15 octobre de mensonges, de baratins.... surtout de CAMOUFLAGE du DOP
Le 15 octobre est le principal jour de CAMOUFLAGE du DOP
Même son auteur Valère Somé participe au CAMOUFLAGE DU DOP
Le Vieux Valère Somé renie l'anticapitaliste jeune Valère Somé.
Le Vieux Valère Somé renie sa propre jeunesse.
Voici donc les extraits les plus pertinents pour que le Burkina Faso retrouve ses institutions.
Extraits
du Discours d’orientation politique du 2 octobre 1983 prononcé par
Thomas Sankara sur un texte rédigé par Valère Somé
Peuple
de Haute-Volta, [Le pays ne s'appelait pas encore Burkina
Faso]
Camarades
militantes et militants de la révolution :
Notre
peuple a subi l’épreuve de luttes héroïques et a enfin remporté
la victoire dans la nuit devenue désormais historique du 4 août
1983. Cela fera bientôt deux mois que la révolution est en marche
irréversible dans notre pays. Deux mois que le peuple combattant de
Haute-Volta s’est mobilisé comme un seul homme derrière le
Conseil national de la révolution (CNR) pour l’édification d’une
société voltaïque nouvelle, libre, indépendante et prospère ;
une société nouvelle débarrassée de l’injustice sociale,
débarrassée de la domination et de l’exploitation séculaires de
l’impérialisme international.
L’insurrection
du 4 août 1983, la victoire de la révolution et l’avènement du
Conseil national de la révolution sont donc incontestablement la
consécration et l’aboutissement conséquent des luttes du peuple
voltaïque contre la domination et l’exploitation néocoloniales,
contre l’assujettissement de notre pays, pour l’indépendance, la
liberté, la dignité et le progrès de notre peuple. En cela, les
analyses simplistes et superficielles, cantonnées dans la
reproduction des schémas préétablis, ne pourront rien changer à
la réalité des faits.
La
révolution d’août a triomphé en se posant ainsi comme
l’héritière et l’approfondissement du soulèvement populaire du
3 janvier 1966. Elle est la poursuite et le développement à un
stade qualitatif supérieur de toutes les grandes luttes populaires
qui sont allées en se multipliant ces dernières années et qui
toutes, marquaient le refus systématique du peuple voltaïque et
particulièrement de la classe ouvrière et des travailleurs de se
laisser gouverner comme avant. Les jalons les plus marquants et les
plus significatifs de ces grandes luttes populaires correspondent aux
dates de décembre 1975, de mai 1979, d’octobre et novembre 1980,
d’avril 1982 et de mai 1983.
L’adhésion
enthousiaste des larges masses populaires à la révolution d’août
est la traduction concrète de l’espoir immense que le peuple
voltaïque fonde sur l’avènement du CNR pour qu’enfin puisse
être réalisée la satisfaction de son aspiration profonde à la
démocratie, à la liberté et à l’indépendance, au progrès
véritable, à la restauration de la dignité et de la grandeur de
notre patrie, que 23 années de régime néo-coloniale ont
singulièrement bafouée.
Que
tous ceux qui ont pris fait et cause pour la révolution d’août se
pénètrent de la ligne directrice ainsi dégagée en vue de pouvoir
assumer leur rôle de révolutionnaires conscients et, en véritables
propagandistes intrépides et infatigables, en fassent une diffusion
au sein des masses.
Il
ne suffit plus de se dire révolutionnaire, il faut en plus se
pénétrer de la signification profonde de la révolution dont on est
le fervent défenseur. C’est le meilleur moyen de mieux la défendre
contre les attaques et les défigurations que les
contre-révolutionnaires ne manqueront pas de lui opposer. Savoir
lier la théorie révolutionnaire à la pratique révolutionnaire
sera le critère décisif permettant désormais de distinguer les
révolutionnaires conséquents de tous ceux qui accourent à la
révolution mus par des mobiles étrangers à la cause
révolutionnaire.
De
la souveraineté du peuple dans l’exercice du pouvoir
révolutionnaire
Un
des traits distinctifs de la révolution d’août, avons-nous dit,
et qui lui confère son caractère populaire, c’est qu’elle est
le mouvement de l’immense majorité au profit de l’immense
majorité.
C’est
une révolution faite par les masses populaires voltaïques
elles-mêmes avec leurs mots d’ordre et leurs aspirations.
