Subscribe in a reader

translate/traduction

Pages vues depuis décembre 2009

mercredi 25 février 2015

Mourir à 30 ans sous les balles des policiers (Hommage à Abdoulaye Camara, un poème par Julie Amadis)

dessin représentant
Abdoulaye Camara tué par des policiers
au Havre le 16 décembre 2014
 Par Julie Amadis
#IpEaVaEaFaF
Le 25/02/15







Mourir à 30 ans sous les balles des policiers 


Étaient-ils six vers minuit  ?
Ils cassent la porte par effraction
Chez Abdoulaye en pleine nuit
Il est victime d'une agression

Il cherche de l'aide dans le couloir
De son immeuble chez des voisines
Visage en sang il sort hagard
Son appart détruit en ruine

Mourir à 30 ans
Avenue du Bois au Coq au Havre
Sous les balles des policiers
Abattu dans son quartier
Le corps plein de sang

16 décembre un mardi
Vers 1 heure du matin 
Abdoulaye marche dans la nuit
Arrive police et ses chiens

Ils le suivent aucun secours
Juste des gaz lacrymogènes
Aucune aide ils restent sourds
3/4 d'heures dura la scène
 Mourir à 30 ans
Sous les balles des policiers
Abattu dans son quartier
Le corps plein de sang

Abdoulaye est dans la rue
Dans les mains, un couteau à huitres
En short et les pieds nus
Les flics tirent, c'est la suiteLes policiers l'ont abattu
Abdoulaye est mort
Il était là, allongé sur l'avenue
Avec dix balles dans le corps

 


Mourir à 30 ans
Sous les balles des policiers
Abattu dans son quartier
Le corps plein de sang
* * * * * * * * * *

Son frère aurait voulu l'approcher
Mais les flics l'ont écarté
Abdoulaye mort est emmené
Famille, amis ne peuvent que pleurer

 * * * * * * * * *
Pour protéger les policiers
Des articles messages de haine
Abdoulaye est un "forcené"

 Le Procureur Nachbar qui ment
Dit qu'Abdoulaye était "en état de démence"
Quand les tireurs n'ont pas une tâche de sang
Il parle de "légitime défense"

Mourir à 30 ans
Sous les balles des policiers
Abattu dans son quartier
Le corps plein de sang

 
Quand on est policier
On a le permis de tuer
Quand on a la peau foncé
On peut être assassiné

Vingt six coups de feu
Ce n'est pas un accident
Leurs armes ne sont pas des jeux
Elles l'ont tué et on nous ment

Mourir à 30 ans
Sous les balles des policiers
Abattu dans son quartier
Le corps plein de sang

Quand on est un policier

On n'a pas de permis de tuer
Quand on a la peau foncé
On veut vivre à égalité


Vingt six coups de feu
Ce n'est pas un accident
Leurs armes ne sont pas des jeux
Elles l'ont tué et on nous ment

Mourir à 30 ans
Sous les balles des policiers
Abattu dans son quartier
Le corps plein de sang



Julie Amadis
25 février 2015,
Le Havre



samedi 21 février 2015

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire