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mercredi 4 mai 2011

Football : Le texte sur l'équipe de France que Agoravox avait censuré en novembre 2009 : "Tricheur, truqueur, menteur, sans honneur : le footballeur français sarkozyste" par Yanick Toutain

Il y a des censeurs fascistes de la France à fric qui peuvent prendre le contrôle du site AGORAVOX.
Les fascistes mirent DEUX jours à faire trainer l'affaire et se dévoilèrent en tant que censeurs fascistes le 21 novembre;
Deux jours plus tard.... et ils inventèrent leur prétexte pourri :


"
Nous considérons en effet que l'article contient des informations
 déjà évoquées abondamment dans l'actualité. " ++
Chez les pourris fascistes, il est logique de prétendre ... deux jours plus tard ..... que votre article a DEUX JOURS de retard !!!
redacteurs at XXX agoravox.f​r

À yanicktoutain@XXX


Bonjour,

Nous vous remercions d'avoir soumis votre article (Tricheur, truqueur, menteur, sans honneur : le footballeur français sarkozyste) sur AgoraVox.
Toutefois, le comité de rédaction n'a pas validé sa publication. Nous considérons en effet que l'article contient des informations déjà évoquées abondamment dans l'actualité.Nous vous encourageons à aborder ce sujet, sous un angle différent en essayant d'apporter un éclairage nouveau, ou des informations non reprises et non commentées.
N'hésitez pas à vous inspirer de la politique éditoriale disponible à l'adresse suivante:

En attendant de vous lire prochainement sur AgoraVox, veuillez croire en l'expression de nos meilleurs sentiments.

Cordialement
L'équipe de rédaction d'AgoraVox

++

Ce qui suit est une copier-coller provenant de mon compte Agoravox. Je peux y voir que pour UN article qu'ils laissèrent paraitre en ligne, ils en CENSURERENT 5 !
Après les gens d'étonnent de voir SURGIR DES REVOLUTIONS !!!!
Les gens s'étonnent de voir apparaitre sous les projecteurs des idées, des concepts, des analyses, des projets, des modèles d'organisation dont ils n'avaient jamais entendu parler ailleurs.
C'est logique : sur Rue89, sur AGORAVOX les FASCISTES VEILLENT, LES FASCISTES SURVEILLENT !
Le LIBERAL EGALITARISME comme LA VERITE sont les ENNEMIS DES CES POURRIS CENSEURS FASCISTES !
Mais .... REVOLISATION ACTU A OBTENU 31 768 VISITES DEPUIS UN MOIS