L’objectif de cette révolution consiste à faire assumer le
pouvoir par le peuple. C’est la raison pour laquelle le premier
acte de la révolution, après la Proclamation du 4 août, fut
l’appel adressé au peuple pour la création des Comités de
défense de la révolution (CDR). Le CNR a la conviction que pour que
cette révolution soit véritablement populaire, elle devra procéder
à la destruction de la machine d’État néo-coloniale et organiser
une nouvelle machine capable de garantir la souveraineté du peuple.
La question de savoir comment ce pouvoir populaire sera exercé,
comment ce pouvoir devra s’organiser, est une question essentielle
pour le devenir de notre révolution.
L’histoire
de notre pays jusqu’à nos jours a été essentiellement dominée
par les classes exploiteuses et conservatrices qui ont exercé leur
dictature anti-démocratique et anti-populaire, par leur mainmise sur
la politique, l’économie, l’idéologie, la culture,
l’administration et la justice.
La
révolution a pour premier objectif de faire passer le pouvoir des
mains de la bourgeoisie voltaïque alliée à l’impérialisme aux
mains de l’alliance des classes populaires constituant le peuple.
Ce qui veut dire qu’à la dictature anti-démocratique et
anti-populaire de l’alliance réactionnaire des classes sociales
favorables à l’impérialisme, le peuple au pouvoir devra désormais
opposer son pouvoir démocratique et populaire.
Ce
pouvoir démocratique et populaire sera le fondement, la base solide
du pouvoir révolutionnaire en Haute-Volta. Elle aura pour tâche
primordiale la reconversion totale de toute la machine d’État avec
ses lois, son administration, ses tribunaux, sa police, son armée
qui avaient été façonnés pour servir et défendre les intérêts
égoïstes des classes et couches sociales réactionnaires. Elle aura
pour tâche d’organiser la lutte contre les menées
contre-révolutionnaires de reconquête du « paradis perdu » en vue
d’écraser complètement la résistance des réactionnaires
nostalgiques du passé. Et c’est là que résident la nécessité
et le rôle des CDR, comme point d’appui des masses populaires à
l’assaut des citadelles réactionnaires et
contre-révolutionnaires.
Pour
une juste compréhension de la nature, du rôle et du fonctionnement
des CDR
L’édification
de d’État de démocratie populaire qui est l’objectif final de
la révolution d’août n’est pas et ne sera pas l’oeuvre d’un
seul jour. C’est une tâche ardue qui exigera de nous des
sacrifices énormes. Le caractère démocratique de cette révolution
nous impose une décentralisation et une déconcentration du pouvoir
administratif afin de rapprocher l’administration du peuple, afin
de faire de la chose publique une affaire qui intéresse tout un
chacun. Dans cette oeuvre immense de longue haleine, nous avons
entrepris de remodeler la carte administrative du pays pour une plus
grande efficacité.
Nous
avons aussi entrepris de renouveler la direction des services
administratifs dans un sens plus révolutionnaire. En même temps,
nous avons « dégagé » des fonctionnaires et militaires qui, pour
des raisons diverses, ne peuvent suivre la cadence de la présente
révolution. Il nous reste beaucoup à faire et nous en sommes
conscients.
Le
Conseil national de la révolution, qui est dans le processus
révolutionnaire déclenché depuis le 4 août le pouvoir de
conception, de direction, et de contrôle de la vie nationale tant
sur le plan politique, économique que social, se doit d’avoir des
instances locales dans les divers secteurs de la vie nationale. Et
c’est là que réside le sens profond de la création des CDR qui
sont les représentants du pouvoir révolutionnaire dans les
villages, les quartiers des villes, les lieux de travail.
Les
CDR constituent l’organisation authentique du peuple dans
l’exercice du pouvoir révolutionnaire. C’est l’instrument que
le peuple s’est forgé pour se rendre véritablement souverain de
son destin et étendre de ce fait son contrôle dans tous les
domaines de la société. Les armes du peuple, le pouvoir du peuple,
les richesses du peuple, ce sera le peuple qui les gérera et les CDR
sont là pour cela.
Quant
à leurs rôles, ils sont immenses et diversifiés. Leur mission
première est l’organisation du peuple voltaïque tout entier en
vue de l’engager dans le combat révolutionnaire. Le peuple ainsi
organisé dans les CDR acquiert non seulement le droit de regard sur
les problèmes de son devenir, mais aussi participe à la prise de
décision sur son devenir et à son exécution. La révolution comme
théorie juste pour détruire l’ordre
ancien
et, en lieu et place, édifier une société d’un type nouveau ne
saurait être menée que par ceux qui y ont intérêt.
