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vendredi 17 septembre 2010

Alain Souchon et le Che (Au moment où la pensée unique prend l’eau de toutes parts, les maîtres du jeu font intervenir tous leurs valets.) par CARTAGENA & BRIATTE

Alain Souchon et le Che


par CARTAGENA & BRIATTE

Le milieu du spectacle français croyait qu’Alain Souchon était une star vieillissante. La sortie de son dernier disque et son intervention au journal télévisé de 20 heures de France 2 le samedi 29 novembre le confirment. En effet, comme l’a constaté, avec un sourire complice le présentateur du journal, Laurent Delahousse, Alain Souchon a encore osé. Cette fois il n’a pas hésité à écrire une chanson contre les imposteurs aux dires de M. Delahousse. L’imposteur, en l’occurrence est, excusez du peu, Ernesto Che Guevara. En consultant Internet M. Souchon s’est
« aperçu que des tas de témoins de l’époque disaient qu’il (le Che) s’était souvent conduit de manière extrêmement cruelle, que c’était un drôle de bonhomme qui aimait les armes à feu, l’aventure, alors qu’on en fait une espèce d’icône de la liberté ». 
Effectivement pour une star du spectacle française et le cirque médiatique, il est assez osé de se poser en accusateur d’un homme qui a consacré sa vie (et l’y a laissée) à la lutte contre les injustices dans le monde.
Il est impossible de raconter en quelques mots le chemin parcouru par le Che pour devenir le symbole qu’il représente aujourd’hui, malgré les puissants et les privilégiés de ce monde. Mais voyons les grandes lignes :
Médecin, il s’est engagé au Mexique aux côtés de Fidel Castro pour aller lutter contre la dictature de Batista à Cuba. L’Amérique latine est la région où tout au long de l’histoire, les inégalités sociales ont été effarantes. Les deux voyages accomplis par le Che, en 1951 et 1953, lui ont permis de le constater. Après le triomphe de la Révolution cubaine en janvier 1959, il prend des responsabilités dans le gouvernement (Ministre de l’Industrie, Président de la Banque), jusqu’au moment où il part lutter contre les colonialistes européens au Congo. Rappelons que le Che était argentin et que la solidarité internationale était naturelle chez lui. Après la Révolution Cubaine, il estimait urgent d’aider l’Afrique dans sa lutte pour la libération du colonialisme et l’apartheid, tous deux soutenus par les pays dits « libres » (voir « la présence cubaine en Afrique »). Cette aide se soldant par un échec, le Che part en Bolivie pour se battre contre la dictature des généraux sous la coupe des Etats-Unis. A ce moment-là l’impérialisme américain l’avait déjà condamné à mort, et une fois la vérification faite qu’il se trouvait en Bolivie, les nord-américains ont dépêché des conseillers avec la tâche de le supprimer.
Parions que les « tas de témoins de l’époque » dont parle M. Souchon sont les auteurs de témoignages trouvés sur des sites basés aux Etats Unis, et plus particulièrement à Miami, antre reconnu des terroristes anticastristes organisés et financés par les successives administrations américaines. Les attentats terroristes se comptent par centaines (dont la première explosion d’un avion en plein vol dans le monde en 1976), non seulement contre Cuba, mais aussi contre tout ce qu’il y a de progressiste en Amérique Latine (voir « Opération Condor »). C’est à Miami qu’habite l’agent de la Cia qui a exécuté le Che le 9 octobre 1967 dans l’école de La Higuera en Bolivie. Les services américains ont voulu effacer le Che de la face de la terre, en le massacrant, puis après lui avoir coupé les mains, en cachant son corps pendant 30 ans, tentant ainsi de faire disparaître jusqu’à sa mémoire, son image. De toute évidence M. Souchon a voulu achever leur tâche manifestement mal accomplie, en discréditant le combat et l’engagement du Che et en essayant de le déshumaniser.
Le Che n’était ni cruel, ni amoureux des armes, comme l’affirme M. Souchon. Face aux dictatures sanglantes, il existe un droit à la rébellion, reconnu même par l’église catholique et des instances internationales telles que l’ONU. C’est la seule option qui ait permis d’abattre des oppresseurs comme Batista, Somoza, Pinochet ou autres pantins aux ordres de Washington. Le Che en était très conscient. La violence et l’oppression sont toujours l’œuvre des secteurs de la société qui veulent défendre leurs privilèges à tout prix.
Mais si M. Souchon a osé s’attaquer à celui qui reste le symbole de la liberté pour les peuples soumis à l’oppression, cela signifie qu’il est soit absolument inconscient de ce qu’il fait, soit complètement malhonnête dans ses motivations, ou bien les deux à la fois. J’imagine que pour la star parisienne qu’il est ce soit extrêmement difficile de concevoir les motivations qui ont poussé le Che Guevara à s’engager dans un combat contre les injustices sur plusieurs continents, mais un minimum de modestie et d’honnêteté intellectuelle lui aurait permis de s’épargner le numéro d’ignominie ridicule dans lequel il s’est irrémédiablement enfoncé. Cependant s’il tient vraiment à connaître des témoignages de personnes ayant côtoyé le Che, je pourrais lui recommander quelques œuvres provenant de plusieurs pays :
