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jeudi 17 avril 2014

Un texte à partir d’une remarque épistémologique de Cheikh Anta Diop: Les clowns titrés professeurs de l’université française professent l’obscurantisme pour perpétuer la spoliation, le capitalisme et l’esclavage des Africains : le concept de formoisie a plus de 20 ans




"Il s’agit d’être apte à découvrir une vérité scientifique par ses propres moyens en se passant de l’approbation d’autrui. De savoir conserver son autonomie intellectuelle jusqu’à ce que les idéologues qui se couvrent du manteau de la science se rendent compte que l’ère de la supercherie est révolue"….C.A.Diop

"Pour [Cheikh Anta Diop] , pendant des millénaires, il n’y a eu d’hommes sur terre que des « Nègres20 », nulle part ailleurs dans le monde qu’en Afrique"
Wikipédia Cheikh Anta Diop
"

De NEWTON, LAPLACE, LAGRANGE, HAMILTON (...)
 en passant par MARX, ENGELS, LÉNINE,
on peut ranger dans une même catégorie
 tous ceux qui admettent l'existence du
monde extérieur, indépendamment
de la conscience du sujet qui l'observe,
la connaissabilité de la matière,
 l'objectivité des lois physiques qui gouvernent
son comportement, la validité du principe de causalité."
(discours de Cheikh Anta Diop en 1983 cf infra)

"Ce chercheur scientifique est régulièrement
dénigré par les imbéciles successeurs des universitaires
qui lui crachaient dessus de son vivant. 
En effet, le coeur de sa thèse
 -
 l’être humain a pour berceau l’Afrique –
est devenu tellement banal que
…. ces gens mal-intentionnés
 ne lui en font plus crédit !!!"


INTRODUCTION par Yanick Toutain 17/4/2014 de l'article

 L'auteur de ce blog met actuellement en lumière les thèses - et les questionnements - philosophiques gnoséologiques du grand chercheur africain Cheikh Anta Diop. Des efforts pour lancer le débat sur A - CRISE DE LA RAISON ET PERSPECTIVES D'UNE NOUVELLE ÉPISTÉMOLOGIE DES SCIENCES EXACTES qui ne parviennent pas à inciter la proto-formoisie africaine à se suicider intellectuellement et à assumer son statut de membre de la strate des Innovants.
De la même façon, une des raisons de la création du groupe 
Philosophie scientifique (matérialisme, gnoséologie, matériologie) sur Facebook était de lancer le débat sur les thèses de Cheikh Anti Diop (dont les premières lignes sont celles citées en exergue)
Ici, dans ce texte provenant de Brevactu, il s'agit d'Histoire et de sociologie.



Les clowns titrés professeurs de l’université française professent l’obscurantisme pour perpétuer la spoliation, le capitalisme et l’esclavage des Africains : le concept de formoisie aura bientôt vingt ans. (à partir d’une remarque épistémologique de Cheik Anta Diop)


un commentaire par Yanick Toutain
- complété d’une introduction
Selon Diop20, l’Homme (Homo sapiens) est apparu sous les latitudes tropicales de l’Afrique, dans la région des Grands Lacs. La chaîne d’hominisation africaine est la seule qui soit complète, la plus ancienne et la plus prolifique. Ailleurs on trouve actuellement encore des fossiles humains représentant des maillons épars d’une séquence d’hominisation incertaine.
Diop pose que les premiers Homo sapiens devaient être probablement de phénotype noir, parce que, selon la règle de Gloger, les êtres vivants originaires des latitudes tropicales sécrètent plus de mélanine dans leur épiderme, afin de se protéger des rayonnements solaires. Ce qui leur confère une carnation aux nuances les plus sombres (ou les moins claires). Pour lui, pendant des millénaires, il n’y a eu d’hommes sur terre que des « Nègres20 », nulle part ailleurs dans le monde qu’en Afrique, où les plus anciens ossements d’hommes « modernes » découverts ont plus de 150 000 ans21 ; tandis qu’ailleurs les plus vieux fossiles humains (ex. Proche-Orient) ont environ 100 000 ans.
Wikipédia
"Les theses de Diop sont fausses. Les etudes de momies montrent clairement que leur facies n est pas de type noir, notemment le nez, les pommettes. L empire egyptien comprenait des noirs ca ne veut pas dire que l ensemble des egyptiens etaient noirs; il y a eu des pharaons nubiens ca ne veut pas dire que l ensemble des pharaons etaient noirs; les travaux s appuyant sur les auteurs grecs ne tiennent pas car les grecs avaient tendance a considerer comme barbare tout ce qui etait different d eux, et donc mettait tout le monde dans le meme panier. La centralite de l afrique ne tient pas car le continent central etait la pengee, l afrique anthropologique ne correspond pas a l afrique geographique. L inscription dans l histoire ne peut aller QU en contresens d une definition ethnique. La theorie conspirationniste du complot contre les noirs fait par les blancs, comporte une contradiction: si l afrique etait si puissante civisationnellement comment se fait il qu elle est pu etre conspiree?Quant a l appropriation des civilisations des autres, on peut dire que l afrique n a pas de legitimite sur la culture chinoise car c est a partir du moment ou l on peut identifier cette civilisation comme chinoise que l histoire de cette civilisation existe, et c est la meme chose pour la romanite. Diop recherche une identite d avant l histoire or ce qui fait la grandeur d une nation c est l histoire pas l ethnicite. De plus si tout le monde etait noir prehistoriquement alors les blancs sont des noirs devenus blancs, donc peu importe la couleur d une civilisation ce qui compte c est son apport, et son apport actuel au reste de l humanite. Aujourd hui ce qui coule l afrique c est de se definir comme spoliee par l Occident.Proxim "
(ce texte rédigé par un crétin raciste contributeur anonyme autorisé à "commenter se trouve officiellement dans les pages Wikipédia" consacrées à Chei Anta Diop
Voici une lecture commentée d’une observation extrêmement pertinente du panafricain du Sénégal Cheik Anta Diop.

Ce chercheur scientifique est régulièrement dénigré par les imbéciles successeurs des universitaires qui lui crachaient dessus de son vivant.