Les
CDR sont alors les détachements d’assaut qui s’attaqueront à
tous les foyers de résistance. Ce sont les bâtisseurs de la
Haute-Volta révolutionnaire. Ce sont les levains qui devront porter
la révolution dans toutes les provinces, tous nos villages, tous les
services publics et privés, tous les foyers, tous les milieux. Pour
ce faire, les militants révolutionnaires au sein des CDR doivent
rivaliser d’ardeur dans les tâches primordiales suivantes :
1°)
L’action en direction des membres du CDR : il revient aux militants
révolutionnaires le travail d’éducation politique de leurs
camarades. Les CDR doivent être des écoles de formation politique.
Les CDR sont les cadres adéquats où les militants discutent des
décisions des instances supérieures de la révolution, du CNR et du
gouvernement.
2°)
L’action en direction des masses populaires vise à les entraîner
à adhérer massivement aux objectifs du CNR par une propagande et
une agitation intrépides et sans relâche. A la propagande et aux
calomnies mensongères de la réaction, les CDR doivent savoir
opposer une propagande, une explication révolutionnaires appropriées
selon le principe que seule la vérité est révolutionnaire.
Les
CDR se doivent d’être à l’écoute des masses afin de se rendre
compte de leur état d’esprit, de leurs besoins, pour en informer à
temps le CNR et faire à ce sujet des propositions concrètes. Ils
sont invités à examiner les questions touchant l’amélioration
des intérêts des masses populaires, en soutenant les initiatives
prises par ces dernières.
Le
contact direct avec les masses, populaires, par l’organisation
périodique des assemblées ouvertes où sont discutées les
questions qui les intéressent, est une nécessité impérieuse pour
les CDR s’ils veulent aider à l’application correcte des
directives du CNR. Ainsi, dans l’action de propagande, les
décisions du CNR seront expliquées aux masses. Seront aussi
expliquées toutes les mesures destinées à l’amélioration de
leurs conditions de vie. Les CDR doivent lutter avec les masses
populaires des villes et des campagnes contre leurs ennemis et
l’adversité de la nature, pour la transformation de leur existence
matérielle et morale.
3°)
Les CDR devront travailler de manière rationnelle illustrant ainsi
un des traits de notre révolution : la rigueur. Par conséquent, ils
doivent se doter de plans d’action cohérents et ambitieux qui
s’imposent à tous leurs membres.
Depuis
le 4 août, date devenue désormais historique pour notre peuple,
répondant à l’appel du CNR, les Voltaïques ont développé des
initiatives pour se doter de CDR. Ainsi des CDR virent le jour dans
les villages, dans les quartiers des villes, bientôt sur les lieux
de travail, dans les services, dans les usines, au sein de l’armée.
Tout ceci est le résultat de l’action spontanée des masses. Il
convient maintenant de travailler à leur structuration interne sur
une base claire, et à leur organisation à l’échelle nationale.
C’est ce à quoi s’attelle actuellement le Secrétariat général
national des CDR. En attendant que des travaux de réflexions qui se
mènent actuellement sur la base des expériences déjà accumulées,
sortent des résultats définitifs, nous nous contenterons
d’esquisser le schéma et les principes directeurs généraux du
fonctionnement des CDR.
L’idée
première poursuivie avec la création des CDR consiste en la
démocratisation du pouvoir. Les CDR devenant ainsi des organes par
lesquels le peuple exerce le pouvoir local découlant du pouvoir
central dévolu au CNR.
Le
CNR constitue, en dehors des assises du congrès national, le pouvoir
suprême. Il est l’organe directeur de tout cet édifice dont le
principe directeur est le centralisme démocratique.
Le
centralisme démocratique est basé d’une part sur la subordination
des organes de l’échelon inférieur aux organismes de l’échelon
supérieur dont le plus haut est le CNR auquel se subordonnent toutes
les organisations. D’autre part, ce centralisme reste démocratique,
car le principe électif est de rigueur à tous les niveaux et
l’autonomie des organes locaux est reconnue pour toutes les
questions relevant de leur ressort, toutefois dans les limites et le
respect des directives générales tracées par l’instance
supérieure.
De
la moralité révolutionnaire au sein des CDR
La
révolution vise à la transformation de la société sous tous les
rapports, économiques, sociaux et culturels. Elle vise à créer un
Voltaïque nouveau, avec une moralité et un comportement social
exemplaires qui inspirent l’admiration et la confiance des masses.
