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lundi 6 mai 2013

En revenant de la rue (En allant à Paris le cœur à l'aise Sans hésiter, car nous allions fêter Et écouter Mélenchon le balaise) une chanson mutée par Yanick Toutain sur Mediapart-blog

En revenant de la rue (En allant à Paris le cœur à l'aise Sans hésiter, car nous allions fêter Et écouter Mélenchon le balaise)

EN REVENANT DE LA RUE (une chanson mutée par Yanick Toutain) inspirée de la chanson En Revenant de la Revue écrite par (Delormel / Garnier, 1886) crée par  Paulus et Autres interprètes: Bourvil, Guy Béart.
J'suis le chef d'une joyeuse famille,
Depuis longtemps j'avais fait l'projet
D'emmener ma femme, ma sœur, ma fille
Avec Mélechon pour enfin défiler
Après avoir cassé la croûte,
En chœur nous nous sommes mis en route
Les femmes avaient pris le devant,
Moi j'donnais le bras à belle-maman.
Chacun devait emporter
On est passé chez l' Boulanger,
D'abord moi je portais les pruneaux,
Ma femme portait deux jambonneaux,
Et ma belle-mère portait un pot,
Avec une tête de veau,
Ma fille du chocolat,
Et ma sœur deux œufs sur le plat.

Gais et contents, nous marchions triomphants,
En allant à Paris, le cœur à l'aise,
Sans hésiter, car nous allions fêter,
Et écouter Mélenchon le balaise
Georgius " en revenant de la revue " 1949© Delormel / Garnier, 1886

Bientôt de la Bastille on marche sur des pieds
Nous commençons par nous installer,
Je débouche douze litres à douze degrés,
Et l'on se met à saucissonner.
Tout à coup on crie vive la Sociale,
Notre héros va nous faire un scandale
Je grimpe sur un marronnier en fleur,
Et ma femme sur le dos d'un facteur
Ma sœur d'la lutte des classes aime les pompiers
Même Pierre Laurent y est,
Ma tendre épouse qui bat des mains
Quand défilent les staliniens,
Ma belle-mère pousse des cris,
Y a même Eva Joly,
Moi plein d'admiration
Pour notre brave général Mélenchon.

Gais et contents, nous étions triomphants,
De nous voir à la Bastille, le cœur à l'aise,
Sans hésiter, nous voulions tous fêter,
Voir et complimenter Mélenchon le balaise.

En route j'invite quelques militants
A venir se rafraîchir un brin,
Mais, levant le coude en picolant
Ma famille avait son petit grain.
Je quitte le bras de ma belle-mère,
Je prends celui d'une réformistionniaire,
Et le soir, lorsque nous rentrons,
Nous sommes tous complètement ronds.
Ma sœur qu'était en train
Ramenait un ex-krivinien,
Ma fille qui en avait plein dans l'pif
Branchait l'courant Alternatifs,
V'la ma femme qui se case,
Et embrasse un d'la FASE,
Et ma belle-mère au pas d'éleph',
Qui ram'nait un PCOF.
Gais et contents, nous marchions triomphants,
En revenant de Paris, le cœur à l'aise,
Sans hésiter, nous venions d'acclamer,
De voir et d'écouter Mélenchon le balaise
A l'écouter parler, on a juste oublié
En revenant de Paris, de faire des délégués,
Pour un gouvernement populaire,
Mélenchon-bateleur et nous bons à se taire