Tricheur, truqueur, menteur, sans honneur : le footballeur français sarkozyste

DATE DE CRÉATION DE L'ARTICLE : 19 novembre 2009
Et voilà ! Ils sont qualifiés. Avec deux hors jeux et une main !
En d’autres temps, de pareils vainqueurs se seraient adressés à l’arbitre : « S’il vous plait, ne laissez pas pareille injustice ! Annulez ce but déloyal ! »
En d’autres temps, en cas de refus de l’arbitre, le joueur fautif se serait sanctionné lui-même. En quittant, au besoin, le terrain.
Mais on vous parle, ici, de sport, pas de guerres de l’Antiquité ou du Moyen-Age.
LA SUCCURSALE FOOTBALL DE L’ARMÉE FRANCAISE
Déloyauté, mensonge ? On retrouve ici toutes les petites crapuleries de l’armée française. On retrouve ici la déloyauté de l’armée française à l’aéroport de N’Djaména ; une armée sans honneur qui bafoue sa parole et envoie les mercenaires des pays de l’Est mitrailler les rues de la ville pour protéger le pouvoir de l’exécuteur Déby... quand les patriotes avaient interrompu leur avancée vers ce même aéroport : Mensonge, trucages, escroquerie, absence d’honneur, déloyauté. On a eu les mêmes recettes à l’œuvre hier soir.
« Seul le résultat compte ! »
Toute l’armada des perroquets de l’impérialisme triomphant sont aux commandes, sont au micro. La jeunesse française reçoit les consignes de ses ainés : « seul le résultat compte ! ».
« Traitrise, mensonge, trucage. Prends modèle sur le mercenaire Thierry Henry, tu seras soldat français mon enfant ».
Trucage, mensonge, déloyauté. Voilà le bel exemple donné aux jeunes Français. Le millionnaire mercenaire qui va se vendre à Barcelone ou au plus offrant a offert à son pays un « but d’escroc » !
« UN BUT D’ESCROC ! »
Guy Carlier, en ce jeudi matin, sur Europe 1 caractérisait justement la « victoire » de hier. « La main de la FIFA » corrigeait-il avec malice.
On retrouve ici les techniques habituelles de l’ONU.
« Arbitre » qui travaille pour permettre à la France d’écraser les plus faibles.
On retrouve ici les techniques habituelles de l’OUA.
Un « arbitre » qui travaille à écraser les petits pays qui tenteraient de s’élever contre la puissance malfaisante de la France à fric.
« La main de la FIFA » qui « oppose » la France à la plus petite ile disponible : il fallait l’ile Feroë pour prouver les compétences de l’incapable Domenech. Il fallait le plus petit pays disponible – la Lituanie – pour que l’astrologue de l’équipe de France puisse nous prouver ses talents de « sélectionneur ». Le sarkozysme a les héros qu’elle mérite.
DOMENECH – SARKOZY – MORIN – ALLIOT-MARIE
Mêmes crétins mêmes méthodes !
Mêmes ruses, même déloyauté

Ce que l’équipe de France à fric a montré sous les objectifs des télévisions du monde entier mercredi soir, c’est l’habituelle absence d’intelligence, c’est la ruse habituelle, c’est la déloyauté habituelle du militaire français … dans la pénombre de l’absence de caméras.
Les « bleus », les petits soldats idéologiques de la France à fric, les combattants de la sphère gonflée étaient – eux – sous le regard de plusieurs centaines de millions de Terriens, sous le regard, demain, de milliards de Terriens.
Quand, en 2004, Alliot-Marie assassinait 90 civils sur une place d’Abidjan, les faibles images qui furent enregistrées ont permis l’enfouissement de la ruse déloyale. Quand Morin permettait l’assassinat – par les mercenaires héliportés – de civils tchadiens – il manquait des caméras.
VICTOIRE « FRANCAISE » ? UNE DÉFAITE DE LA FRANCE A FRIC !
Hier soir, c’est l’Humanité toute entière qui a remporté une victoire : la mise en lumière de la malhonnêteté de Thierry Henry, la mise en lumière de la malhonnêteté foncière de tous ces « sportifs », la mise en lumière de la malhonnêteté de Domenech et de son agent-propagandiste Jean-Michel Aulas, c’est la mise en lumière de la malhonnêteté de celui qui était assis, dans les tribunes du Stade de France, entre ces deux compères, complices en trucages malhonnêtes : Nicolas Sarkozy.
Déloyauté est la ligne stratégique de ce personnage inintelligent mais rusé. Mais la mise en lumière de cette déloyauté est la victoire des gens honnêtes.
Les apologistes de la magouille qui se plaignent de ce que les arbitres et les spectateurs surveilleront de près tous les gestes du tricheur Thierry Henry oublient un détail : la conséquence sera aussi la surveillance accrue de tous les gestes de chaque soldat de chacune des Armées d’Occupation de notre « beau pays ».
DU SPORT ?
UNE SIMPLE PROPAGANDE DE L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS

L’équipe de France n’est pas un groupe d’aimables – et honnêtes – praticiens du sport. Elle est un gang de mercenaires qui – au quotidien - vont se vendre au plus offrant et qui – répondant à l’appel – viennent combattre sous le drapeau du crime de la France à fric. Une classe sociale, une « égérie-oisie » qui se vend aux publicitaires les plus offrants. Pour nous laver le cerveau.
La « Marseillaise », le chant du massacre contre les Africains est aussi le chant de la « victoire » footballistique.
Ce « sport » est une simple officine de propagande en faveur du chauvinisme. Les crétins qui défilent pour la « victoire française » sont les descendants lointains des imbéciles chauvins qui hurlaient « A Berlin ! » en Aout 1914. Et l’équipe de France est un corps de supplétifs de l’armée française.
Chaque victoire, chaque point marqué par les sportifs de la France à fric est un mort supplémentaire commis par « nos » Troupes d’Occupation qui sera passé sous silence.
Le brouillard de guerre de la propagande sportive permet d’accumuler les victimes de la barbarie française impérialiste en les maintenant dans le silence, dans l’oubli.
JEUX OLYMPIQUES 1936 -2008
Hitléro-fascisme et Stalino-capitalisme

Les bourgeoisies mondiales qu’elles soient étasunienne, chinoise ou allemande aiment le sport. Elles aiment cet opium du peuple. Pour deux humains honnêtes aux jeux olympiques de Mexico, en 1968,- Tommie Smith[1] et John Carlos - des milliers, des dizaines de milliers de crétins arrivistes en short sont allés participer à la foire aux marionnettes, ont donné leur caution à la barbarie. Barbarie hitlérienne en 1936, barbarie stalino-capitaliste en 2008. Les nazis récupéraient les corps des victimes de la Shoah pour son appareil industriel, Hu Jintao assassine les condamnés à mort de sa « justice » à date et à heure prévue afin de vendre aux riches étrangers de morceaux du corps des Chinois victimes de cette barbarie. Une justice certes rapide et dont la rapidité fut encensée par Ségolène Royal. Un modèle de justice pour tous les barbares de la France à fric.
Les intérêts commerciaux de Bernard Arnault et de l’ « assa-Chine » des exploiteurs furent vaillamment défendus par Nicolas Sarkozy en 2008.
Le sport, comme le relevèrent Jean-Marie Brohm – traducteur et élève de Wilhelm Reich – et toute l’équipe de feue la revue « Quel Corps ? » est le strict reflet des valeurs économiques du mode de production capitaliste. Une névrose antisexuelle de masse destinée à modeler les corps pour les transformer en machines concurrentielles.
La concurrence – tous les coups sont permis, toutes les mains-Henry sont validées – est une valeur fondamentale de la barbarie bourgeoise.
CONCURRENCE ET LAVAGE DE CERVEAU DE LA JEUNESSE
Il faut que les barbares capitalistes reproduisent leur mode de production. Et donc qu’ils détruisent la solidarité spontanée des enfants. Que ce soit dans la concurrence des équipes ou dans les salles de classe, l’entraide est interdite. Guerre d’une équipe contre une autre équipe, guerre de l’élève contre l’autre élève.
Et toutes les « mains » sont permises.
Quand un président d’université se fait prendre la main dans le sac à tricher en faveur de riches « étudiants » chinois, combien passent au travers des mailles du filet ?
Les syndicats étudiants sont prompts à dénoncer le développement de la prostitution parmi les étudiantes. Mais gardent un étrange silence sur le développement de la vente des devoirs : des étudiants payent les plus pauvres pour rédiger à leur place des devoirs écrits.
Concurrence à l’école et triche à l’école, trucages sur le terrain du Stade de France et triche sur le terrain : l’exemple de Thierry Henry, la triche de Thierry Henry et de ses camarades est une abjection. Elle est un acte abject envers leurs « camarades » footballeurs de l’équipe d’Irlande.
Mais qui, dans cette « équipe de France » aura le courage de démissionner, le courage de ne pas aller en Afrique du Sud, par éthique ou par simple respect loyal des intérêts bafoués de leur « camarades » irlandais ?
Poser cette question est donner la réponse.
Que ce soit l’équipe de France ou l’armée française, la thèse ancienne du mouvement ouvrier est toujours valide : « L’ennemi est dans notre pays ».
Et la réponse à cela est aussi vraie pour le football que pour les guerres impérialistes de la bourgeoisie : « DÉFAITISME RÉVOLUTIONNAIRE  » . ?
Nous appelons les joueurs du monde entier à – le plus vite possible – battre l’équipe de « France » et à éjecter le plus rapidement possible ce gang de tricheurs qui font honte à la France de la rebellion, la France des Lumières, la France révolutionnaire, la France anticolonialiste,..... la France honnête !
DOMENECH ET SA CLIQUE DE TRICHEURS : DEHORS !

