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mercredi 15 juin 2016

#BacPhilo 88% de charlatanisme des Clowns Titrés Professeurs de philosophie dénoncés par Lénine




par Yanick Toutain
REVACTU
15/6/2016




"Grâce à l'application - inconsciente - de la loi hégélienne du passage de la quantité à la qualité, Mendeléiev avait réalisé un exploit scientifique qui peut hardiment se placer aux côtés de celui de Leverrier calculant l'orbite de la planète Neptune encore inconnue. Dans la biologie comme dans l'histoire de la société humaine, la même loi se vérifie à chaque pas, mais nous voulons nous en tenir ici à des exemples empruntés aux sciences exactes, puisque c'est ici que les quantités peuvent être exactement mesurées et suivies.
Sans aucun doute ces mêmes messieurs qui ont jusqu'à présent taxé de mysticisme et de transcendentalisme incompréhensible la loi du passage de la quantité à la qualité vont-ils déclarer maintenant qu'il s'agit là de quelque chose de tout à fait évident, de banal et de plat qu'ils ont utilisé depuis longtemps et qu'ainsi on ne leur a rien appris de nouveau. Mais cela restera toujours un haut fait historique d'avoir exprimé pour la première fois une loi générale de l'évolution de la nature, de la société et de la pensée sous sa forme universellement valable. Et, si ces messieurs ont depuis des années laissé se convertir l'une en l'autre quantité et qualité sans savoir ce qu'ils faisaient, il faudra bien qu'ils se consolent de concert avec le monsieur Jourdain de Molière, qui avait lui aussi fait de la prose toute-sa vie sans en avoir la moindre idée"
(Engels Dialectique de la Nature)



Dans un pays barbare dont un des pires salopards -Bolloré - peut enlever un jeune Africain de 14 ans, le séquestrer, l'emmener de force dans un champ, le costumer, exiger qu'il mente sur son âge réel (14 ans) dans le but de fabriquer une vidéo destinée aux actionnaires esclavagistes ayant réunion à Paris, la science est morte.
Elle n'est plus qu'un simulacre.
L'épreuve de philosophie de ce matin en France est une farce.
Une farce organisée par des clowns titrés professeurs de philosophie.
Leurs salaires sont le recel du vol commis par Bolloré sur ses paysans payés 50 euros par mois.
Dans un tel pays, il faut un coup d'Etat.
Ce matin les jeunes de 17 ans sont occupés à baratiner des réponses stupides à des profs imbéciles plutôt que de faire la révolution pour renverser ce régime barbare.
Ce matin, les jeunes de 17 ans écrivent des âneries plutôt que de crier Hollande DEGAGE !





Les vrais sujets du Bac de philo, par filières :


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BACCALAUREAT GENERAL
Série littéraire (L)- 1er sujet : Nos convictions morales sont-elles fondées sur l'expérience?
pseudo sujet de gnoséologie.
Aucun moyen de traiter sérieusement le rôle de l'expérience dans la connaissance de la réalité en soi.
Charabia.


- 2e sujet : Le désir est-il par nature illimité?
Pseudo psychologie à deux balles.
Ce n'est pas de la philosophie.

- Explication d'un texte extrait de "Vérité et politique" de Hannah Arendt
(1964)

Hannah Arendt n'a RIEN à voir avec la science philosophique !
Elle l'avouait elle-même


Hannah Arendt, née Johanna Arendt1 à Hanovre le  et morte le  à New York, est une philosophe allemande naturalisée américaine, connue pour ses travaux sur l’activité politique, letotalitarisme et la modernité.
Elle soulignait toutefois que sa vocation n'était pas la philosophie mais la théorie politique (« Mein Beruf ist politische Theorie »)2. C'est pourquoi elle se disait « politologue » (« political scientist »)3 plutôt que philosophe. Son refus de la philosophie est notamment évoqué dans Condition de l'homme moderne où elle considère que« la majeure partie de la philosophie politique depuis Platon s'interpréterait aisément comme une série d'essais en vue de découvrir les fondements théoriques et les moyens pratiques d'une évasion définitive de la politique4. ».
Série économique et sociale (ES)- 1er sujet : Savons-nous toujours ce que nous désirons?
Baratin pseudo psychologique sur la volonté et le désir.