En effet, le coeur de sa thèse - l’être humain a pour berceau l’Afrique – est devenu tellement banal que…. ces gens mal-intentionnés ne lui en font plus crédit !!!
Au contraire, ils vont fouiner des aspects secondaires de ses thèses pour trouver de quoi alimenter leur haine raciste.
Il faut bien cracher sur les "amateurs" éclairés….ou dénoncés comme tels…
FORMATION
doctorat en sciences sociales (Université de Paris) spécialisation en physique nucléaire(laboratoire de chimie nucléaire du Collège de France)
….. pour que les salaires des obscurantistes professionnels puissent contribuer à leur pathologie consumériste – pour que ces barbares clowns titrés professeurs puissent continuer à manger dans l’assiette du paysan africain….. avec la bonne conscience en plus.
Un cousin du mur Alafia - Kodjo Elom A - ayant posé cette citation de Anta Diop, j’en ai illustré la véracité avec une brève histoire du concept de "formoisie".
<>….C.A.Diop
Pour avoir découvert en 1993 que la possession d’un capital formation (1935) induisait un transfert de plus-value au sens marxiste du terme, et que ce transfert de valeur – qui allait des moins formés aux plus formés- avait pour conséquence que les détenteurs de ce capital étaient devenus des EXPLOITEURS (membres donc de la formoisie – la classe formoise), pour m’être battu seul pendant 7 années puis à deux pendant 12 années supplémentaires pour que ce concept scientifique PASSE LE MUR DU SILENCE entretenu par cette formoisie et son alliée bourgeoisie capitaliste, je ne peux que PARFAITEMENT COMPRENDRE cette DESCRIPTION faite par Cheik Anta Diop
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cheikh_Anta_Diop

Ce combat est analogue à celui mené par ceux qui voulaient DETRUIRE LA CROYANCE d’un DROIT ACQUIS de la bourgeoisie à POSSEDER les MOYENS de PRODUCTION. Le refus de la CONSCIENCE de l’existence d’une CLASSE CAPITALISTE de la part de CETTE classe capitaliste est SEMBLABLE au REFUS de la CLASSE FORMOISE de prendre CONSCIENCE D’ELLE-MÊME en tant que classe spoliatrice… Car, cette lucidité implique la NEGATION D’UN DROIT ACQUIS à s’APPROPRIER la productivité issue d’une formation et de la construction d’un capital savoir personnel.

Les découvertes de l’existence conceptuelle de l’innovoisie en 1996, celle des strates des Innovants, des Répétants et des Parasites et celle de la lutte des strates en tant que moteur numéro de l’Histoire, tout cela aussi – comme de mes découvertes néowtonistes en physique – montre que la science est un combat. Et que ce combat contre l’obscurantisme est , en définitive, un combat contre les malades mentaux atteints depuis le néolithique, de la pathologie consumériste.
Mais ce combat sera perdu par ces grands malades. Ils ont détruit la Terre et leur règne de 10000 s’achève.

19 ans plus tard, même si l’université ignore le concept de formoisie, même si les dictionnaires bourgeois ignorent le concept de formoisie, les moteurs de recherche – fruit du travail des Grands Innovants – permet de contourner cette censure fasciste.
GOOGLE
https://www.google.fr/search?q=formoisie&ie=utf-8&oe=utf-8&aq=t&rls=org.mozilla:fr:official&client=firefox-a
Recherche
Environ 2 880 résultats (0,55 secondes)

BING
http://www.bing.com/search?q=formoisie&form=MOZSBR&pc=MOZI
327 résultat(s)

YAHOO
http://fr.search.yahoo.com/search?p=formoisie&ei=UTF-8&fr=moz35

SWEETIM
lien vers search . sweetim. com/?src=6&q=formoisie
total environ 520

CNRTL
Présentation

Créé en 2005 par le CNRS, le CNRTL fédère au sein d’un portail unique, un ensemble de ressources linguistiques informatisées et d’outils de traitement de la langue.
Le CNRTL intègre le recensement, la documentation (métadonnées), la normalisation, l’archivage, l’enrichissement et la diffusion des ressources.
La pérennité du service et des données est garantie par l’adossement à l’UMR ATILF (CNRS – Nancy Université), le soutien du CNRS ainsi que l’intégration dans le projet d’infrastructure européenne CLARIN.

http://www.cnrtl.fr/lexicographie/formoisie
Erreur

Cette forme est introuvable !

Ce boycott du débat a une explication simple : la véracité de l’existence de la formoisie en tant que classe a pour conséquence de NIER LA PRETENTION des FORMOIS à RECEVOIR UN SALAIRE SUPERIEUR.
Leur boycott fasciste du débat ne fait que montrer que l’université française n’est pas seulement colonialiste et esclavagiste. Elle est totalement obscurantiste.

Signalons quelques efforts d’honnêtes gens à débattre sur le plan sémantique
http://revolisationactu.blogspot.fr/2012/07/le-concept-de-formoisie-en-debat-dans.html
lundi 9 juillet 2012
Le concept de formoisie en débat dans fr.lettres.langue.francaise
Ce texte est truffé de petites piques racistes (les premières ont été signalées en rouge, le lecteur bondira aux suivantes)
La plus folle de ces remarques c’est l’ignorance voulue quant aux preuves actuelles de la Eve génétique d’Afrique et de l’Adam génétique africain !!!:
Cheikh Anta Diop (né le 29 décembre 1923 à Thieytou – mort le7 février 1986 à Dakar) est un historienanthropologue et homme politiquesénégalais. Il a mis l’accent sur l’apport de l’Afrique et en particulier de l’Afrique noire à la culture et à la civilisation mondiales. Ses thèses restent aujourd’hui contestées, et sont peu reprises dans la communauté scientifique1,2,3. Si une grande partie de ses thèses, en particulier au sujet de l’Égypte antique, sont considérés comme dépourvus de fondements solides, Cheikh Anta Diop a toutefois eu un indéniable rôle de visionnaire en ce qui concerne la place de l’Afrique dans l’histoire. Sa vision peut en effet être interprétée comme une anticipation des découvertes archéologiques majeures des années 2000 sur le continent africain que ce soit Kerma ou, beaucoup plus ancien, Blombos.