La domination néo-coloniale a placé notre société dans un
pourrissement tel qu’il nous faudra des années pour la
purifier.
Cependant
les militants des CDR doivent se forger une nouvelle conscience et un
nouveau comportement en vue de donner le bon exemple aux masses
populaires. En faisant la révolution, nous devons veiller à notre
propre transformation qualitative. Sans une transformation
qualitative de ceux-là mêmes qui sont censés être les artisans de
la révolution, il est pratiquement impossible de créer une société
nouvelle débarrassée de la corruption, du vol, du mensonge, et de
l’individualisme de façon générale.
Nous
devons nous efforcer de faire concorder nos actes à nos paroles,
surveiller notre comportement social afin de ne pas prêter le flanc
aux attaques des contre-révolutionnaires qui sont à l’affût.
Avoir continuellement à l’esprit que l’intérêt des masses
populaires prime sur l’intérêt personnel nous préservera de tout
égarement.
L’activisme
de certains militants caressant le rêve contre-révolutionnaire
d’amasser des biens et des profits par le biais des CDR doit être
dénoncé et combattu. Le vedettariat doit être éliminé. Plus vite
ces insuffisances seront combattues, mieux cela vaudra pour la
révolution.
Le
révolutionnaire de notre point de vue, c’est celui qui sait être
modeste tout en étant des plus déterminés dans les tâches qui lui
sont confiées. Il s’en acquitte sans vantardise et n’attend
aucune récompense.
Ces
derniers temps nous constatons que des éléments qui ont pris part
activement à la révolution et qui s’attendaient, pour ce faire, à
ce que leur soient réservés des traitements privilégiés, des
honneurs, des postes importants se livrent, par dépit, à un travail
de sape parce qu’ils n’ont pas eu gain de cause. C’est la
preuve qu’ils ont participé à la révolution sans jamais
comprendre les objectifs réels. On ne fait pas de révolution pour
se substituer simplement aux anciens potentats renversés. On rie
participe pas à la révolution sous une motivation vindicative
animée par l’envie d’une situation avantageuse : « ôte-toi de
là que je m’y mette ». Ce genre de mobile est étranger à
l’idéal de la révolution d’août et ceux qui le portent
démontrent leurs tares de petits-bourgeois situationnistes quand ce
n’est pas leur opportunisme de contre-révolutionnaires
dangereux.
L’image
du révolutionnaire que le CNR entend imprimer dans la conscience de
tous, c’est celui du militant qui fait corps avec les masses, qui a
foi en elles et qui les respecte. Il se départit de toute attitude
de mépris vis-à-vis d’elles. Il ne se considère pas comme un
maître à qui ces masses doivent obéissance et soumission. Au
contraire, il se met à leur école, les écoute attentivement et
fait attention à leurs avis. Il se départit des méthodes
autoritaires dignes des bureaucrates réactionnaires.
Le
révolution se distingue de l’anarchie dévastatrice. Elle exige
une discipline et une ligne de conduite exemplaires. Les actes de
vandalisme et les actions aventuristes de toute sorte, au lieu de
renforcer la révolution par l’adhésion des masses,
l’affaiblissent et repoussent loin d’elle les masses
innombrables. C’est pourquoi les membres des CDR doivent élever
leur sens des responsabilités devant le peuple et chercher à
inspirer respect et admiration.
Ces
insuffisances le plus souvent relèvent d’une ignorance du
caractère et des objectifs de la révolution. Et pour nous en
prémunir, il nous faut nous plonger dans l’étude de la théorie
révolutionnaire. L’étude théorique élève notre compréhension
des phénomènes, éclaire nos actions et nous prémunit de bien des
présomptions. Nous devons désormais accorder une importance
particulière à cet aspect de la question et nous efforcer d’être
des exemples qui encouragent les autres à nous suivre.
Pour
une révolutionnarisation de tous les secteurs de la société
voltaïque
la
révolution sera, n’en déplaise aux forces conservatrices et
rétrogrades, un bouleversement total et profond qui n’épargnera
aucun domaine, aucun secteur de l’activité économique, sociale et
culturelle.
La
révolutionnarisation de tous les domaines, de tous les secteurs
d’activité, est le mot d’ordre qui correspond au moment présent.
Fort de la ligne directrice ainsi dégagée, chaque citoyen, à
quelque niveau qu’il se trouve, doit entreprendre de
révolutionnariser son secteur d’activité.