- 2e sujet : Pourquoi avons-nous intérêt à étudier l'histoire?
Cela pourrait être un sujet d'humanologie.
Mais quel rapport direct avec la philosophie ?
histoire des organismes vivants ?
histoire des structures inanimées ?
Autant demander si cela a un intérêt de faire de la science....
L'alternative étant de devenir un clown titré professeur et faire recel des pillages esclavagistes Franceàfric.... avec de la guimauve dans le crâne !


- Explication d'un texte extrait de "Principes de la philosophie" de René
Descartes (1644) 
Parce que nous savons que l'erreur dépend de notre volonté, et que personne n'a la volonté de se tromper, on s'étonnera peut-être qu'il y ait de l'erreur en nos jugements. Mais il faut remarquer qu'il y a bien de la différence entre vouloir être trompé et vouloir donner son consentement à des opinions qui sont cause que nous nous trompons quelquefois. Car encore qu'il n'y ait personne qui veuille expressément se méprendre, il ne s'en trouve presque pas un qui ne veuille donner son consentement à des choses qu'il ne connaît pas distinctement: et même il arrive souvent que c'est le désir de connaître la vérité qui fait que ceux qui ne savent pas l'ordre qu'il faut tenir pour la rechercher manquent de la trouver et se trompent, à cause qu'il les incite à précipiter leurs jugements, et à prendre des choses pour vraies, desquelles ils n'ont pas assez de connaissance.
René DESCARTESPrincipes de la philosophie (1644)
.
Cela pourrait être de la gnoséologie.
Mais dans un charabia aussi stupide que le commencement idéaliste de la quête de Descartes.
Infliger ce salmagondis à des jeunes de 17 ans en 2016 est de la cruauté mentale.
On peut prendre le temps de rigoler du corrigé modèle de Mathias Roux sur Philomag
Conclusion.
Descartes résout le problème classique de l’origine de l’erreur. La connaissance de la vérité et l’erreur ont la même origine : le désir de connaître. Ce n’est donc pas la raison en elle-même qu’il faut corriger pour progresser dans la découverte de la vérité, mais notre désir de connaissance qui doit être maîtrisé et encadré. C’est tout le rôle de la méthode qui a pour but d’éviter de penser ce que l’on a envie de penser ou de soutenir une opinion uniquement parce qu’on se sent dans l’obligation d’en avoir  une comme c’est trop souvent le cas.
Par MATHIAS ROUX
Il n'a pas songé à introduire les caractéristiques différentes du critère d'erreur chez l'idéaliste, chez le positiviste et chez le matérialiste.
Ce qui aurait pu faire de ce sujet un véritable thème de gnoséologie.
Série scientifique (S) -
1er sujet : Travailler moins, est-ce vivre mieux?
On a eu droit au sujet "croyance" pour les suppôts salafistes wahhabistes, voici donc le sujet pour la CGT, le NPA et les faux anars CNT
Mais ce n'est pas de la philosophie !

- 2e sujet : Faut-il démontrer pour savoir?

Le mot "savoir" donne un vernis gnoséologique.
mais cela s'arrête là.
Définitions Web
Prouver d’une manière évidente et convaincante; Fournir la preuve ou l’indice de quelque chose; Montrer, mettre sous les yeux, en parlant des leçons expérimentales dans telle ou telle science
  1. http://fr.wiktionary.org/wiki/démontrer
On pourrait tout aussi bien s'amuser à produire un autre sujet
- 2e sujet : Faut-il SAVOIR pour DEMONTRER?
Par ailleurs, le mot "démontrer" est suffisamment auberge espagnole pour qu'un prof puisse aussi bien saquer que survaloriser une copie.
Démontrer pouvant s'appliquer tout autant à une pseudo démonstration de mathématique continuiste (truffée d'absurdités) qu'à la simple présentation factuelle d'une chose visant à prouver (sans le faire) une thèse.


