitimer le pouvoir du peuple en faisant participer la totalité du peuple, y compris donc les droitiers. Et c'est pour ça que chaque courant politique doit s'intégrer à l'intérieur des CDR — et chaque zone, c'est le fonctionnement structurel, chaque zone doit envoyer à l'étage supérieur, à une zone en général cinq fois plus grande, doit envoyer systématiquement 5 délégués, doit promotionner 5 délégués, pour que 20 % de la population de chaque zone soit systématiquement, structurellement représenté.
Il faut donc que cesse le processus de bannissement au Mali, au Niger ou au Burkina Faso. Si ce sont des délinquants participant au complot terroriste, bah il faut les inculper, les intégrer dans un mandat d'arrêt, intégrer ce mandat d'arrêt dans le mandat d'arrêt du procureur Tessougué, intégrer dans le mandat d'arrêt les donneurs d'ordre, c'est-à-dire Macron, Zelensky, Hollande, Sarkozy — tous ceux qui ont organisé le complot terroriste. Il faut bien évidemment des poursuites judiciaires et demander l'extradition vers le Mali, le Burkina et le Niger de tous ces chefs terroristes — tous ceux qui envoient, ou qui financent, ou qui arment les criminels terroristes.
Mais je parle d'autre chose. Je parle de gens qui ont le cœur, la pensée, ayant une sympathie ou une ancienne sympathie pour le MNLA, ou des égarés qui auraient pu croire momentanément que Mariko ou Iyad ag Ghali pouvait représenter quelque chose — soit de l'islam, soit de la démocratie coloniale positive mélenchoniste ou que sais-je encore. Ces gens-là, il faut absolument les intégrer, si même y compris Mariko. Si pour Mariko n'est pas établie une liste précise de comportements criminels, de sa complicité effective dans le complot terroriste FLA. Bon, certes, il y a la visite pour la libération d'otages, mais l'objectif est que les partisans de Mariko, ceux du 22 mars par exemple, soient intégrés dans les CDR.
Il faut des CDR les plus larges possibles. Le raisonnement de Lénine consistant à exclure la bourgeoisie des Soviets était de la sénilité, de la sénilité précoce. De la même façon que Lénine en 1920 en train de cracher sur Gorter, en train de cracher sur Sylvia Pankhurst — l'extraordinaire femme révolutionnaire de Grande-Bretagne — ce fut une erreur fondamentale. Il fallait absolument que la bourgeoisie reste dans les Soviets, vienne dans les Soviets. Les droitiers étaient présents dans les Soviets d'ailleurs en mars 1917. Il fallait pas les sortir, il fallait les convaincre de rester au prorata évidemment du nombre de leurs délégateurs, au prorata du nombre de gens leur accordant crédit, les accréditant.
Il faut une proportionnalité intégrale. Et c'est dans cette proportionnalité intégrale que l'aile extrême-bâbord — l'aile babord de l'aile extrême-bâbord dont je suis, les 4 % les plus radicaux — tenteront de convaincre les autres d'adopter des mesures de plus en plus radicales, mais dans un processus dans lequel toute la population participe.
C'est ça l'enjeu.
Et donc statutaire — désignation ; fonctionnel — la fonction publique révolutionnaire, le Dia-État, un État qui ressemble à celui que la Commune de Paris préconisait — des délégués révocables en permanence par le peuple ; et ce qui est comitaire — les comités de zone avec leur comité exécutif, mais dont les membres sont tous bien évidemment des délégués révocables 24h sur 24.
CDR en avant. Thomas Sankara est avec nous.


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