Sommaire

L’homme et l’œuvre

Cheikh Anta Diop est né le 29 décembre 1923 à Thieytou, dans la région deDiourbel (Sénégal). Sa famille est d’origine artistocratique wolof. À l’âge de 23 ans, il part pour Paris afin d’étudier la physique et la chimie mais se tourne aussi vers l’histoire et les sciences sociales. Il suit en particulier les cours de Gaston Bachelard et de Frédéric Joliot-Curie4. Il adopte un point de vue spécifiquement africain face à la vision de certains auteurs de l’époque selon laquelle les Africains sont des peuples sans passé.
En 1951, Diop prépare sous la direction de Marcel Griaule une thèse de doctorat à l’Université de Paris, dans laquelle il affirme que l’Égypte antiqueétait peuplée d’Africains noirs5, et que la langue et la culture égyptiennes se sont ensuite diffusées dans l’Afrique de l’Ouest. Il ne parvient pas dans un premier temps à réunir un jury mais, d’après Doué Gnonsoa, sa thèse rencontre un « grand écho » sous la forme d’un livre, Nations nègres et culture, publié en 19546. Il obtiendra finalement son doctorat en 1960. Il poursuit dans le même temps une spécialisation en physique nucléaire au laboratoire de chimie nucléaire du Collège de France. Diop met à profit sa formation pluridisciplinaire pour combiner plusieurs méthodes d’approche.
Il s’appuie sur des citations d’auteurs anciens comme Hérodote7 et Strabonpour illustrer sa théorie selon laquelle les Égyptiens anciens présentaient les mêmes traits physiques que les Africains noirs d’aujourd’hui (couleur de la peau, aspect des cheveux, du nez et des lèvres). Son interprétation de données d’ordre anthropologique (comme le rôle du matriarcat) et archéologique l’amène à conclure que la culture égyptienne est une culture nègre. Sur le plan linguistique, il considère en particulier que le wolof, parlé aujourd’hui en Afrique occidentale, est phonétiquement apparenté à la langue égyptienne antique.
Lorsqu’il obtient son doctorat en 1960, il revient au Sénégal enseigner comme maître de conférences à l’université de Dakar (depuis rebaptiséeuniversité Cheikh-Anta-Diop, UCAD)8. Il y obtiendra en 1981 le titre de professeur. Mais dès 1966, il crée au sein de cette université de Dakar le premier laboratoire africain de datation des fossiles archéologiques au radiocarbone9, en collaboration avec celui du Commissariat français à l’énergie atomique (CEA) de Gif-sur-Yvette. Il y effectue des tests de mélanine sur des échantillons de peau de momies égyptiennes, dont l’interprétation permettrait, selon Diop, de confirmer les récits des auteurs grecs anciens sur la mélanodermie des anciens Égyptiens10.
Dans les années 1970, Diop participe au comité scientifique qui dirige, dans le cadre de l’UNESCO, la rédaction d’une Histoire générale de l’Afrique. Pour la rédaction de cet ouvrage, il participe en 1974 au Colloque international du Caire où il confronte les méthodes et résultats de ses recherches avec ceux des principaux spécialistes mondiaux. À la suite de ce colloque international, il lui est confié la rédaction du chapitre consacré à l’origine des anciens Égyptiens.
Le rapport final11 du colloque mentionne l’accord des spécialistes — à l’exception de l’un d’entre eux — sur les éléments apportés par Cheikh Anta Diop et Théophile Obenga au sujet de la filiation entre la culture égyptienne ancienne et les cultures africaines. Ainsi, pour le professeur Jean Vercoutter, « l’Égypte était africaine dans son écriture, dans sa culture et dans sa manière de penser ». Le professeur Leclant a reconnu ce même caractère africain dans le tempérament et la manière de penser des Égyptiens. La communauté scientifique reste néanmoins partagée sur la nature du peuplement de l’Égypte ancienne : principalement composé de Noirs jusqu’à la perte de l’indépendance pour certains, mixte selon d’autres experts.
Par ailleurs, dès 1947, Diop s’est engagé politiquement en faveur de l’indépendance des pays africains et de la constitution d’un État fédéral en Afrique. « Jusqu’en 1960, il lutte pour l’indépendance de l’Afrique et du Sénégal et contribue à la politisation de nombreux intellectuels africains en France. Entre 1950 et 1953, il est secrétaire général des étudiants duRassemblement démocratique africain (RDA)12 et dénonce très tôt, à travers un article paru dans La Voix de l’Afrique noire, l’Union française, qui, « quel que soit l’angle sous lequel on l’envisage, apparaît comme défavorable aux intérêts des Africains ». Poursuivant la lutte sur un plan plus culturel, il participe aux différents congrès des artistes et écrivains noirs et, en 1960, il publie ce qui va devenir sa plate-forme politique : Les fondements économiques et culturels d’un futur État fédéral en Afrique noire13. »
Selon Doué Gnonsoa, Diop sera l’un des principaux instigateurs de la démocratisation du débat politique au Sénégal, où il animera l’opposition institutionnelle au régime de Léopold Sédar Senghor, à travers la création de partis politiques (le FNS en 1961, le RND en 1976), d’un journal d’opposition (Siggi, renommé par la suite Taxaw) et d’un syndicat de paysans. Sa confrontation, au Sénégal, avec le chantre de la négritude serait l’un des épisodes intellectuels et politiques les plus marquants de l’histoire contemporaine de l’Afrique noire14.
Cheikh Anta Diop meurt dans son sommeil à Dakar, le 7 février 1986. AvecThéophile Obenga et Asante Kete Molefe, il est considéré comme l’un des inspirateurs du courant épistémologique de l’afrocentricité. En 1966, lors du premier Festival mondial des Arts nègres de Dakar, Diop a été distingué comme « l’auteur africain qui a exercé le plus d’influence sur leXXe siècle15 ».
Le 8 février 2008, le ministre de la Culture du Sénégal Mame Biram Dioufinaugure un mausolée perpétuant la mémoire du chercheur à Thieytou, son village natal où il repose16. Ce mausolée figure sur la liste des sites et monuments classés du Sénégal17.