Il suffit de voir deux escrocs anti philosophie servir de prétendue démonstration de cette thèse pour se rendre compte qu'on est loin de la véritable philosophie


Partie I.
La nécessité de la démonstration
Aristote affirmait qu’on ne sait vraiment que ce qu’on sait enseigner. Il n’est pas douteux en effet que celui qui par didactisme explique en utilisant des syllogismes comment atteindre un certain résultat non seulement montrera qu’il maîtrise son savoir, mais, de surcroît, qu’il le rend transmissible. Dans le Ménon, Platon explique que s’il y a bien un savoir fondé sur la seule expérience, ce savoir reste pauvre. Ainsi on ne pourrait pas dire qu’un homme à qui on demande comment se rendre dans la ville de Larisse depuis Athènes posséderait véritablement le savoir de l’itinéraire s’il était obligé d’accompagner le voyageur pour lui montrer à chaque fois où il faut tourner.
La démonstration apporte donc au savoir sa valeur d’universalité. (
Par NICOLAS TENAILLON)
Aristotélès (Aristote), gigolo des assassins de Macédoine, pute de Philippe, péripatéticien d'Alexandre le psychopathe.... ennemi de Puthagoras.... sert de PREUVE ??!!
Plato, (Platon) idéaliste délirant , esclavagiste criminel...... sert de PREUVE ???!!

Mais on va, dans la conclusion de ce "corrigé" prétendument modèle sombrer corps et biens
Conclusion.
Il semble évident enfin qu’il y a des savoirs qui, par essence, ne relèvent pas de la démonstration. En art, le génie possède un véritable savoir créateur, mais, comme l’explique Kant dans la Critique de la Faculté de juger, ce savoir, le génie serait bien en mal de l’enseigner. C’est ce point que Schopenhauer évoque dans l’anecdote ci-dessus mentionnée. Mais de tous les savoirs, celui qui prétend le moins à la démonstration est sans doute celui, métaphysique, de la religion. Certes, on a plusieurs fois voulu démontrer que Dieu existe, mais le domaine propre de la théologie est celui de la vérité révélée. Ici le savoir relève de l’expérience, de la rencontre. La foi est un savoir fragile aux yeux de la raison, mais c’est un savoir suffisant pour le croyant qui ne mourrait pas pour défendre un syllogisme.  
la théologie faisant irruption tout à coup dans un devoir qui se veut scientifique......"La foi est un savoir fragile aux yeux de la raison, mais c’est un savoir suffisant pour le croyant qui ne mourrait pas pour défendre un syllogisme.  "


- Explication d'un texte extrait du "Prince" de Machiavel (1532)
.
BACCALAUREAT TECHNOLOGIQUE
Toutes les séries (sauf TDM - techniques de la musique et de la danse)- 1er sujet : Pour être juste, suffit-il d'obéir aux lois?
J'ai eu la réponse à 13 ans en lisant Sophocle
mais ce n'est pas de la philosophie


CRÉON Et tu as osé transgresser mes lois ? 
ANTIGONE Ce n'est pas Zeus qui les avait proclamées, 450 Ni la Justice qui siège à côté de Dieux infernaux ; Ce ne sont pas ces lois qu'ils ont fixées pour les hommes : Et je ne pensais pas que tes proclamations fussent assez fortes 20 Pour permettre à un homme, à un simple mortel, De transgresser les lois non écrites et immuables des Dieux. Elles ne datent ni d'aujourd'hui, ni d'hier, Elles sont toujours En vigueur, et nul ne sait depuis quand elles existent. Je n'allais, pas moi, céder à la crainte qu'inspire un homme, Quel qu'il soit, et avoir à en répondre devant les Dieux ; Je savais qu'il me fallait mourir - comment l'ignorer ? - Même si tu n'avais fait aucune proclamation. Si je meurs Avant mon heure, je dis que j'ai tout à y gagner ; Quiconque est plongé dans d'innombrables malheurs Durant sa vie, comment n'aurait-il rien à gagner en mourant ? Pour ma part, subir un tel sort, cela ne représente pour moi Aucune souffrance ; mais si j'avais accepté qu'un enfant Né de ma mère soit à sa mort privé de sépulture, C'eût été pour moi une souffrance ; ceci n'en représente aucune. S'il te semble que je commets une folie, Il se peut que je sois traitée de folle par un fou. 
LE CORYPHÉE L'on voit bien l'intraitable caractère de cette enfant, elle est digne De son Intraitable père ; elle ne sait pas céder à l'infortune. 



- 2e sujet : Pouvons-nous toujours justifier nos croyances?