lundi 4 avril 2011

Armée française fasciste contre la Côte d'Ivoire en 2011, fasciste contre les ouvriers français en juillet 1914 "S'ils ne marchent pas, eh bien ils recevront des balles par-devant et par-derrière. Après quoi, nous en serons débarrassés." Un texte du 12 novembre 2008 sur Monsyte par Yanick Toutain



Au moment où l'ONUCI et la LICORNE se comportent en armées d'invasion colonialiste contre la Côte d'Ivoire pour imposer leur HARKI-KAPO Alassane Ouattara à une population qui l'a refusé dans les urnes en 2010, il est bon de rappeler ce qu'est cette armée.
Au moment précis où des hélicoptères sont en train de tirer des missiles sur un cantonnement de l'armée régulière de Côte d'Ivoire (sans même s'inquiéter des .... opinons politiques des soldats qu'ils auront ainsi assassiné !)... il faut retourner dans le passé et voir qui sont - historiquement -ces fascistes
C'est un groupe d'assassins qui avaient prévu de tirer dans le dos des ouvriers français en Aout 1914. Assassiner Jaurès n'était - pour ces comploteurs - que la première étape. Il s'agissait de déclencher une guerre dont le but premier était d'écraser la classe ouvrière française, la classe ouvrière allemande. En les faisant se trucider.
Mais, au commencement


"S'ils ne marchent pas, eh bien ils recevront des balles par-devant et par-derrière. Après quoi, nous en serons débarrassés."


AOÛT 1914 - NOVEMBRE 2008
LES ASSASSINS DE LA BOURGEOISIE
COMMÉMORENT LEURS EXPLOITS

Par Yanick Toutain
09/11/08 17:37

1914 fut le meurtre de masse de la classe ouvrière française par le patronat français. Les assassins savaient parfaitement ce qu'ils faisaient : Après leurs crimes de la Commune de Paris, les Versaillais prenaient leur revanche de leurs terreurs.
Ils voyaient monter le poids politique de la classe ouvrière. L'armée contre les grévistes, l'armée contre les manifestants, les morts de Fourmies, ne leur suffisait pas, il fallait la grande saignée.
La bourgeoisie européenne, dans sa globalité, sentait son trône vaciller. Messimy, leur boucher en chef, le Morin de 1914, tonnait dès le 29 juillet 1914 :
"Laissez-moi la guillotine, et je garantis la victoire. Que ces gens-là [les militants syndicalistes] ne s'imaginent pas qu'ils seront simplement enfermés en prison. II faut qu'ils sachent que nous les enverrons aux premières lignes de feu : s'ils ne marchent pas, eh bien ! ils recevront des balles par devant et par derrière. Après quoi, nous en serons débarrassés."
E. Dolléans Histoire du mouvement ouvrier p. 215

Jack London avait prévu leurs crimes, les crimes des patrons. L'écrivain génial avait anticipé la montée du fascisme de la bourgeoisie. Dès 1908 dans son Talon de Fer, il avait prévu les crimes, le complot, les guerres, les dictatures.(LIRE LE LIVRE)
L'oligarchie allait mettre dans ses hôpitaux psychiatriques l'évêque Morehouse du roman et toutes les brebis galeuses des classes dominantes, tous leurs "traîtres à leurs classes".

Ce que Jack London avait prévu pour la ville de Chicago, l'assassinat de masse du peuple, le massacre des travailleurs les moins qualifiés, les Hervé Morin de 1914 allaient l'organiser sur les lieux de leurs boucheries que les Hervé Morin du 21° siècle appellent encore - complices - les "champs d'honneur".