COMPLEMENTS

  • Pour Zeev Sternhell, le boulangisme tient une place importante dans l'histoire politique française, première synthèse entre le nationalisme et certaines formes de socialisme, qui donnera plus tard naissance au fascisme. Cette vision est cependant minoritaire.
  • Le boulangisme marque probablement pour les monarchistes de l'époque le dernier espoir de restauration de la monarchie en France. Après cela, dans les années 1890, viendra la politique de ralliement des monarchistes à la République.
  • Le boulangisme a dédramatisé la question du socialisme en France, encore tabou quelques années après la Commune. Pour François Goguel, « le boulangisme a donné naissance à la fois au nationalisme et au socialisme moderne » (La Politique des partis sous la Troisième République). Pour René Rémond, « le boulangisme a frayé la voie au socialisme » (Les droites en France).
  • Le boulangisme a été une étape de l'éclosion de la doctrine antinationaliste de la gauche française, qui s'approfondira sous l'affaire Dreyfus.
Sentiments de l'époque
  • Sentiments populaires :
Le boulangisme constitue ce qui s'apparente à un mouvement socialiste si l'on considère le grand nombre de personnalités de cette mouvance comme certains blanquistes qui le soutiennent. En effet, Boulanger est « pour la patrie et pour le peuple »10; peuple qui « a besoin qu'on s'occupe de lui comme d'un enfant » 11. Boulanger écrit également au père Hyacinthe, le 13 avril 1888, qu'il veut « un gouvernement fort ; mais ce gouvernement ne doit pas être fort par la contrainte qu'il inspire ; il doit l'être par la confiance des masses populaires ».
Pour Paul Lafargue, « le boulangisme est un mouvement populaire justifiable à beaucoup de titres. ». Cependant il regrettera cette tendance ambiguë (lettre à Engels). Mais, pour Jean Jaurès, le boulangisme est « un grand mouvement de socialisme dévoyé », un détournement de son but. Ainsi, on peut dire qu'il y eut des mouvements sociaux ou populaires, mais aucunement que le boulangisme est un mouvement socialiste.
Par ailleurs, le programme politique de Boulanger est « contre le parlementarisme » 12, parlement où siègent principalement bourgeois et monarchistes : pour ces blanquistes dévoyés, le boulangisme est antibourgeois ; et pour les républicains, socialistes ou non, Boulanger est un antiparlementaire, adoptant une logique monarchiste, bref un homme dangereux pour la République.
Ainsi,
« M. Boulanger estime que le peuple est bon "enfant" dont il faut s'occuper avec bienveillance ! Il veut être charitable avec le peuple ! C'est là une mortelle injure, après tant d'autres, pour la fierté nationale. » 13
Pour Lissagaray, le peuple n'est aucunement naïf :
« Le peuple sait ce que lui réservent ces bons apôtres qui disent ne lui vouloir que du bien et qui ne savent pas comprendre ses droits et respecter sa dignité. » 11
De plus, avec l'affaire Schnaebelé, la politique et les bons sentiments de Boulanger n'étaient plus crédibles vis-à-vis de la République.
  • Sentiments politiques :
C'est alors, en 1888, en réaction au boulangisme, contre le césarisme et le plébiscite de Boulanger est créée La société des Droits de l'Homme et du Citoyen par Clemenceau, A. Ranc et Joffrin.
Lissagaray décrit dans Le Bilan de Boulanger, publication de la Société, toutes les réactions vis-à-vis de la politique de Boulanger ; politique de droite en accord avec les royalistes et bonapartistes contre la bourgeoisie de la gauche parlementaire (d’où aussi sa popularité dans la masse ouvrière souvent de sentiment apolitique).
Ainsi à ce niveau, le plébiscite, c'est-à-dire tendre la main au prolétaire comme Boulanger l’a fait lors des grèves et de son soutien au peuple par l’armée est politiquement biaisée; le sentiment populaire n’a plus sa place dans cette politique.
L'anti-Boulangisme est donc une réaction politique du parti républicain contre une nouvelle dictature comme il y en eu après chaque révolution du XIXe siècle en France. Le parti républicain de toutes tendances confondues regroupe des personnalités et des groupes pas forcément politiques, mais dont les membres élus siègent à gauche de l'Assemblée :
« Appartenant aux fractions diverses de la grande famille républicaine, nous croyons qu'une entente entre tous ceux qui sont demeurés fidèles à la République est nécessaire pour mettre un terme à l'aventure boulangiste, si humiliante pour notre pays. [...] Nous fondons la Société des Droits de l'homme et du citoyen. Elle a pour objet la défense de la République, par la lutte sans merci contre toute entreprise de réaction de dictature. » 14 Ainsi, « Ce qui fait la force passagère de ce qu'on appelle le parti boulangiste et de ce qui n'est en réalité que la coalition de mécontents déraillés et ambitieux hypocrites, c'est que l'électeur auquel s'adresse la secte nouvelle, n'a pas eu sous les yeux toutes les pièces du procès qu'elle prétend faire à la République. ... » 15L’état-major boulangiste