JUSTIFIER ?
C'est de la philosophie ça ?!!
- 3e sujet : Explication d'un extrait de "Causeries" de Maurice
Merleau-Ponty (1948)
Même quand les peintres travaillent sur des objets réels, leur but n’est jamais d’évoquer l’objet même, mais de fabriquer sur la toile un spectacle qui se suffit. La distinction souvent faite entre le sujet du tableau et la manière[1] du peintre n’est pas légitime parce que, pour l’expérience esthétique, tout le sujet est dans la manière dont le raisin, la pipe ou le paquet de tabac est constitué par le peintre sur la toile. Voulons-nous dire qu’en art la forme seule importe, et non ce qu’on dit ? Nullement. Nous voulons dire que la forme et le fond, ce qu’on dit et la manière dont on le dit ne sauraient exister à part. Nous nous bornons en somme à constater cette évidence que, si je peux me représenter d’une manière suffisante, d’après sa fonction, un objet ou un outil que je n’ai jamais vu, au moins dans ses traits généraux, par contre les meilleures analyses ne peuvent me donner le soupçon de ce qu’est une peinture dont je n’ai jamais vu aucun exemplaire. Il ne s’agit donc pas, en présence d’un tableau, de multiplier les références au sujet, à la circonstance historique, s’il en est une, qui est à l’origine du tableau.
Maurice MERLEAU-PONTYCauseries (1948)


88% DE CHARLATANISME PSEUDO PHILOSOPHIQUE



Sur 16 thèmes de dissertation, un seul est de la philosophie. Un thème de gnoséologie.
Gnoséologie matérialiste d'ailleurs - mais cela a dû échapper à la plupart des inspecteurs généraux - bons positivistes charlatans.
 "Le réel se réduit-il à ce que l'on en perçoit ?" (série L)
Un thème Inaccessible à plus de 98% des élèves de terminale qui ne connaissent d'ailleurs pas ce mot "gnoséologie"
Le reste est du charlatanisme pur et simple.
Parmi les 15, un thème permettrait - à un élève brillant - de traiter aussi de gnoséologie
Toutes les croyances se valent-elles ? (séries technologiques)
Mais il est visible que, plutôt que de gnoséologie sur la connaissance ou non du réel, il s'agit en fait de permettre de distribuer quelques points aux zélotes de DAECH, Al Qaeda, Tariq Ramadan, UOIF, Youssouf Qaradawi, anti-Charlie pour que les universités puissent voir arriver des uniformes terroristes supplémentaires à la rentrée 2016.
Aucun examinateur ne s'attend à lire une citation de Lénine.
Ou si, mais en défense de Berkeley
"L'existence de la matière, dit Berkeley, ou des choses non perçues n'a pas seulement été le principal point d'appui des athées et des fatalistes; l'idolâtrie, sous toutes ses formes, repose sur le même principe"




Les sujets du bac L :Sujet 1: Le réel se réduit-il à ce que l'on en perçoit ?
1/1 sujet de philosophie
Sujet 2: La politique est-elle l'affaire de tous ?
Ce n'est pas parce que le charlatan Plato (Platon) faux philosophe idéologue a écrit un ouvrage ayant
1/2 sujets de philosophie
Sujet 3: Commentaire d'un extrait de "Doctrine de la vertu" de Kant.
 1/3 sujets de philosophie
Les sujets du bac ES :Sujet 1: L'histoire peut-elle éclairer l'avenir ?
Canada Dry.
1/4 sujets de philosophie
Sujet 2: Etre libre, est-ce ne rencontrer aucun obstacle ?
Pas de la philo. Auto Programmation Algorithmique
1/5 sujets de philosophie
Sujet 3: Commentaire d'un extrait de "De l'amitié" de Cicéron.
 1/6 sujets de philosophie
Les sujets du bac S :Sujet 1: Le désir nous éloigne-t-il du vrai ?
Psychologie à deux balles.
1/7 sujets de philosophie
Sujet 2: La technique ne sert-elle qu'à nous rendre maîtres de la nature ?
Pas de la philo
1/8 sujets de philosophie
Sujet 3: Commentaire d'un extrait "Traité politique" de Spinoza.
 la Politique n'est pas de la philo.
Cela relève de l'humanologie.
1/9 sujets de philosophie 
Les sujets des séries technologiques :Sujet 1 : Pouvons-nous nous passer de l'art ?
Cela pourrait - hors le ridicule aspect subjectif - être un sujet d'humanologie postmarxiste.
Il serait reformulé : tenter d'expliquer pourquoi l'art semble presque aussi ancien que la capacité à Découvrir ou à Inventer parmi les humains du Paléolithique
1/10 sujets de philosophie
Sujet 2 : Toutes les croyances se valent-elles ?
Comme vu ci-dessus, c'est un sujet Canada Dry ressemblant à de la gnoséologie.
1,5/11 sujets de philosophie