La théorie historiographique de Cheikh Anta Diop

Cheikh Anta Diop a rassemblé les résultats de ses travaux dans le dernier ouvrage qu’il ait publié avant son décès, intitulé Civilisation ou barbarie, anthropologie sans complaisance18, où il expose sa théorie historiographique, tout en tentant de répondre aux principales critiques que son œuvre a suscitées chez les historiens et « égyptologues de mauvaise foi »19.

ANTÉRIORITÉ DES CIVILISATIONS NÈGRES

Selon Diop20, l’Homme (Homo sapiens) est apparu sous les latitudes tropicales de l’Afrique, dans la région des Grands Lacs. La chaîne d’hominisation africaine est la seule qui soit complète, la plus ancienne et la plus prolifique. Ailleurs on trouve actuellement encore des fossiles humains représentant des maillons épars d’une séquence d’hominisation incertaine.
Diop pose que les premiers Homo sapiens devaient être probablement de phénotype noir, parce que, selon la règle de Gloger, les êtres vivants originaires des latitudes tropicales sécrètent plus de mélanine dans leur épiderme, afin de se protéger des rayonnements solaires. Ce qui leur confère une carnation aux nuances les plus sombres (ou les moins claires). Pour lui, pendant des millénaires, il n’y a eu d’hommes sur terre que des « Nègres20 », nulle part ailleurs dans le monde qu’en Afrique, où les plus anciens ossements d’hommes « modernes » découverts ont plus de 150 000 ans21 ; tandis qu’ailleurs les plus vieux fossiles humains (ex. Proche-Orient) ont environ 100 000 ans.
Selon Günter Bräuer, les fossiles humains sont d’autant plus anciens qu’ils se trouvent en Afrique, au cœur de l’Afrique. Tandis qu’ils sont d’autant plus récents qu’ils se trouvent hors et loin de l’Afrique22. D’après Yves Coppens, aucune exception n’a encore été apportée à cette règle de cohérence de la théorie « Out of Africa », qui reste la seule à présenter un si haut degré de stabilité23.
Si l’Afrique est le « berceau de l’humanité », alors, selon Diop, les plus anciens phénomènes civilisationnels ont dû nécessairement avoir eu lieu sur ce continent24. Selon Nathalie Michalon, né en Afrique25, l’homme y expérimente les plus anciennes techniques culturelles avant d’aller conquérir la planète, précisément grâce à elles. C’est ainsi que l’Afrique est l’un des endroits au monde (avec la Mésopotamie et la Chine) où la fabrication d’outils (lithiques), la poterie, la sédentarisation, la domestication, l’agriculture, la cuisson, etc. sont attestées et notamment dans le site de Nabta Playa26.
Selon Diop27, comme l’Afrique a une superficie approximative de 30 millions de kilomètres carrés, on imagine que la seule hominisation de tout cet espace a dû prendre plusieurs millénaires. En sorte que les fossiles/phénomènes humains de la moitié sud de l’Afrique sont généralement plus anciens que ceux de sa moitié nord. Selon un Bulletin de l’IFAN, cette immensité géographique du premier environnement d’Homo sapiens, compte tenu de sa grande diversité climatique, a eu pour autre conséquence de différencier très tôt l’humanité africaine, des points de vue phénotypique et morphologique27.
Au bout de plusieurs autres millénaires, des colonies humaines auraient émigré dans les régions limitrophes de l’Afrique, là où sont attestés les plus anciens fossiles humains après ceux de l’Afrique, c’est-à-dire en Asie méridionale et en Europe méridionale. La principale cause naturelle des premières migrations humaines résiderait dans les évolutions climatiques : en la succession de périodes pluvieuses et de sécheresses en Afrique, correspondant respectivement à des périodes de glaciation et/ou de précipitations dans ses contrées limitrophes, en Europe méridionale et au Proche-Orient. Selon Diop, Homo sapiens aurait suivi, dans les premiers temps, la disponibilité naturelle des ressources alimentaires (animales et végétales) au gré des conjonctures climatiques ; en empruntant toujours les voies naturelles de sortie de l’Afrique (SicileItalie du Sud, isthme de Suezdétroit de Gibraltar)28. Selon le site internet Hominides, les catalyseurs culturels de cette migration consisteraient dans la maîtrise du feu29, permettant de vivre dans des contrées tempérées, et, selon Diop, l’invention de la navigation30, permettant de traverser de vastes étendues aquatiques.
Selon Théophile Obenga, jusqu’à la première moitié du XXe siècle, cette perspective historiographique de Diop est aux antipodes de ce qui est communément diffusé31 depuis HegelHumeKantRousseauHobbes,MarxWeberRenan, etc., en sorte que son Nations nègres et culture serait le premier ouvrage de cette envergure à étudier l’histoire de l’Afrique antérieure aux traites négrières arabe et européenne, dans les temps les plus anciens. Toujours selon Obenga, Diop introduit une profondeur diachronique qu’il n’y avait pas ; à la différence radicale des travaux ethnologiques ou anthropologiques généralement anhistoriques31. « Le livre le plus audacieux qu’un nègre ait jamais écrit », en dira Aimé Césaire dans son Discours sur le colonialisme.

L’ÉGYPTE COMME UNE CIVILISATION NÉGRO-AFRICAINE

L’égyptologie « afrocentrée » est un domaine de recherche initié par Cheikh Anta Diop, où l’on étudie la civilisation de l’Égypte ancienne en partant du postulat qu’elle est une civilisation négro-africaine. En effet, selon Diop, la civilisation égyptienne serait une civilisation « nègre ».