Caricature parue en 1888 dans la revue boulangiste La Diane. Dans le camp boulangiste, on reconnaît Georges Laguerre, Henri Rochefort, Alfred Naquet, Paul Déroulède, Georges de Labruyère, Alfred Le Petit et Antonin Louis.
Boulangistes de droite
  • Albert de Mun, théoricien du corporatisme chrétien.
  • Arthur Dillon, ou comte Dillon (1834-1922) (officier de cavalerie, ami de Boulanger depuis Saint-Cyr, puis secrétaire général de la Compagnie du câble transatlantique, financier du Boulangisme, élection de député invalidée en 1889) 16
  • Georges Thiébaud (journaliste bonapartiste) qui lance, avec Dillon, une campagne de presse « à l’américaine » (comme on dit déjà à l’époque) en faveur de Boulanger.
  • Maurice Barrès (républicain nationaliste).
  • Armand de Mackau (député de l’Orne en 1866-1918 (sauf 1870-1876). Un des leaders monarchistes. Après l’échec du boulangisme, se rallie à la République à l’Action libérale de Jacques Piou)16.
  • Charles Lalou (1841-1918) (industriel, directeur des mines de Bruay, patron de presse (La France), boulangiste, député du Nord (1889-1893))16.
  • Louis-Gaston Villemer (parolier)17.
  • Émile Driant (1855-1916) (officier de zouaves, député de Meurthe-et-Moselle en 1910-1916 (Action libérale), grand écrivain d’anticipation militaire sous le nom de capitaine Danrit)16.
  • Alfred Koechlin-Schwartz (1829-1895) (industriel, député du Nord en 1888-1889)16.
Boulangistes radicaux
  • Henri Rochefort (1831-1913) (+cf avant 89 ! ! ! !, journaliste, radical de la mouvance socialiste, républicain et anticlérical, député en 1869, membre du gouvernement de la défense nationale, député de la seine de 1885 à 1886. Directeur du journal l’Intransigeant. Après le boulangisme il adhère à un socialisme national18 et s'oppose à la révision de la condamnation de Dreyfus16).
  • Paul Déroulède (1846-1914) (journaliste-écrivain de la Revanche de 1870, jacobin social, surtout anti-communard, disciple de Gambetta, fondateur de la Ligue des patriotes en 1882, député de Charentes en 1889-1899, anti-Dreyfus)16.
  • Alfred Naquet (1834-1916) (député du Vaucluse en 1876-1883, sénateur du Vaucluse en 1883-1890, député de la Seine en 1893-93, puis du Vaucluse en 1893-1898)16.
  • Jean Prosper Turigny (1822-1905) (médecin, député de la Nièvre de 1876 à 1905, gauche radical-socialiste, maire de Chantenay)16.
  • René-Felix Le Hérissé (1857-1922), (député puis sénateur d’Ille-et-Vilaine de 1886 à 1920, radical puis groupe de la gauche démocratique)16.
  • Jean-Baptiste Saint-Martin (1840-1926) (député du Vaucluse et de la Seine en 1877-1893 et 1906-1910, radical socialiste, directeur de l’École des Beaux-Arts d’Avignon)16.
  • Eugène Mayer (financier (Lazard Frères), il relance La lanterne en 1877, journal radical-socialiste, anticlérical),
  • Maurice Vergoin (1850-1892) (avocat républicain radical, député de Seine-et-Oise en 18895-1889)16.
  • Louis Andrieux (1840-1931) (avocat, député du Rhône et des Basses-Alpes en 1876-1889 et 1910-1924. Après le boulangisme : républicain de gauche)16.
Boulangistes blanquistes
  • Pierre Denis, (1828-1907), socialiste, membre de la Commune de Paris.
  • Ernest Granger (1844-1914) (leader blanquiste sous le second empire avec Blanqui, Eudes et Tridon ; Communard, cofondateur du Comité révolutionnaire central, rédacteur en chef du Cri du Peuple après la mort d’Eudes, député de la Seine en 1889-1893) 16.
  • Alexandre Froger député de la Sarthe en 1885-1889 puis de la Mayenne en 1889-1893, socialiste chrétien.
  • Georges de Labruyère (1856-1920), compagnon de Séverine, journaliste au Cri du Peuple et fondateur de La Cocarde ;
  • Ernest Roche (1850-1917) (ouvrier graveur, membre du comité blanquiste de Bordeaux, secrétaire de la chambre syndicale des mécaniciens, délégué des associations syndicales ouvrières au Congrès socialiste de Marseille, député de la Seine en 1889-1906 et 1910-1914, un des fondateurs des soupes populaires)16.
  • Breuillé,
  • Gabriel Terrail dit « Mermeix » (1859-1930) (journaliste et écrivain, fonde la Cocarde (boulangiste) en 1888, député de la Seine en 1889-1893)16.
Boulangistes députés du « groupe ouvrier » 19 de 1885
  • Charles-Ange Laisant (1841-1920)(scientifique, député de Loire-Inférieure en 1876-1885 et de la Seine en 1885-1893, dreyfusard)16.
  • Georges Laguerre (1856-1912) (avocat, député du Vaucluse 1883-1889 et 1910-1912 et député de la Seine en 1889-1893) 16.
  • Henri Michelin (1847-1912) (juriste, président du conseil municipal de Paris en 1884, député de la seine en 1885-1889 et 1893-1898)16.
  • Clovis Hugues (1857-1907) (premier député ouvrier socialiste en France. Réélu député de Marseille en 1885, il prend part au mouvement boulangiste. Il est député socialiste de la Seine entre 1893 et 1906 (19e arrondissement))16.
  • Paul Susini, dit Paul de Susini (1843-1901) (médecin, socialiste, député de la Corse en 1885-1889)16.
Autres boulangistes
  • Francis Laur (1844-1934) (député de la Loire en 1885-1889 puis de la seine en 1889-1893, socialiste national) 16.

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