Sujet 3 : Commentaire d'un extrait de "Cahiers pour une morale" de Sartre.
1,5/12 sujets de philosophie

1 1/2 SUJETS DE PHILOSOPHIE SUR 12
Bilan scandaleux une nouvelle fois
UN TOUT PETIT PEU DE GNOSEOLOGIE
Gnosélogie pour des élèves ne connaissant quasiment rien du distingo matérialisme, positivisme, idéalisme

RIEN SUR LA MATERIOLOGIE DIALECTIQUE
Rien sur les lois de la dialectique découvertes par Engels
Ces élèves s'imagineront CONNAITRE la philosophie quand ils auront été peinturluré d'un vernis par des clowns titrés professeurs.
Mais ils seront incapable de comprendre cette citation
Grâce à l'application - inconsciente - de la loi hégélienne du passage de la quantité à la qualité, Mendeléiev avait réalisé un exploit scientifique qui peut hardiment se placer aux côtés de celui de Leverrier calculant l'orbite de la planète Neptune encore inconnue. Dans la biologie comme dans l'histoire de la société humaine, la même loi se vérifie à chaque pas, mais nous voulons nous en tenir ici à des exemples empruntés aux sciences exactes, puisque c'est ici que les quantités peuvent être exactement mesurées et suivies.
Sans aucun doute ces mêmes messieurs qui ont jusqu'à présent taxé de mysticisme et de transcendentalisme incompréhensible la loi du passage de la quantité à la qualité vont-ils déclarer maintenant qu'il s'agit là de quelque chose de tout à fait évident, de banal et de plat qu'ils ont utilisé depuis longtemps et qu'ainsi on ne leur a rien appris de nouveau. Mais cela restera toujours un haut fait historique d'avoir exprimé pour la première fois une loi générale de l'évolution de la nature, de la société et de la pensée sous sa forme universellement valable. Et, si ces messieurs ont depuis des années laissé se convertir l'une en l'autre quantité et qualité sans savoir ce qu'ils faisaient, il faudra bien qu'ils se consolent de concert avec le monsieur Jourdain de Molière, qui avait lui aussi fait de la prose toute-sa vie sans en avoir la moindre idée
(Engels Dialectique de la Nature)

LIRE LE TEXTE DE ENGELS

(Développer le caractère général de la dialectique en tant que science des connexions, en opposition à la métaphysique.) C'est donc de l'histoire de la nature et de celle de la société humaine que sont abstraites les lois de la dialectique. Elles ne sont précisément rien d'autre que les lois les plus générales de ces deux phases du développement historique ainsi que de la pensée elle-même. Elles se réduisent pour l'essentiel aux trois lois suivantes: - la loi du passage de la quantité à la qualité et inversement; - la loi de l'interpénétration des contraires; - la loi de la négation de la négation. Toutes trois sont développées à sa manière idéaliste par Hegel comme de pures lois de la pensée : la première dans la minière partie de la Logique, dans la doctrine de l'Être ; la seconde emplit toute la deuxième partie, de beaucoup la plus importante, de sa Logique, la doctrine de l'Essence ; la troisième enfin figure comme loi fondamentale pour l'édification du système tout entier. La faute consiste en ce que ces lois sont imposées d'en haut à la nature et à l'histoire comme des lois de la pensée au lieu d'en être déduites. Il en résulte toute cette construction forcée, à faire souvent dresser les cheveux sur la tête : qu'il le veuille ou non, le monde doit se conformer à un systè- me logique, qui n'est lui-même que le produit d'un certain stade de développement de la pensée humaine. Si nous inversons la chose, tout prend un aspect très simple, et les lois dialectiques, qui dans la philosophie idéaliste paraissent extrêmement mystérieuses, deviennent aussitôt simples et claires comme le jour.
D'ailleurs quiconque connaît tant soit peu son Hegel sait bien que celui-ci, dans des centaines de passages, s'entend à tirer de la nature et de l'histoire les exemples les plus péremptoires à l'appui des lois dialectiques. Nous n'avons pas ici à rédiger un manuel de dialectique, mais seulement à montrer que les loi§ dialectiques sont de véritables lois de développement de la nature, c'est-à-dire valables aussi pour la science théorique de la nature. Aussi ne pouvonsnous entrer dans l'examen. détaillé de la connexion interne de ces lois entre elles. 1. Loi du passage de la quantité à la qualité et inversement. Nous pouvons, pour notre dessein, exprimer cette loi en disant que dans la nature, d'une façon nettement déterminée pour chaque cas singulier, les changements qualitatifs ne peuvent avoir lieu que par addition ou retrait quantitatifs de matière ou de mouvement (comme on dit, d'énergie). Toutes les différences qualitatives dans la nature reposent soit Sur Une composition chimique différente, soit sur des quantités ou des formes différentes de mouvement (d'énergie), soit, ce qui est presque toujours le cas, sur les deux à la fois. Il est donc impossible de changer la qualité d'aucun corps sans addition ou retrait de matiè- re ou de mouvement, c'est-à-dire sans modification quantitative du corps en question. Sous cette forme, la mystérieuse proposition de Hegel n'apparaît donc pas seulement tout à fait rationnelle, mais même assez évidente. Il est sans doute à peine nécessaire d'indiquer que même les différents états allotropiques et d'agrégation des corps reposent, parce qu'ils dépendent d'un groupement moléculaire différent, sur une quantité plus ou moins grande du mouvement communiqué à ces corps. Mais que dire du changement de forme du mouvement ou, comme on dit, de l'énergie ? Lorsque nous transformons de la chaleur en mouvement mécanique ou inversement, la qualité est pourtant modifiée et la quantité reste la même ? Tout à fait exact. Mais il en est du changement de forme du mouvement comme du vice de Heine: chacun pour soi peut être vertueux, mais pour le vice il faut toujours être deux 1. Le changement de forme du mouvement est toujours un processus qui s'effectue entre deux corps au moins,, dont l'un perd une quantité déterminée de mouvement de la première qualité (par exemple de chaleur), tandis que l'autre reçoit une quantité correspondante de mouvement de l'autre qualité (mouvement mécanique, électricité, décomposition chimique). Quantité et qualité se correspondent donc ici de part et d'autre et réciproquement. jusqu'ici on n'a pas réussi à l'intérieur d'un corps singulier isolé à convertir du mouvement d'une forme dans l'autre. Il n'est question ici pour l'instant que de corps inanimés; la même loi est valable pour les corps vivants, mais elle procède en eux dans des conditions très complexes, et aujourd'hui encore la mesure quantitative nous est souvent impossible. Si nous nous représentons un corps inanimé quelconque divisé en particules de plus en plus petites, il ne se produit tout d'abord aucun changement qualitatif. Mais il y a une limite : si, comme dans l'évaporation, nous parvenons à libérer les molécules isolées, nous pouvons certes, dans la plupart des cas, continuer encore à diviser celles-ci, mais seulement au prix d'un changement total de la qualité. La molécule se décompose en ses atomes, qui ont isolément des propriétés tout à fait différentes de celles de la molécule. Dans le cas des molécules