Leurs champs d'honneur sont des lieux de massacres, sont les lieux de ce qu'ils appelaient "batailles" et qui n'ont rapport avec ce que l'Antiquité appelait bataille que le fait que des gens munis d'armes s'y tuaient réciproquement.
Un Polubos, un Polybe, - historien gréco-romain et spécialiste de la poliorcétique - arrivant en 1915, aurait été effaré du ramassis de crétins, de badernes galonnées que la bourgeoisie française avait mis à la tête du massacre.
Un Polybe de 2008 aurait été tout autant ahuri du massacre organisé dans l'Afghanistan.

Les abrutis de 1914, comme les abrutis de 2008 ne sont que des massacreurs de civils, des assassins de peuples désarmés.
De l'Hôtel Ivoire où les gangsters en uniforme assassinaient des Abidjanais désarmés à victimes "collatérales" en Irak ou en Afghanistan, depuis les victimes des rues de N' Djaména aux centaines de milliers de Rwandais, la hiérarchie galonnée de l'armée française s'est illustrée comme une gigantesque machine à assassiner et à faire assassiner des foules désarmées.
Les bourreaux de 1914 prirent la précaution d'habiller leurs futurs victimes d'un uniforme français.

Le but de la guerre 14-18 pour Messimy, le ministre de la Guerre de l'époque était principalement de faire massacrer ses ennemis, les syndicalistes des travailleurs, les syndicalistes des exploités.
Un massacre de syndicalistes.
Les médecins au service de la bourgeoisie de 1914 allaient jusqu'à commettre des faux. On leur présentait des soldats reformés pour raison médicales. Des soldats syndicalistes minoritaires et donc opposés à cette boucherie impérialiste :

MAUNOURY confirme le fait :
“ Les syndicalistes réformés pour raison de santé étaient soumis à une visite faite par des médecins soigneusement choisis," (p. 217 note)

La menace d'être envoyé se faire assassiner au front touchait particulièrement les journalistes. Le bourrage de crâne nécessitait de conserver à l'arrière les larbins les plus peureux. Les hommes courageux furent envoyés face aux balles impérialistes.

HENRY MAUNOURY raconte aussi que la plupart des journalistes mobilisables étaient en sursis d'appel :
" A la première incartade, à la première velléité d'indépendance, avertissement; la seconde fois, envoi au front, " C'est ainsi qu'on tenait la presse et qu'on espérait par elle tenir l'opinion. (p. 217 note)

Il n'est pas étonnant qu'Hervé Morin commémore cette boucherie. Lui, Kouchner et Sarkozy auront des comptes à rendre de la boucherie à N' Djaména du début de l'année : Les mercenaires de l'Est qui mitraillèrent dans les rues de la ville pour sauver la dictature de l'exécuteur Déby furent le bras armé de la France A Fric que ce trio dirigeait.
Au mépris de la parole donnée, ils laissèrent décoller les hélicoptères assassins pour stopper l'offensive des patriotes.
Les mêmes commémorent la guerre bourgeoise de 1914.
1914-2008, la même classe reste à empêcher de nuire, la révolution anticapitaliste est tout autant à l'ordre du jour.

Contre la boucherie, contre la bourgeoisie,
le 1917 de Petrograd restera notre modèle !
* * * * * *

Citation complète
E. Dolléans Histoire du mouvement ouvrier
Chapitre L'internationale et la guerre
L'élan rompu par la guerre p. 215-217
(scan et dactylographie : YT)


page 215
II


Le jeudi 30 juillet. La Bataille syndicaliste fait allusion à l'intention du gouvernement de prendre des mesures contre la classe ouvrière ; La Bataille syndicaliste rapporte les paroles qu'au Conseil du 29 juillet aurait prononcées le ministre de la Guerre, Messimy:

"Laissez-moi la guillotine, et je garantis la victoire. Que ces gens-là [les militants syndicalistes] ne s'imaginent pas qu'ils seront simplement enfermés en prison. II faut qu'ils sachent que nous les enverrons aux premières lignes de feu : s'ils ne marchent pas, eh bien ! ils recevront des balles par devant et par derrière. Après quoi, nous en serons débarrassés."