Par ses habitants

Auteurs anciens
Diop rapporte que selon HérodoteAristoteStrabon et Diodore de Sicile les Égyptiens avaient la peau « noire »32. Il signale également l’opinion du comte de Volney33, pour qui les Égyptiens seraient les descendant de « nègres ». D’autres auteurs, comme Mubabinge Bilolo, reprendront et développeront cet argument. La plupart des égyptologues contestent cette thèse en se basant sur les milliers de représentations humaines figurant dans les tombes ou les temples d’époque pharaonique : lorsque les Égyptiens y font figurer d’autres peuples, comme les Syriens, les Libyens, ils leur donnent d’autres traits et d’autres vêtements (les Syriens portent la barbe et une robe, par exemple). Or ils ont maintes fois représenté les Noirs du Soudan, le pays de Kouch, avec des traits africains et une peau noire, alors qu’ils se représentaient eux-mêmes avec une peau claire et des traits proches de ceux des Égyptiens modernes.
Kemet
Article détaillé : Kemet.
Selon Cheikh Anta Diop, par l’expression Kemet, les Égyptiens se seraient désignés dans leur propre langue comme un peuple de « Nègres »34.
À l’appui de sa thèse, il invoque une graphie « insolite35 » de km.t montrant un homme et une femme assis, graphie traduite par « les Égyptiens », mais que l’égyptologue afrocentrique Alain Anselin traduit comme « une collectivité d’hommes et de femmes noirs36 ». On n’en connaît qu’une seule occurrence37, dans un texte littéraire du Moyen Empire.
En égyptien ancien, Kemet s’écrit avec comme racine le mot km, « noir », dont Diop pense qu’il est à l’origine étymologique de « la racine bibliquekam ». Pour lui, les traditions juive et arabe classent généralement l’Égypte comme un des pays de Noirs38. En outre, selon Diop, le morphème km a proliféré dans de nombreuses langues négro-africaines où il a conservé le même sens de « noir, être noir » ; notamment dans sa langue maternelle, le wolof, où khem signifie « noir, charbonner par excès de cuisson », ou en pulaar, où kembu signifie « charbon ». Selon la plupart des égyptologues, si l’Égypte était appelée le "pays noir" à l’époque pharaonique, c’était par référence à la couleur de la terre, fertile car irriguée par le Nil, qui se différenciait du désert environnant, de couleur sable ou jaune.
Tests de mélanine
Selon Cheikh Anta Diop, les procédés égyptiens de momification ne détruisent pas l’épiderme au point de rendre impraticables les différents tests de la mélanine permettant de connaître leur pigmentation. Au contraire, eu égard à la fiabilité de tels tests, il s’étonne qu’ils n’aient pas été généralisés sur les momies disponibles. Sur des échantillons de peau de momie égyptienne « prélevés au laboratoire d’anthropologie physique du musée de l’Homme à Paris », Cheikh Anta Diop a réalisé des coupes minces, dont l’observation microscopique à la lumière ultraviolette lui fait « classer indubitablement les anciens Égyptiens parmi les Noirs »39.

Par sa langue

L’argument linguistique de Diop comporte deux volets40. D’une part, l’auteur essaie de prouver que l’égyptien ancien n’appartient pas à la famille afroasiatique41. D’autre part, il tente d’établir positivement la parenté génétique de l’égyptien ancien avec les langues négro-africaines contemporaines42.
Ainsi, d’après Diop et Obenga, les langues négro-africaines contemporaines et l’égyptien ancien ont un ancêtre linguistique commun, dont la matrice théorique (ou « ancêtre commun prédialectal ») aurait été reconstituée par Obenga, qui l’a baptisée « négro-égyptien ».
La langue maternelle de Cheikh Anta Diop est le wolof, et il apprend l’égyptien ancien lors de ses études d’égyptologie, ce qui, selon Diop, lui aurait permis de voir concrètement qu’il y avait des similitudes entre les deux langues43. Il a donc tenté de vérifier si ces similitudes étaient fortuites, empruntées ou filiales.
Diop observe une « loi de correspondance » entre n en égyptien et l en wolof. Il observe également que, en présence d’un morphème ayant une structure nd en égyptien, on rencontre généralement un morphème équivalent en wolof de structure ld. Le spécialiste de la linguistique historique Ferdinand de Saussure a établi que ce type de correspondances régulières n’est presque jamais fortuit en linguistique, et que cela a force de « loi » phonologique, dite sound law44.
Pour Diop, la structure consonantique du mot égyptien (nd) est la même que celle du mot wolof (ld), sachant que souvent les voyelles ne sont pas graphiées en égyptien, même si elles sont prononcées. Cela veut dire, selon lui, que, là où l’on note a pour l’égyptien, il est possible de rencontrer une toute autre voyelle dans le morphème wolof équivalent. Dans ce cas la correspondance ne serait approximative qu’en apparence, car c’est la phonétisation (la prononciation) de l’égyptien selon les règles de prononciation sémitiques qui serait erronée. Bien entendu une telle loi ne se déduit pas de deux ou trois exemples, elle suppose l’établissement de séries lexicales exhaustives, comme on en trouve dans les ouvrages dédiés de Diop45. La méthodologie de comparaison de Diop est rejetée par des linguistes modernes, comme Russell Schuh46.

Par la culture spirituelle

Cosmogonie
Selon Cheikh Anta Diop47, la comparaison des cosmogonies égyptiennes avec les cosmogonies africaines contemporaines (DogonAshantiAgni,Yoruba48, etc.) montre une similitude radicale qui témoigne selon lui d’une commune parenté culturelle. Il avance une similitude du Dieu-Serpent dogon et du Dieu-Serpent égyptien, ou encore celle du Dieu-Chacal dogon incestueux et du Dieu-Chacal égyptien incestueux. L’auteur invoque également les isomorphies Noun/Nommo, Amon/Ama ; de même que la similitude des fêtes des semailles et autres pratiques cultuelles agraire ou cycliques.
Totémisme
Le totem est généralement un animal considéré comme une incarnation de l’ancêtre primordial d’un clan. À ce titre, ledit animal (ou parfois un végétal) fait l’objet de tabous qui déterminent des attitudes cultuelles spécifiques au clan, qu’on désigne par le terme de totémisme. Selon Diop49, cette institution et les pratiques cultuelles afférentes sont attestées en Égypte tout comme dans les autres cultures « négro-africaines ».
Circoncision et excision
Selon Diop50, les Égyptiens pratiquaient la circoncision dès la période prédynastique. Se fondant sur un témoignage d’Hérodote dans Euterpe, il pense que cette institution se serait diffusée aux populations sémitiques depuis l’Égypte. Elle est attestée dans d’autres cultures « négro-africaines », notamment chez les Dogons où elle est le pendant de l’excision. Ainsi, pour Diop, circoncision et excision sont des institutions duelles de sexuation sociale ; celles-ci résulteraient des mythes cosmogoniques de l’androgynie originelle de la vie, en particulier de l’humanité (il cite l’exemple de l’androgynie d’Amon-Râ). L`excision demeure pratiquée en Egypte moderne (elle fut même combattue récemment par Suzanne Moubarak)

