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dimanche 14 février 2010

Un petit village. Iosef Moshé et l'étoile jaune.


par Yanick Toutain

14 février 2010



C'est un petit village niché dans les Alpes. Un tout petit village avec juste une épicerie.
Une épicerie avec un épicier.
Pas un épicier arabe. Ou alors un épicier « arabe » du genre de Omar Sharif dans le film qui disait à son jeune client voleur « Je ne suis pas arabe ».
L'épicier s'appelait Iosef Moshé.
Il était juif. Ou plutôt il se revendiquait de la religion judaïque.
Si sa mine, sur les photos, semble un peu sévère, beaucoup de ses amis nous le présentent sous un jour favorable.
Sauf que....
Sauf que, pour faire plaisir à ses clients, aux clients de son épicerie, Iosef Moshé portait un insigne un peu curieux. Sur son vêtement, il avait cousu une étoile jaune.
L'ÉTOILE JAUNE DE IOSEF MOSHE
On ne sait pas si c'est un client qui lui avait demandé de coudre cet insigne ou si un coup de folie l'avait incité à se coudre de lui-même l'insigne obligatoire des juifs de 1942. Toujours est-il que du soir au matin, dans son épicerie, Iosef Moshé exhibait son étoile jaune.
Olivier Besancenot, qui voulait « reprendre pied dans les villages des Alpes » félicita donc chaudement les membres du NPA de Grenoble qui avaient fait la connaissance de ce juif épicier (c'est comme çà qu'il parlait de lui) qui n'était en réalité qu'un épicier juif porteur de l'étoile jaune.
Il ne lui vint pas à l'idée de demander à ses partisans pour quelle étrange raison ils n'avaient pas demandé à Iosef Moshé de bien vouloir retirer cette étoile jaune qui – il faut le rappeler – est une invention des fascistes nazis.
Non, il était tellement content de « reprendre pied dans les villages alpins » que tout lui semblait miraculeux. C'était - certes – logique. Cela faisait, en effet, des années que son organisation avait eu tellement de mépris pour ces villages alpins – trop pauvres à son gré – qu'il fallait faire preuve de volontarisme et de tolérance. Si les seuls villageois alpins qui acceptaient d'être candidats portaient une étoile, tant pis.
A la même époque, il est vrai, un anglais nommé John Mullen avait pris sa carte d'adhérent au NPA. Ce John Mullen développait une curieuse théorie :
Cette théorie consistait à mener campagne contre la judéophobie des adversaires de l'étoile jaune.
Cela peut paraître ahurissant, mais il restait dans les propos extravagants de cet absurde provocateur un (tout petit) noyau rationnel : La judéophobie se caractérise par le fait de vouloir retirer l'étoile jaune aux épiciers juifs.
En effet, puisque seuls les épiciers juifs sont porteurs de cette étoile, puisque c'est leur libre choix de la porter, vouloir leur retirer est donc une attaque qui vise les seuls épiciers juifs.
Certes, c'est tout à fait logique, puisque les non-juifs, personne ne les force à porter cette étoile stigmatisante. Ni en Iran, ni en Algérie, ni en Afghanistan, ni en Irak.
Et donc, puisque seuls des épiciers juifs sont concernés, la judéophobie est caractérisée.
Quand quelqu'un faisait remarquer à John Mullen que c'étaient des fascistes qui contraignaient Iosef Moshé à porter l'étoile jaune, sa réponse était que – si effectivement, dans certains cas, des fascistes forçaient des juifs à porter l'étoile jaune -, dans le cas de Iosef Moshé, nous n'avions aucune preuve d'une éventuelle contrainte exercée par des fascistes à son encontre.
La vérité était que sur le site de ce John Mullen, sur le site de ce militant NPA d'un genre spécial, ce rédacteur en chef de « Socialisme international » on pouvait trouver toutes sortes d'articles peu ragoutants.
Des articles donnant une lumière très curieuse sur son projet, sur ses liens avec le NPA, sur ses liens avec Olivier Besancenot, sur la véritable histoire de la candidature de Iosef Moshé.
En effet, donnant, en anglais, une interview à un journal australien, ce John Mullen se félicitait d'être parvenu à forcer Besancenot à prononcer le mot « judéophobie ». Que c'était son projet principal.
Qu'il existait au NPA des anticléricaux dont le refus du judaïsme n'était motivé que par des raisons de traditions anticléricales, mais qu'il fallait, néanmoins, les accuser de racisme et de judéophobie.
On trouvait par ailleurs, des articles de protestation sur les mesures répressives prises à l'encontre de l'un de ceux qui prônait l'extension de l'étoile jaune, qui faisait propagande pour la mise en œuvre des mesures répressives contre les femmes. Il appelait cela « règlement de 1933 ».




Ce texte délirant n'a de délirant que le reflet avec les délires politiques du NPA. Ce parti était dirigé – sous les projecteurs – par un clown menchévique, Olivier Besancenot, manipulés dans la coulisse par deux marionnetistes (Alain Krivine et Olivier Sabado) adjoint d'un « clown philosophe titré professeur, Daniel Bensaid, les 3 fossoyeurs de l'Internationale trotskyste de 1979).
Ce parti réformiste vient de franchir un cap, une transformation quantité qualité : il est en train de pourrir sur place, politiquement.
Pour s'en convaincre, il suffit de remplacer étoile jaune par voile, de remplacer « juif » par « femmes musulmanes » et le délire d'une histoire à la Voltaire apparaitra dans sa pleine lumière.

Voici le code de transcription et la même histoire après rétablissement des « mots réels ».
petit village=quartier pauvre, épicerie= école, un épicier=une étudiante, l'épicier = l'étudiante, épicier=étudiante, Iosef Moshé = Ilham Moussaïd, juif=musulmane (ou femme musulmane dans les cas génériques), clients = voisins, 1942=2010, judaïque=musulmane, étoile jaune = voile, cousu sur son vêtement=placé sur ses cheveux, nazis=musulmans intégristes, judéophobie=islamophobie, Alpes=région PACA, de Grenoble=du Sud, règlement de 1933 = charia

C'est un quartier pauvre niché dans la région PACA. Un quartier pauvre avec juste une école.
Une école avec une étudiante.
Pas une étudiante arabe. Ou alors une étudiante « arabe » du genre de Omar Sharif dans le film qui disait à son jeune voisin voleur « Je ne suis pas arabe ».
L'étudiante s'appelait Ilham Moussaïd.
Elle était musulmane. Ou plutôt elle se revendiquait de la religion musulmane.
Si sa mine, sur les photos, semble un peu sévère, beaucoup de ses amis nous la présentent sous un jour favorable.
Sauf que....
Sauf que, pour faire plaisir à ses voisins, aux voisins de son école, Ilham Moussaïd portait un insigne un peu curieux. Sur ses cheveux, elle avait placé un voile.
LE VOILE DE ILHAM MOUSSAÏD
On ne sait pas si c'est un voisin qui lui avait demandé de placer cet insigne ou si un coup de folie l'avait incitée à se placer elle-même l'insigne obligatoire des musulmanes de 2010. Toujours est-il que du soir au matin, dans son école, Ilham Moussaïd exhibait son voile.
Olivier Besancenot, qui voulait « reprendre pied dans les quartiers pauvres de la région PACA » félicita donc chaudement les membres du NPA du Sud qui avaient fait la connaissance de cette musulmane étudiante (c'est comme çà qu'il parlait d'elle) qui n'était en réalité qu'une étudiante musulmane porteuse du voile.
Il ne lui vint pas à l'idée de demander à ses partisans pour quelle étrange raison ils n'avaient pas demandé à Ilham Moussaïd de bien vouloir retirer ce voile qui – il faut le rappeler – est une invention des fascistes musulmans intégristes.
Non, il était tellement content de « reprendre pied dans les quartiers pauvres de la région PACA » que tout lui semblait miraculeux. C'était - certes – logique. Cela faisait, en effet, des années que son organisation avait eu tellement de mépris pour ces quartiers pauvres – trop pauvres à son gré – qu'il fallait faire preuve de volontarisme et de tolérance. Si les seuls habitants des quartiers pauvres qui acceptaient d'être candidats portaient un voile, tant pis.
A la même époque, il est vrai, un Anglais nommé John Mullen avait pris sa carte d'adhérent au NPA. Ce John Mullen développait une curieuse théorie :
Cette théorie consistait à mener campagne contre l'islamophobie des adversaires du voile.
Cela peut paraître ahurissant, mais il restait dans les propos extravagants de cet absurde provocateur un (tout petit) noyau rationnel : L'islamophobie se caractérise par le fait de vouloir retirer le voile aux étudiantes musulmanes.
En effet, puisque seules les étudiantes musulmanes sont porteuses de ce voile, puisque c'est leur libre choix de le porter, vouloir leur retirer est donc une attaque qui vise les seuls étudiantes musulmanes.
Certes, c'est tout à fait logique, puisque les non-musulmanes, personne ne les force à porter ce voile stigmatisant. Ni en Iran, ni en Algérie, ni en Afghanistan, ni en Irak.
Et donc, puisque seuls des étudiantes musulmanes sont concernées, l'islamophobie est caractérisée.
Quand quelqu'un faisait remarquer à John Mullen que c'étaient des fascistes qui contraignaient Ilham Moussaïd à porter le voile, sa réponse était que – si effectivement, dans certains cas, des fascistes forçaient des femmes musulmanes à porter le voile-, dans le cas de Ilham Moussaïd, nous n'avions aucune preuve d'une éventuelle contrainte exercée par des fascistes à son encontre.
La vérité était que sur le site de ce John Mullen, sur le site de ce militant NPA d'un genre spécial, ce rédacteur en chef de « Socialisme international » on pouvait trouver toutes sortes d'articles peu ragoutants.
Des articles donnant une lumière très curieuse sur son projet, sur ses liens avec le NPA, sur ses liens avec Olivier Besancenot, sur la véritable histoire de la candidature de Ilham Moussaïd.
En effet, donnant, en anglais, une interview à un journal australien, ce John Mullen se félicitait d'être parvenu à forcer Besancenot à prononcer le mot « islamophobie ». Que c'était son projet principal.
Qu'il existait au NPA des anticléricaux dont le refus de l'Islam n'était motivé que par des raisons de traditions anticléricales, mais qu'il fallait, néanmoins, les accuser de racisme et d'islamophobie.
On trouvait par ailleurs, des articles de protestation sur les mesures répressives prises à l'encontre de l'un de ceux qui prônait l'extension du voile, qui faisait propagande pour la mise en œuvre des mesures répressives contre les femmes. Il appelait cela charia.



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Des copies de ce texte ont été publiées sur  Mediatic-Dico, Libération (,Un petit village. Iosef Moshé et l'étoile jaune. (ou le pourrissement politique de la LCR-NPA))
sur le site Mai 68

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