Dès le 27 juillet, les militants syndicalistes étaient prévenus des intentions du ministre de la Guerre, qui réclamait l'application du Carnet B, liste de suspects dressée par la Sûreté générale. Messimy voulait s'en servir afin de faire emprisonner les uns et d'envoyer les autres aux premières lignes. Le Carnet B comptait 3 à 4.000 suspects qui comprenaient les syndicalistes révolutionnaires, des anarchistes et quelques socialistes de gauche, parmi lesquels Pierre Laval. Le 28, les militants de la C. G. T. décident de ne plus rentrer chez eux le soir : “ On étudia assez minutieusement le départ pour l'Espagne de Jouhaux et des membres du Comité les plus connus pour leur activité antimilitariste 1”
Lorsque, le 29 juillet, la question est posée au Conseil des Ministres, quelques ministres hésitent à appliquer le Carnet B2 “. La Bataille syndicaliste affirme que "M. Malvy était le seul ministre qui avait protesté contre les paroles de Messimy ". C'est le 1er août seulement, avant l'ordre de mobilisation, que, dans une information reproduite le lendemain par La Bataille syndicaliste.

---
1. A. ROSMER, op. cit., p. 155
2. Le Bonnet Rouge, 1er août 1914.

* * *
page 216

Le Bonnet Rouge annonce qu'il n'y aura pas d'arrestations : "Nous croyons pouvoir ajouter que cette mesure, dont tout le monde appréciera l'importance et la signification, a été prise sur l'initiative personnelle de M. Malvy, ministre de l'Intérieur 1."
Sans doute M. Malvy obtint-il des assurances que rien ne serait tenté contre la mobilisation ; car, le 31 juillet, après s'être mis d'accord avec le président du Conseil et le président de la République, le ministre de l'Intérieur adresse aux préfets le télégramme suivant:

N'appliquez pas intégralement, même en cas de mobilisation, instructions strictes sur application du Carnet B. L'attitude actuelle des syndicalistes permet de faire confiance à ceux d'entre eux qui sont inscrits. Exercez seulement à leur égard une surveillance attentive, mais discrète 2.

Quels avaient été les intermédiaires ? Quels députés socialistes ? Renaudel ? Et, pour les anarchistes, Almereyda 3 ? En fait, M. Malvy avait compris l'exaspération que des arrestations en masse auraient provoquée dans les milieux ouvriers. La décision aurait été prise par lui après un entretien que le secrétaire confédéral aurait eu avec M. Poincaré 4.
Le matin du vendredi 31, on sut que les mesures du Carnet B ne seraient pas appliquées. Et, le samedi 1er août, les chefs confédéraux se sentirent libres de rentrer le soir chez eux : " Le ciel avait une dernière éclaircie avant le sanglant orage et l'accord était fait entre le parti de la guerre et celui de la paix 5." Pourtant, malgré les instructions du ministre de l'Intérieur, les mesures prévues au Carnet B furent appliquées en certains lieux. notamment dans le Nord et dans l'Est, ainsi que la loi Millerand-Berry 6.

1. La Bataille syndicaliste, 30 juillet et 2 août 1914.
2. MALVY, dans Mon Crime, raconte ses négociations à propos de l'arrestation des personnes inscrites au Carnet. B et rapporte le mot de Clemenceau à Malvy le 22 juillet :"Pourquoi ? Cela leur est égal aux vrais ouvriers. ”
3. Le Bonnet Rouge, 30 octobre 1915.
4. Souvenir de Charles Dulot.
5. G. DUMOULIN, Les syndicalistes et la guerre, Les cahiers du travail, 1er mai 1921, pp. 14-16.
6. Le secrétaire de la Fédération des Mineurs, Bartuel, signale, le 17 août 1914, l'arrestations de militants syndicalistes dans le Pas-de-Calais, notamment celle de Broutchoux. Le préfet du Nord avait donné l'ordre d'arrêter les 41 militants d'extrême-gauche qui figuraient à son répertoire. La mobilisation terminée, on décide de relâcher, afin de les mobiliser, les 41 "rouges" ; mais l'officier qui signe l'ordre de les relaxer appose, par inadvertance, sa signature au bas d'une page, après le 40° nom. Le 41° est Broutchoux dont le nom figure au verso en haut de la page suivante, et Broutchoux reste incarcéré pendant deux ans, sans motif.
Dans l'Union des Métaux, du 1er mai 1915, Merrheim signale, le 24 février 1915, l'incarcération de deux militants syndicalistes du Nord, arrêtés dès le 2 août 1914.
Et les arrestations continuent en 1915, celle par exemple d'une institutrice des Vosges, Julia Bertrand, envoyée dans un camp de suspects (4 février 1915)