Par sa sociologie

Royauté sacrée
Selon Josep Cervello Autuori, la royauté égyptienne emporte une dimension sacerdotale comme ailleurs en Afrique noire51. Mais, selon Diop52, un trait encore plus singulier commun aux souverains traditionnels africains consiste en « la mise à mort rituelle du roi »53. Cette pratique serait attestée, notamment chez les Yorouba, Haoussa, Dagomba, Tchambas, Djoukons, Igara, Songhoy, Shillouks. Selon Diop, les Égyptiens auraient également pratiqué le régicide rituel, qui serait devenu progressivement symbolique, à travers la fête du Sed, un rite de revitalisation de la royauté54.
Matriarcat
Pour Diop55, le matriarcat est au fondement de l’organisation sociale « négro-africaine ». Aussi serait-il attesté comme tel en Égypte ancienne : aussi bien à travers le matronymat que par la distribution matrilinéaire des pouvoirs publics.
Stratification sociale
Selon Diop56, la société égyptienne ancienne était structurée hiérarchiquement de la même façon que les autres sociétés « négro-africaines » anciennes. Du bas de l’échelle socioprofessionnelle en montant, la stratification sociale se composerait de :
  • paysans,
  • ouvriers spécialisés, appelés « castes » ailleurs en Afrique noire,
  • guerriers, prêtres, fonctionnaires,
  • Roi sacré, appelé « Pharaon » en égyptologie.

Par sa culture matérielle

Les plus vieux ustensiles et techniques de chasse, pêche, agriculture attestés en Égypte sont similaires à ceux connus dans les autres régions de l’Afrique. De même que les différentes coiffures et leurs significations, les cannes et sceptres royaux.[réf. nécessaire] Les travaux d’Aboubacry Moussa Lam sont particulièrement décisifs pour ce champ de la recherche ouvert par Diop.
L’ensemble des différents types d’arguments que les afrocentristes invoquent mobilise diverses disciplines scientifiques, et constitue d’après eux un « faisceau de preuves », c’est-à-dire un système argumentaire global, ayant sa propre cohérence interne qui l’établit comme un paradigme épistémologique autonome.
Toutefois, la préoccupation de Diop consiste moins à innover en matière d’historiographie de l’Afrique, qu’à connaître profondément l’histoire de l’Afrique en vue d’en tirer les enseignements utiles pour agir efficacement sur son avenir. Il ne s’agit pas davantage de s’enorgueillir puérilement de quelque passé glorieux, mais de bien connaître d’où l’on vient pour mieux comprendre où l’on va. D’où sa remarquable prospective politique dans Les fondements culturels, techniques et industriels d’un futur État fédéral d’Afrique noire (Présence africaine, 1960) ; et son implication concrète dans la compétition politique au Sénégal, son pays natal.

Postérité de ses travaux

Nombre d’auteurs, tout en reconnaissant que Diop a eu le mérite de libérer la vision de l’Égypte ancienne de son biais européocentriste, restent partagés sur certaines de ses conclusions. Certains chercheurs africanistes contestent l’insistance de Diop sur l’unité culturelle de l’Afrique noire. D’autres estiment que son approche pluridisciplinaire l’amène à des rapprochements sommaires dans certains domaines comme la linguistique, ou que ses thèses entrent en contradiction avec les enseignements académiques de l’archéologie et de l’histoire de l’Afrique et en particulier de l’Égypte. Ses travaux ne sont pas considérés comme une source fiable par une partie des historiens actuels qui affirment qu’ils ne suscitent l’intérêt que sur le plan de l’historiographie de l’Afrique et non sur celui de la connaissance de son passé.
Diop lui-même, dans l’avant-propos de Nations nègres et culture, ne faisait pas mystère de la difficulté qu’il avait rencontrée pour faire preuve de rigueur face à l’immensité de la tâche à laquelle il s’était attelé. La remise en contexte de son œuvre incite à rappeler l’isolement de ce chercheur qui remet en cause, avec très peu d’aide extérieure, plusieurs siècles d’études égyptologiques, menées par des égyptologues de renom (Jacques-Joseph Champollion et son frère, ou encore Gaston Maspero) :
« L’ensemble du travail [sa thèse et le livre qui en découle] n’est qu’une esquisse ou manquent toutes les perfections de détail. Il était humainement impossible à un seul individu de les y apporter : ce ne pourra être que le travail de plusieurs générations africaines. Nous en sommes conscients et notre besoin de rigueur en souffre [...]57. »
Pour Mubabinge Bilolo, les rapprochements sommaires ne constituent pas un point négatif, car pour lui Diop est un pionnier qui a ouvert des perspectives, tracé des pistes de recherche et laissé une série de tâches pour les futures générations58.

L’ÉGYPTE, UNE ÉTHIOPIE

L’idée d’une Égypte ancienne noire avait déjà été avancée par d’autres auteurs anterieurement, mais l’œuvre de Cheikh Anta Diop est fondatrice dans la mesure où elle a considérablement approfondi l’étude du rôle de l’Afrique noire dans les origines de la civilisation. Elle a donné naissance à une école d’égyptologie africaine en inspirant par exemple Théophile ObengaMubabinge Bilolo et Molefi Kete Asante. Diop a participé à l’élaboration d’une conscience africaine libérée de tout complexe face à la vision européenne du monde. Les travaux de Cheikh Anta Diop, entre autres, ont donné naissance à un courant historiographique ditafrocentriste. Sur le plan linguistique, il a initié l’étude diachronique des langues africaines et a défriché l’histoire africaine précoloniale (hors période pré-égyptienne largement commentée). Désormais, le fait que l’Égypte soit une civilisation africaine n’est pas remis en cause par les égyptologues et les preuves archéologiques s’accumulent même depuis quelques années59

LINGUISTIQUE HISTORIQUE AFRICAINE

Selon Cheikh Anta Diop60, il existe des correspondances syntaxiques, morphologiques, phonologiques et grammaticales régulières entre les langues négro-africaines, notamment le wolof, et l’égyptien ancien61. Il considère que les lois de correspondances observées entre égyptien ancien et wolof n’existent pas entre égyptien ancien et hébreu, arabe, ou berbère.
Sa démarche dite de « linguistique historique africaine » sera généralisée par Théophile Obenga à de nombreuses autres langues négro-africaines, notamment le mbochi, sa langue maternelle. Oum Ndigi62 a réalisé des études similaires sur le basa63Aboubacry Moussa Lam a travaillé dans ce sens pour le peul64. Alain Anselin a relevé de nombreuses similitudes régulières en ce qui concerne la « grammaire du verbe, du geste et du corps en égyptien ancien et dans les langues négro-africaines modernes »65. Ainsi, toute une école de linguistique historique africaine est née de ces recherches, dont les auteurs et la publication sont désormais conséquents66. Obenga a renommé « négro-égyptien » la théorie générale de cette linguistique historique africaine67.