D’ores
et déjà, la philosophie des transformations révolutionnaires
touchera les secteurs suivants : 1°) L’armée nationale ; 2°) La
politique de la femme ; 3°) L’édification économique.
1°)
L’armée nationale : sa place dans la Révolution démocratique et
populaire
Selon
la doctrine de défense de la Haute-Volta révolutionnaire, un peuple
conscient ne saurait confier la défense de sa patrie à un groupe
d’hommes quelles que soient leurs compétences. Les peuples
conscients assument eux-mêmes la défense de leur patrie. A cet
effet, nos Forces armées ne constituent qu’un détachement plus
spécialisé que le reste du peuple pour les tâches de sécurité
intérieure et extérieure de la Haute-Volta. De la même manière,
bien que la santé des Voltaïques soit l’affaire du peuple et de
chaque Voltaïque pris individuellement, il existe et existera un
corps médical plus spécialisé et consacrant plus de temps à la
question de la santé publique.
La
révolution dicte aux Forces armées nationales trois missions :
-
1) Être en mesure de combattre tout ennemi intérieur et extérieur,
et participer à la formation militaire du reste du peuple.Ce qui
suppose une capacité opérationnelle accrue faisant de chaque
militaire un combattant compétent au lieu de l’ancienne armée qui
n’était qu’une masse de salariés.
1 00 -
2) Participer à la production nationale. En effet, le militaire
nouveau doit vivre et souffrir au sein du peuple auquel il
appartient. Finie l’armée budgétivore. Désormais, en dehors du
maniement des armes, elle sera aux champs, elle élèvera des
troupeaux de bœufs, de moutons et de la volaille. Elle construira
des écoles et des dispensaires dont elle assurera le fonctionnement,
entretiendra les routes et transportera par voie aérienne le
courrier, les malades et les produits agricoles entre les régions.
-
3) Former chaque militaire en militant révolutionnaire. Fini le
temps où l’on prétendait à la réalité de la neutralité et de
l’apolitisme de l’armée tout en faisant d’elle le rempart de
la réaction et le garant des intérêts impérialistes !
Fini
le temps où notre armée nationale se comportait tel un corps de
mercenaires étrangers en territoire conquis ! Ce temps-là est
désormais révolu à jamais. Armés de la formation politique et
idéologique, nos soldats, nos sous-officiers et nos officiers
engagés dans le processus révolutionnaire cesseront d’être des
criminels en puissance pour devenir des révolutionnaires conscients,
étant au sein du peuple comme un poisson dans l’eau.
Armée
au service de la révolution, l’armée nationale populaire ne fera
de place à aucun militaire qui méprise son peuple, le bafoue et le
brutalise. Une armée du peuple au service du peuple, telle est la
nouvelle armée que nous édifierons à la place de l’armée
néo-coloniale, véritable instrument d’oppression et de répression
aux mains de la bourgeoisie réactionnaire qui s’en sert pour
dominer le peuple. Une telle armée, du point de vue même de son
organisation interne et de ses principes de fonctionnement, sera
fondamentalement différente de l’ancienne armée. Ainsi, à la
place de l’obéissance aveugle des soldats vis-à-vis de leurs
chefs, des subalternes vis-à-vis des supérieurs, se développera
une discipline saine qui, tout en étant stricte, sera fondée sur
l’adhésion consciente des hommes et des troupes.
Contrairement
aux points de vue des officiers réactionnaires animés par l’esprit
colonial, la politisation de l’armée, sa révolutionnarisation, ne
signifie pas la fin de la discipline. La discipline dans une armée
politisée aura un contenu nouveau. Elle sera une discipline
révolutionnaire. C’est-à-dire une discipline qui tire sa force
dans le fait que l’officier et le soldat, le gradé et le non-gradé
se valent quant à la dignité humaine et ne diffèrent les uns des
autres que par leurs tâches concrètes et leurs responsabilités
respectives. Forts d’une telle compréhension des rapports entre
les hommes, les cadres militaires doivent respecter leurs hommes, les
aimer et les traiter avec équité.
Ici
aussi, les Comités de défense de la révolution ont un rôle
fondamental à jouer. Les militants CDR au sein de l’armée devront
être les pionniers infatigables de l’édification de l’armée
nationale populaire de l’État démocratique et populaire dont les
tâches essentielles seront :
-
1) Sur le plan intérieur, la défense des droits et des intérêts
du peuple, le maintien de l’ordre révolutionnaire et la sauvegarde
du pouvoir démocratique et populaire.