qui se composent d'éléments chimiques différents, la molécule composée est remplacée par des molécules ou des atomes de ces corps simples eux-mêmes; dans le cas des molécules des éléments apparaissent les atomes libres, qui ont des effets qualitatifs tout à fait différents: les atomes libres de l'oxygène à l'état naissant produisent en se jouant ce que les atomes de l'oxygène atmosphérique liés dans la molécule ne réalisent jamais. Mais la molécule elle-même est déjà qualitativement différente de la masse du corps physique dont elle fait partie. Elle peut accomplir des mouvements indépendamment de cette masse et tandis qu'en apparence celle-ci reste en repos, par exemple des vibrations caloriques; elle peut, grâce à un changement de position ou de liaison avec les molécules voisines, faire passer le corps à un état d'allotropie ou d'agrégation différent, etc. Nous voyons donc que l'opération purement quantitative de la division a une limite, où elle se convertit en une différence qualitative : la masse ne se compose que de molécules, mais elle est quelque chose d'essentiellement différent de la molécule, comme celle-ci l'est à son tour de l'atome. C'est sur cette différence que repose la séparation de la mécanique, science des masses célestes et terrestres, de la physique, mécanique des molécules, et de la chimie, physique des atomes. Dans la mécanique, on ne rencontre pas de qualités ; tout au plus des états comme l'équilibre, le mouvement, l'énergie potentielle, qui tous reposent sur la transmission mesurable du mouvement et qui peuvent eux-mêmes s'exprimer quantitativement. Donc, dans la mesure où un changement qualitatif se produit, il est déterminé par un changement quantitatif correspondant. En physique les corps sont traités comme chimiquement invariables ou indiffé- rents ; nous avons affaire aux modifications de leurs états moléculaires et au changement de forme du mouvement, changement qui, dans tous les cas, au moins d'un des deux côtés, met en jeu les molécules. Ici, toute modification est une conversion de la quantité en qualité, une conséquence d'un changement quantitatif de la quantité du mouvement, quelle qu'en soit la forme, qui est inhérent au corps ou qui lui est communiqué. Ainsi, par exemple, le degré de température de l'eau est tout d'abord indifférent relativement à sa liquidité; mais, si l'on augmente ou diminue la température de l'eau liquide, il survient un point où cet état de cohésion se modifie et où l'eau se change d'une part en vapeur et d'autre part en glace. (HEGEL, Encycl., Éd. Complète, tome VI, p. 217 1.) Ainsi, il faut une intensité minimum déterminée du courant pour porter à l'incandescence le fil de platine (de la lampe électrique) ; ainsi, chaque métal a sa température d'incandescence et de fusion, chaque liquide son point de congélation et son point d'ébullition, fixes pour une pression connue, - dans la mesure où nos moyens nous permettent de réaliser la température en question; ainsi, enfin, chaque gaz a lui aussi son point critique où la pression et le refroidissement le rendent liquide. En un mot, les soi-disant constantes de la physique ne sont en majeure partie pas autre chose que la désignation de points nodaux, auxquels un apport ou un retrait quantitatifs de mouvement entraînent dans l'état du corps en question une modification qualitative, donc où la quantité se convertit en qualité. Cependant le domaine dans lequel la loi de la nature découverte par Hegel connaît ses triomphes les plus prodigieux est celui de la chimie. On peut définir la chimie comme la science des changements qualitatifs des corps qui se produisent par suite d'une composition quantitative modifiée. Cela, Hegel lui-même le savait déjà (Logique, éd.. compl. III, p. 433) 1. Soit l'oxygène: si, au lieu des deux atomes habituels, trois atomes s'unissent pour former une molécule, nous avons l'ozone, corps qui par son odeur et ses effet se distingue d'une façon bien déterminée de l'oxygène ordinaire. Et que dire des proportions différentes dans lesquelles l'oxygène se combine à l'azote ou au soufre et dont chacune donne un corps qualitativement différent de tous les autres ! Quelle différence entre le gaz hilarant (protoxyde d'azote N2O) et l'anhydride azotique (pentoxyde d'azote N2O5) ! Le premier est un gaz, le second, à la température habituelle, un corps solide et cristallisé. Et pourtant toute la différence dans la combinaison chimique consiste en ce que le second contient cinq fois plus d'oxygène que le premier. Entre les deux se rangent encore trois autres oxydes d'azote NO, N2O3, NO2), qui tous se différencient qualitativement des deux premiers et sont diffé- rents entre eux. Ceci apparaît d'une façon plus frappante encore dans les séries homologues des carbures, notamment des hydrocarbures les plus simples. Des paraffines normales, la première de la série est le méthane CH4 ; ici les 4 valences de l'atome de carbone sont saturées par 4 atomes d'hydrogène. La seconde, l'éthane C2H6 comprend deux atomes de carbone qui ont échangé une valence, et les six valences libres sont saturées par six atomes d'hydrogène. Et