ARCHÉOLOGIE

Sur le site de Blombos ont été exhumées les plus anciennes œuvres d’art jamais trouvées68. Elles datent de plus de 70 000 ans. Sur le site deKerma, les travaux du Suisse Charles Bonnet ont prouvé l’originalité et la richesse de la civilisation de Kerma (–3000/–1500) 69 par rapport à l’Égypte pharaonique.

ÉPIGRAPHIE

L’égyptologue Alain Anselin a cherché à démontrer l’africanité de l’écriturehiéroglyphique. Pour lui, « si l’absence répétée des paires d’homophones nécessaires à l’établissement du code hiéroglyphique dans une famille de langues donnée rend difficile d’affirmer que cet univers linguistique puisse rendre compte de l’élaboration de l’écriture hiéroglyphique », il considère que le « paradigme africain » serait doté d’un « pouvoir explicatif » plus grand, que le « paradigme sémitique » qu’il considère comme biaisé70. Anselin estime également que les hiéroglyphes photographient les milieux écologique et sociétal qui les ont vu naître. Or, la faune et la flore des signes scripturaux égyptiens sont, selon lui, africaines, notamment de la région des Grands Lacs, au cœur de l’Afrique et l’ichthyonomie égyptienne présenterait des similitudes avec les noms de poissons dans diverses langues négro-africaines contemporaines.[réf. nécessaire]
Babacar Sall relève que dans la sign list de la grammaire égyptienne d’Alan H. Gardiner71 les symboles relatifs aux instruments de la pêche et de la chasse sont particulièrement nombreux, et estime qu’ils correspondent à des pratiques et techniques attestées dans toute l’Afrique noire, encore de nos jours72.

ANTHROPOLOGIE POLITIQUE

Les comparaisons de Diop entre l’institution de Pharaon et, entre autres, celle du Damel de Cayor ou du Mogho Naba du Mossi ont suscité d’autres recherches, notamment par Alain Anselin, mais également Cervello Autuori. Selon ce dernier auteur, l’institution politique dite de « la royauté sacrée » (E. E. Evans-PritchardLuc de HeuschMichel Izard) serait attestée en Égypte comme ailleurs en Afrique ; de même que la pratique ancestrale du régicide rituel. Le Pharaon, le Mansah, le Mwene ou le Mogho Naba sont des institutions structuralement analogues : sacerdotales et en même temps politiques. Elles se distinguent radicalement du « Roi »73 :
« La monarchie pharaonique fut-elle une royauté divine africaine ? Tout d’abord, il convient de remarquer qu’en Égypte le dieu-qui-meurt est Osiris et que, comme dans le cas des rois divins africains mais à la différence des autres dieux-qui-meurent d’Europe et du Proche-Orient anciens, Osiris est aussi roi (…). Comme les rois africains, Osiris est la personnification du principal aliment de la communauté, la céréale, l’orge (cf., par ex., Mystère de la succession, scène 9, 29-32 ; Textes des sarcophages, 269, 330 ; Luttes d’Horus et Seth, 14, 10 ; Textes du sarcophage d’Ankhnesneferibre, 256-302 ; Plutarque, Isis et Osiris, 36, 41, 65, 70 ; cf. aussi les “Osiris végétants”, représentations du dieu en argile dans lesquelles sont enfoncées des graines de céréale qui finissent par germer), et lui-même ou bien les humeurs qui émanent de son cadavre s’identifient avec le Nil ou avec les eaux fécondantes de la crue (cf. Textes des Pyramides, 39, 117, 788, 848, 1360 ; Hymne de Ramsès IVà Osiris). La capitale de l’Égypte, Memphis, est un centre qui diffuse l’abondance parce que le cadavre d’Osiris flotta dans les eaux du Nil à sa hauteur et qu’il y fut enterré (Théologie memphite, 61-62, 64). C’est qu’Osiris, roi-dieu mort, dispense l’abondance précisément dans sa condition de mort, d’être sacrifié (Frankfort, 1948, chap. 2). En plus d’être le dieu-qui-meurt, Osiris est aussi le premier ancêtre de la royauté (être individuel) et, en tant que roi mort, celui auquel s’identifient tous les rois en mourant (être collectif). Osiris se ressemble donc en tous aspects au roi-dieu africain. (…) Pour conclure, nous pourrions nous demander comment s’explique cette parenté et, en général, comment s’expliquent les nombreux parallélismes qui existent entre l’Égypte et l’Afrique. Certains auteurs ont parlé de diffusion, d’autres de convergence. Nous préférons, quant à nous, la notion de “substrat culturel pan-africain”, compris comme un patrimoine culturel commun qui aurait eu son origine à l’époque néolithique et dont auraient émergé, ici et là dans l’espace et dans le temps, les diverses civilisations africaines historiques et actuelles. »
Les travaux de Diop dans ce domaine ont notamment inspiré l’ouvrage intitulé Conception bantu de l’autorité, suivie de Baluba : Bumfumu ne BuLongolodi (Publications universitaires africaines, Munich/Kinshasa, 1994) des auteurs Kabongu Kanundowi et Bilolo Mubabinge.