* * *
page 217


Pour se débarrasser des syndicalistes révolutionnaires, on use d'un procédé plus perfide : la visite médicale de ces militants est confiée à des médecins qui les déclarent systématiquement "bons".
Fin décembre 1914, Pierre Monatte est récupéré et envoyé à son dépôt, et le secrétaire de l'Union du Rhône. François Million, est expédié au Maroc 1.


L'opposition minoritaire persistant, on songea à utiliser contre elle un autre moyen. Georges Dumoulin était parti le premier jour de la mobilisation; se trouvant en permission, à Boulogne-sur-Mer, dans le courant de 1915. il rencontra un ancien membre du Comité confédéral, Loiseau, qui insista auprès de lui pour lui faire admettre l'idée de demander un sursis d'appel. Georges Dumoulin resta au front jusqu'au 12 janvier 1917 2.


III
(...)

-------------
1. Pierre Monatte rappellera, au lendemain de la guerre, la question posée par un socialiste suisse à un député socialiste “ Mais vous pouvez pas nier qu'il y ait une minorité dans le syndicalisme, qu'il y ait encore des internationalistes, qu'il y ait une opposition contre la guerre. - Patience, lui répondait Renaudel, la mobilisation n'est pas finie. " "En effet, la mobilisation n'était pas finie ! Nous passions devant des commissions de récupération et tous ceux qui étaient considérés comme allaient à la guerre. " Dans la Police de Guerre (Nouvelle Revue Critique, 1937), HENRY MAUNOURY confirme le fait : “ Les syndicalistes réformés pour raison de santé étaient soumis à une visite faite par des médecins soigneusement choisis,"
2. HENRY MAUNOURY raconte aussi que la plupart des journalistes mobilisables étaient en sursis d'appel :" A la première incartade, à la première velléité d'indépendance, avertissement; la seconde fois, envoi au front, " C'est ainsi qu'on tenait la presse et qu'on espérait par elle tenir l'opinion.


ON PEUT TROUVER MAINTENANT LES TROIS TOMES DU LIVRE DE DOLLEANS en ligne
Une édition électronique réalisée à partir de l'article du livre d'Édouard Dolléans (1877-1954), Histoire du mouvement ouvrier. Tome I : 1830 à 1871. Paris: Librairie Armand Colin, 1948, 4e édition, 397 pp. Coll. "Économie, Sociétés, Civilisations". Première édition, 1936. Épuisé chez l'éditeur. Une édition numérique réalisée par Jean-Claude Bonnier, bénévole, professeur d'histoire et d'économie au Lycée de Douai, dans le département du nord de la France.
“ Je vous propose l’ouvrage d’Édouard Dolléans sur le mouvement ouvrier français. C’est une étude historique qui a eu, elle aussi, une certaine notoriété et qui a ouvert la voie à des travaux plus récents, ceux de Jean Maîtron par exemple.” (Jean-Claude Bonnier, bénévole).
  • Histoire du mouvement ouvrier. tome I: 1830 à 1871, Librairie Armand Colin, 1948. Tome 1
  • Histoire du mouvement ouvrier. Tome II: 1871 à 1936, Coll. "Économie, Sociétés, Civilisations", Librairie Armand Colin, 1948. Tome 2
  • Histoire du mouvement ouvrier. Tome III: 1921 à nos jours, Coll. "Économie, Sociétés, Civilisations", Librairie Armand Colin, 1953. Tome 3