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vendredi 11 juillet 2014

Ivan Illich comme précurseur conceptuel confus du néomarxisme et du postmarxisme (La « société sans école » sera la civilisation des Innovants)

par Yanick Toutain


NB: ce texte est écrit après 40 ans de non-lecture puis une lecture en diagonale d'un seul livre de l'auteur. Il vise davantageà poser les jalons de recherche qu'à inscrire quoi que ce soit dans le marbre.
Les militants des années 70 avaient un rapport très contradictoire avec Ivan Illich : presque tous les trotskystes des milieux enseignants avaient lu « Une société sans école » dans leur bibliothèque – A côté de Libres enfants de Summerhill, d'une biographie de Célestin Freinet et d'un ouvrage sur les méthodes de lecture de Paulo Freire.
Tous les militants révolutionnaires pédagogiques avaient commencé à lire ce livre.
Tous nous le trouvions intéressant dans beaucoup de pages. Passionnant même parfois !
Mais, tous ou presque, nous nous trouvions gênés par lui.
Il y a à cela de bonne et de mauvaises raisons.
A relire en diagonale son livre j'en retrouve la principale : ses attaques contre les syndicats enseignants nous paraissons susceptibles d'en faire un agent de la réaction.
Les "blogs" de la pédagogie Freinet
étaient des journaux dont l'encre
 provenait de ces lettres en métal

IVAN ILLICH PROTO-NEOMARXISTE
 SANS LE SAVOIR

Le problème de certains grands Innovants c'est de construire ex nihilo ou plutôt de faire précocement tabula rasa !
Construire un « postmarxisme » sans avoir préalablement construit un « néomarxisme » est une entreprise conceptuelle quasi-impossible.
Nier le fait que la lutte des classes soit le moteur de l'Histoire en démontrant qu'elle fut son cancer, cela imposait préalablement de décrire (en le conceptualisant ) d'autres classes sociales que celles vues par Karl Marx et Friedrich Engels.
Il fallait donc être néomarxiste. Mais l'être sans hésiter.
Or, Ivan Illich hésite.
Les bâtiments de "Libres
enfants de Summerhill"
Quand il écrit
« …. dans une société technocratique, le pouvoir d'un petit nombre de «capitalistes du savoir » est capable d'empêcher la formation d'une véritable opinion publique par le contrôle des techniques scientifiques et des moyens de communication entre les hommes. »
…. il met le doit sur les contours d'une partie de la formoisie......
Mais il est totalement aveugle sur les véritables articulations de la lutte des classes entre la bourgeoisie des machines et la « bourgeoisie de la formation ».

UN CAPITAL HUMAIN DÉLIMITANT UNE CLASSE SOCIALE


Il voit, certes, que l'existence d'un capital humain est un facteur de délimitation d'une classe sociale. Mais il ne voit pas que cette classe va subir sa première défaite historique d'ampleur 8 ans plus tard.
Ivan Illich, s'il voit donc la formoisie..... ou une partie de celle-ci.
(p. 193) il écrit
Le passage du Paléolithique au Néolithique fut
 le facteur déclenchant l'apparition des Parasites
et donc de la persécution des Innovants pour
les transformer en Répétants obéissants
« Plus un être humain «consomme» d'éducation, plus il fait fructifier son savoir et s'élève dans la hiérarchie des capitalistes de la connaissance. »
Il voit donc bel et bien un capital formation accumulé. Celui de la formoisie.
Il poursuit :
« L'éducation définit une nouvelle pyramide des classes des classes ».
On voit que Illich sait parfaitement qu'il s'agit de lutte des classes. Mais il poursuit :
« …. dans la mesure où les gros consommateurs de savoir – ces porteurs de bons du trésor de la connaissance – peuvent ensuite prétendre rendre des services de valeur plus éminente à la société. »
Ici l'on voit que l'auteur commence à buter sur la question de l'utilité réelle ou non des membres de la formoisie, sur l'utilité réelle ou non de leur activité professionnelle et donc sur la question de l'utilité réelle ou non de leur capital formation accumulé.

LE CONCEPT DE "PRODUCTIVITÉ HISTORIQUE"


Lascaux: un planétarium
 au Paléolithique. Une extraordinaire
découverte confortant la grille
théorique postmarxiste
Il butte – mais il ne le sait pas – sur son non usage du concept de « productivité historique ».  Un des concepts fondamentaux de l'humanologie.
Ivan Illich n'a pas l'outil de mesure de l'utilité des biens de consommation, des biens de production, des capitaux (de toutes sortes) accumulés. Il bloque ici par non découverte des concepts du postmarxisme.
Il enchaîne par
« Ils représentent les placements sûrs dans le portefeuille du capital humain d'une société et eux-seuls ont bientôt l'accès aux outils les plus puissants ou les moins répandus de la production. »
Pour conceptualiser ce qui est utile ou non,ce qui est productif ou non, il fallait posséder à la fois le concept de "strate des Innovants" et celui de "productivité historique".
C'est en effet l'augmentation de la productivité historique qui permet le grossissement numérique de la strate des Innovants. Une strate dont la principale caractéristique est d'être composée de ceux dont la productivité historique est positive.

Compléments :

SAMEDI 25 AOÛT 2012

Victor Serge et la productivité historique

par Julie Amadis
26/8/2012

Un jour, tous les humains seront des Innovants. L'innovation est quelque chose de naturel chez l'homme. Observez les enfants dans une cour d'école et vous verrez qu'ils inventent de nouvelles choses sans arrêt.
Mais la société de Répétants (et de Parasites) dans laquelle nous vivons craint l'innovation. Elle la craint car elle porte en son sein le changement radical et donc la révolution.
Bibliographie de Ivan Illich sur Wikipédia

Œuvre[modifier le code]
  • Libérer l’avenir, Seuil, Paris, 1971 (titre original: Celebration of awareness).
  • La Convivialité, Seuil, 1973 (titre original: Tools for conviviality)13
  • Énergie et équité1re édition en français, Le Monde puis Le Seuil, 1973, 2e édition en anglais, 1974, 3e édition en allemand, 1974, traduction par Luce Giard, Seuil, 1975. texte intégral en français
  • Némésis médicale, Seuil, 1975
  • Le Chômage créateur, Seuil, 1977.
  • Le Travail fantôme, Seuil, 1981.
  • Le Genre vernaculaire, Seuil, 1983.
  • H2O ou Les Eaux de l’oubli, Lieu commun, 1988.
  • ABC, l’alphabétisation de l’esprit populaire, avec Barry Sanders, La Découverte, Paris, 1990.
  • Du lisible au visible, la naissance du texte, Cerf, Paris, 1991.
  • Dans le miroir du passé. Conférences et discours 1978-1990, Descartes & Cie, Paris, 1994.
  • Entretiens avec Ivan Illich, David Cayley, Bellarmin, 1996.
  • Œuvres complètes Tome 1, (Libérer l'avenir - Une société sans école - La Convivialité - Némésis médicale -Énergie et équité), Fayard, 2004.
  • Œuvres complètes Tome 2, (Le Chômage créateur - Le Travail fantôme - Le Genre vernaculaire - H2O, les eaux de l'oubli - Du lisible au visible - Dans le miroir du passé), Fayard, 2005.
  • La Perte des sens, Fayard, Paris, 2004.
  • La corruption du meilleur engendre le pire, entretiens avec David Cayley, Actes Sud, 2007


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