-
2) Sur le plan extérieur, la défense de l’intégrité
territoriale.
2°)
La femme voltaïque : son rôle dans la Révolution démocratique et
populaire
Notre
révolution intéresse tous les opprimés, tous ceux qui sont
exploités dans la société actuelle. Elle intéresse par conséquent
la femme, car le fondement de sa domination par l’homme se trouve
dans le système d’organisation de la vie politique et économique
de la société. La révolution, en changeant l’ordre social qui
opprime la femme, crée les conditions pour son émancipation
véritable.
Les
femmes portent sur elles l’autre moitié du ciel.
Créer
une nouvelle mentalité chez la femme voltaïque qui lui permette
d’assumer le destin du pays aux côtés de l’homme est une des
tâches primordiales de la révolution. II en est de même de la
transformation à apporter dans les attitudes de l’homme vis-à-vis
de la femme.
Jusqu’à
présent la femme a été exclue des sphères de décisions. La
révolution, en responsabilisant la femme, crée les conditions pour
libérer l’initiative combattante des femmes. Le CNR, dans sa
politique révolutionnaire, travaillera à la mobilisation, à
l’organisation et à l’union de toutes les forces vives de la
nation et la femme ne sera pas en reste. Elle sera associée à tous
les combats que nous aurons à entreprendre contre les diverses
entraves de la société néo-coloniale et pour l’édification
d’une société nouvelle. Elle sera associée, à tous les niveaux
de conception, de décision et d’exécution, à l’organisation de
la vie de la nation entière. Le but final de toute cette entreprise
grandiose, c’est de construire une société libre et prospère où
la femme sera l’égale de l’homme dans tous les domaines.
3°.
Une économie nationale indépendante, auto-suffisante et planifiée
au service d’une société démocratique et populaire.
le Conseil national de la révolution est conscient que l’édification
d’une économie nationale, indépendante, auto-suffisante et
planifiée passe par la transformation radicale de la société
actuelle, transformation qui elle-même suppose les grandes réformes
suivantes :
-
La réforme agraire
-
La réforme de l’administration
-
La réforme scolaire
-
La réforme des structures de production et de distribution dans le
secteur moderne.
Peuple
de Haute-Volta,
Camarades
militantes et militants de la révolution :
Les
besoins de notre peuple sont immenses. La satisfaction de ces besoins
nécessite des transformations révolutionnaires à entreprendre dans
tous les domaines.
Ainsi
dans le domaine sanitaire et de l’assistance sociale en faveur des
masses populaires, les objectifs à atteindre se résument en ceci :
-
Une santé à la portée de tous.
-
La mise en œuvre d’une assistance et d’une protection maternelle
et infantile.
-
Une politique d’immunisation contre les maladies transmissibles par
la multiplication des campagnes de vaccination.
-
Une sensibilisation des masses pour l’acquisition de bonnes
habitudes hygiéniques.
Tous
ces objectifs ne peuvent être atteints sans l’engagement conscient
des masses populaires elles-mêmes dans le combat sous l’orientation
révolutionnaire des services de santé.
Au
vu de tous les problèmes auxquels notre pays se trouve confronté,
la révolution apparaît comme un défi que nous devons, animés de
la volonté de vaincre, surmonter avec la participation effective des
masses populaires mobilisées au sein des CDR.
Dans
un proche avenir, avec l’élaboration des programmes sectoriels,
tout le territoire de Haute-Volta sera un vaste chantier de travail
où le concours de tous les Voltaïques valides et en âge de
travailler sera requis pour le combat sans merci que nous livrerons
pour transformer ce pays en un pays prospère et radieux, un pays où
le peuple sera le seul maître des richesses matérielles et
immatérielles de la nation.
Enfin,
il nous faut définir la place de la révolution voltaïque dans le
processus révolutionnaire mondial. Notre révolution fait partie
intégrante du mouvement mondial pour la paix et la démocratie
contre l’impérialisme et toute sorte d’hégémonisme.
Dans
notre lutte, les pays africains anti-impérialistes sont nos alliés
objectifs. Le rapprochement avec ces pays est rendu nécessaire par
les regroupements néo-coloniaux qui s’opèrent sur notre
continent.
Vive
la Révolution démocratique et populaire ! Vive le Conseil national
de la révolution ! La patrie ou la mort, nous vaincrons !
Publié
par le ministère burkinabè de l’ Information.