ainsi de suite, C3 H8, C4 H10, etc., selon la formule algébrique Cn H2n+2, si bien qu'en ajoutant dans chaque cas CH2, on obtient chaque fois un corps qualitativement différent du précédent. Les trois premiers termes de la série sont des gaz; le dernier connu, l'hexadécane C16 H34, est un solide avec comme point d'ébullition 270º C. Il en est de même des alcools primaires de formule Cn H2n+2 O, (théoriquement) dérivés des paraffines, et des acides gras monobasiques (formule Cn H2n O2,). Quelle différence qualitative peut provoquer l'addition quantitative de C3 H6 ? L'expérience nous l'apprend si nous consommons de l'alcool éthylique C2 H6 O sous une forme assimilable quelconque sans addition d'autres alcools, et si une autre fois nous prenons le même alcool éthylique, mais additionné légèrement d'alcool amylique C5 H12 O, qui constitue l'élément essentiel de l'infâme tord-boyaux. Notre tête s'en apercevra certainement le lendemain matin et à ses dépens; si bien qu'on pourrait dire que l'ivresse et ensuite le mal aux cheveux sont également la conversion en qualité d'une quantité... d'alcool éthylique d'une part, de ce C3 H6, ajouté d'autre part. Cependant nous rencontrons dans ces séries la loi de Hegel sous une autre forme encore. Les premiers termes n'admettent qu'une seule disposition réciproque des atomes. Mais, si le nombre des atomes qui constituent une molécule atteint une grandeur déterminée pour chaque série, le groupement des atomes dans la molécule peut s'opérer de façon multiple ; de la sorte on peut rencontrer deux corps isomères ou plus qui ont le même nombre d'atomes C, H, O par molécule, mais qui sont pourtant qualitativement différents. Nous pouvons même calculer combien il y a de tels isomères possibles pour chaque terme de la série. Ainsi dans la série de paraffines il y en a deux pour C4 H10, trois pour C5 H12 ; pour les termes supérieurs le nombre des isomères possibles augmente très rapidement. C'est donc ici derechef la quantité des atomes par molécule qui détermine la possibilité et, dans la mesure où elle est prouvée par l'expérience, l'existence effective de tels corps isomères qualitativement différents. Il y a plus De l'analogie des corps qui nous sont connus dans chacune des séries, nous pouvons tirer des conclusions sur les propriétés physiques des termes encore inconnus de la série et, tout au moins pour ceux qui suivent immédiatement les termes connus, prédire avec une certaine certitude ces propriétés, point d'ébullition, etc. Enfin la loi de Hegel n'est pas valable seulement pour les corps composés, mais aussi pour les éléments chimiques eux-mêmes. Nous savons maintenant « que les propriétés chimiques des éléments sont une fonction périodique de leurs poids atomiques ». (ROSCOE-SCHORLEMMER : Manuel complet de chimie, tome II, p. 823) 1, que leur qualité est donc déterminée par la quantité de leur poids atomique. Et la confirmation en a été fournie d'une façon éclatante. Mendeléiev démontra que dans les séries, rangées par poids atomiques croissants, des éléments apparentés, on rencontre diverses lacunes, qui indiquent qu'il y a là de nouveaux éléments restant à découvrir. Il décrivit à l'avance les propriétés chimiques générales d'un de ces élé- ments inconnus qu'il appela l'Ekaaluminium, parce qu'il suit l'aluminium dans la série qui, commence par ce corps 2, et il prédit approximativement son poids spécifique et atomique ainsi que son volume atomique. Quelques années plus tard Lecoq de Boisbaudran découvrait effectivement cet élément, et les prédictions de Mendeléiev se trouvèrent exactes à de très légers écarts près. L'Ekaaluminium était réalisé dans le gallium (ibid., p. 828). Grâce à l'application - inconsciente - de la loi hégélienne du passage de la quantité à la qualité, Mendeléiev avait réalisé un exploit scientifique qui peut hardiment se placer aux côtés de celui de Leverrier calculant l'orbite de la planè- te Neptune encore inconnue 3. Dans la biologie comme dans l'histoire de la société humaine, la même loi se vérifie à chaque pas, mais nous voulons nous en tenir ici à des exemples empruntés aux sciences exactes, puisque c'est ici que les quantités peuvent être exactement mesurées et suivies.
Sans aucun doute ces mêmes messieurs qui ont jusqu'à présent taxé de mysticisme et de transcendentalisme incompréhensible la loi du passage de la quantité à la qualité vont-ils déclarer maintenant qu'il s'agit là de quelque chose de tout à fait évident, de banal et de plat qu'ils ont utilisé depuis longtemps et qu'ainsi on ne leur a rien appris de nouveau. Mais cela restera toujours un haut fait historique d'avoir exprimé pour la première fois une loi générale de l'évolution de la nature, de la société et de la pensée sous sa forme universellement valable. Et, si ces messieurs ont depuis des années laissé se convertir l'une en l'autre quantité et qualité sans savoir ce qu'ils faisaient, il faudra bien qu'ils se consolent de concert avec le monsieur Jourdain de Molière, qui avait lui aussi fait de la prose toute-sa vie sans en avoir la moindre idée

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