Critique de ses travaux

Bien que démonstration ait été faite avant les travaux de Diop que l’égyptien n’appartient pas au groupe sémitique des langues afroasiatiques, il n’en résulte pas nécessairement qu’elle n’appartient pas au phylum afroasiatique74. Ainsi, le linguiste comparatiste A. Loprieno75 notamment76relève les caractéristiques communes à l’égyptien et aux autres langues afroasiatiques : entre autres la présence de racines bi- et trilitères, constantes dans les thèmes verbaux et nominaux qui en dérivent ; la fréquence de consonnes glottales et laryngales, la plus caractéristique étant l’occlusive laryngale ˁayn ; le suffixe féminin *-at ; le préfixe nominalm- ; le suffixe adjectival –i (le nisba arabe). À la Conférence internationale de Toulouse (septembre 2005), Alain Anselin, quant à lui, « a délivré une communication portant sur les noms de nombres en égyptien ancien où il considère deux courants d’influence, l’un tchado-égyptien, l’autre égypto-sémitique »77. La parenté génétique de l’égyptien ancien avec les langues négro-africaines contemporaines est pareillement contestée par certains philologues et lexicologues. Ainsi, Henry Tourneux, spécialiste des langues africaines (mbara, fulfulde, munjuk, kotoko…) et membre de l’unité mixte de recherche Langage, Langues et Cultures d’Afrique noire (CNRS)78, observe que « la coïncidence de trois langues non contiguës » ne garantit pas « le caractère commun, “négro-égyptien”, d’un mot » : en effet, il ne suffit pas qu’un fait linguistique soit attesté dans deux langues non contiguës du « négro-africain » contemporain (la troisième langue étant l’égyptien ancien ou le copte) ni que les champs sémantiques soient identiques pour que l’on ait la preuve que le fait linguistique en question relève d’une hypothétique matrice « négro-égyptienne »79.
Les critiques d’Henry Tourneux ont fait l’objet d’une réponse circonstanciée de Théophile Obenga dans Le sens de la lutte contre l’africanisme eurocentriste80, où il estime que son contradicteur n’est pas compétent en matière de linguistique historique comparative, ni même spécialiste de la langue égyptienne. En effet, Henry Tourneux est « spécialiste des langues tchadiques et de la lexicographie peule81 ». Par ailleurs, d’après Obenga, aucun linguiste spécialiste de linguistique historique n’a encore contesté ses travaux ni ceux de Diop, particulièrement en ce qui concerne la régularité des propriétés communes aux langues négro-africaines, au copte et à l’égyptien ancien. Or, toujours selon Théophile Obenga, c’est très précisément cette régularité, faisant force de loi linguistique, qui fonde sa théorie générale du « négro-égyptien » : des similitudes éparses, irrégulières entre les langues ou groupes de langues comparées pouvant relever ou bien de coïncidences ou — plus sûrement en l’espèce du paradigme afroasiatique — d’emprunts réciproques de langues dont les locuteurs sont géographiquement mitoyens depuis des millénaires. Pour Obenga, le fait même que les langues africaines modernes ne soient pas contemporaines de l’égyptien ancien, et que beaucoup de ces langues soient attestées à des milliers de kilomètres de l’Égypte, serait un argument favorable à sa théorie linguistique du « négro-égyptien »82. Toutefois les théories linguistiques d’Obenga ne sont pas reconnues par les enquêtes linguistiques actuellement en cours83, on leur a reproché leur manque de sérieux84, et leur instrumentalisation politique85.
Sont également critiqués les tests menés par Cheik Anta Diop relatifs à la pigmentation de l’épiderme des pharaons, qui selon lui prouverait qu’ils étaient « Noirs ». En effet, une étude menée sur la momie de Ramsès II, par le musée de l’Homme à Paris en 1976, a conclu que le pharaon était un « leucoderme, de type méditerranéen proche de celui des Amazighesafricains86 ».
Lors d’un colloque international organisé à Dakar du 26 février au 2 mars 1996 à l’occasion du dixième anniversaire de la mort de Cheikh Anta Diop87, l’anthropologue Alain Froment fit une communication ouvertement critique dans la continuité de ses précédents travaux88. En 1996 toujours, Xavier Fauvelle a publié un livre sur Cheikh Anta Diop conçu comme un bilan critique89. Pour l’égyptologue Jean Yoyotte, « Cheik Anta Diop était un imposteur. Un égyptologue incapable de lire le moindre hiéroglyphe »90.

Œuvres

  • Nations nègres et culture : de l’antiquité nègre égyptienne aux problèmes culturels de l’Afrique noire d’aujourd’hui1954(ISBN 2708706888).
  • L’unité culturelle de l’Afrique noire1959 (ISBN 2708704060)
  • L’antiquité africaine par l’image (ISBN 2708706594).
  • L’Afrique noire précoloniale. Étude comparée des systèmes politiques et sociaux de l’Europe et de l’Afrique noire de l’Antiquité à la formation des États modernes (ISBN 2708704796).
  • Les fondements culturels, techniques et industriels d’un futur État fédéral d’Afrique noire1960 ; réédité par Présence africaine sous le titre Les fondements économiques et culturels d’un État fédéral d’Afrique Noire, 2000 (ISBN 2708705350).
  • Antériorité des civilisations nègres : mythe ou vérité historique ?,1967 (ISBN 2708705628).
  • Parenté génétique de l’égyptien pharaonique et des langues négro-africaines1977.
  • Civilisation ou barbarie1981 (ISBN 2708703943).
  • Nouvelles recherches sur l’égyptien ancien et les langues africaines modernes, Présence africaine, Paris, 1988. Ouvrage posthume.
Un tres grand historien et anthropologue senegalais. Cheikh Anta Diop (1923-1986)
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COMPLEMENTS
Le texte gnoséologique cité en exergue de Cheikh Anta Diop provient de
(CHEIKH ANTA DIOP 1983
http://www.cheikhantadiop.net/cheikh_anta_diop_philo_science.pdf

PHILOSOPHIE, SCIENCE ET RELIGION LES CRISES MAJEURES DE LA PHILOSOPHIE CONTEMPORAINE


C’est la communication par laquelle Cheikh Anta DIOP a conclu le colloque
Philosophie et Religion organisé par la Revue sénégalaise de Philosophie, à
l’Université de Dakar du 7 au 8 juin 1983. Elle a été publiée dans les Actes
de ce Colloque, Revue sénégalaise de Philosophie, n°5-6, janvier-décembre
1984, pp. 179-199. 

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