Carnets de voyage : film de Walter Salles (Brésil)
Biographie d’Ernesto Che Guevara connu aussi comme le Che : livre de Paco Ignacio Taibo II (Mexique)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Che_Guevara : encyclopédie libre sur internet
Alberto Granado, livre En voyage avec Che Guevara
La mémoire du feu, livre Orlando Borrego
http://www.la-breche.com/catalog/index.php?cPath=51&osCsid=9764060ahdsuurt11gk07l8ka6 , site internet où l’on peut obtenir les livres (entre autres) : Che, justice globale, Le socialisme et l’homme, Ecrits sur la révolution, Cuba, Fidel et le Che où l’aventure du socialisme
Mon fils le Che, livre Ernesto Guevara
http://www.answers.com/topic/che-guevara, encyclopédie sur internet
http://www.thehandsofcheguevara.com/filmes.php ,video sur les mains coupés du Che
http://video.fnac.com/a1779894/Che-Guevara-DVD-Zone-2 , site internet où l’on peut obtenir Che Guevara et Ernesto Che Guevara le journal de Bolivie, deux DVD
http://www.kewego.fr/video/iLyROoafYtCW.html ,site internet avec video sur le Che
Plus loin, M. Souchon ajoute que le Che était
« très photogénique, qu’il a une belle photo avec son béret et qui est quand même sur 20 millions de tee-shirts ».
Encore une fois, M. Souchon ne peut pas se dépêtrer de ses motivations de star de la chanson pour qui l’image reste le plus important. Alberto Korda, le photographe cubain qui a pris le célèbre cliché lors des obsèques de la centaine de victimes, dont six marins français, de l’attentat commis par la Cia contre le bateau « Le Coubre » dans le port de La Havane, n’a, contrairement à M. Souchon avec sa chanson, jamais obtenu un seul sou de bénéfice pour la reproduction de la photo la plus diffusée de l’histoire. Cette photo a été tirée, donc, non pas dans un studio, comme pour les clips de M. Souchon. Le béret n’avait pas été bien ajusté, contrairement aux soins apportés, avant de passer à l’antenne, à la coiffure de M. Souchon pour faire décontracté. La photo d’A. Korda, elle, est devenue célèbre après la mort du Che sur l’initiative d’un éditeur italien. Sur ce point, je me dois de prévenir M. Souchon dès maintenant car son visage risque, fort heureusement, de n’être jamais adopté comme symbole de quoi que ce soit. Même dans le domaine de l’ignoble,on a vu mieux.
Je peux affirmer que M. Souchon a insulté la mémoire d’un homme très aimé par des millions de personnes non seulement à Cuba et en Argentine, mais dans tous les pays d’Amérique Latine. Le chanteur ne peut pas soupçonner, même si ça doit le faire rire, à quel point les masses sur ce continent, aiment les dirigeants qui les conduisent vers la liberté. Ceci a été une constante de ces peuples depuis l’occupation espagnole. Le respect, l’admiration, l’amour des gens pour ceux qui ont donné leur vie pour leur libération (Lautaro, Tupac Amaru, Tupac Katani, Bolivar, Artigas, Marti, Zapata, Che, Allende, etc.) ne relèvent pas du culte de la personnalité mais uniquement de la reconnaissance envers ceux qui sont disposés à offrir leur vie pour améliorer celle des autres. Il en est de même aujourd’hui, n’en déplaise à M. Souchon, des nouveaux Présidents progressistes, tous admirateurs du Che, élus récemment en Amérique Latine : Chavez, Morales, Ortega, Correa, etc.
En insultant le Che, M. Souchon a insulté des millions de personnes dont je suis, mais venant de la part de quelqu’un qui a été, comme il le dit lui-même, « verni et gâté par la vie », cela n’a qu’une valeur très relative, car si ce monde va mal, c’est bien à cause de la défense à outrance de l’égoïsme et des privilèges de quelques-uns dont il fait partie.
M. Souchon doit savoir que le crachat destiné à l’étoile du Che ne pourra que lui retomber sur la figure et qu’il ne pourra plus s’en prendre à sa maman, car sa laideur, crachat compris, c’est lui-même qui l’aura forgée.
Cependant, je m’interroge sur, d’une part la subite inspiration de M. Souchon, s’appuyant sur des « informations » trouvées sur internet, et d’autre part la promotion de son disque par les chaînes publiques : le samedi 29 novembre à 20h dans de JT de France 2, le dimanche 30 à 14h dans l’émission « Vivement dimanche » de Drucker sur France 2 et le lundi 1er décembre à 21h sur France 3 avec un documentaire de L. Thessier.
Au moment où la pensée unique prend l’eau de toutes parts, les maîtres du jeu font intervenir tous leurs valets.
URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Alain-Souchon-et-le-Che.html
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===WIKIPEDIA
Che Guevara, 5 mars 1960, photo d'Alberto Korda.


Photo prise le 5 Mars 1960, publié à Cuba en 1961, au niveau international en 1967.
Source Che Guevara Museo, La Havane, Cuba
Auteur Alberto Korda (Korda)
Autorisation
(réutilisation de CE fichier)
Ce fichier est dans le domaine public. La photo a été utilisée pour la première fois au niveau international en 1967. C'est dans le domaine public par le décret-loi no. 156 28 Septembre 1994, de modifier la partie de la loi n. 14 Décembre 28, 1977, Loi sur le droit d'auteur (article 47) qui stipule que les images tombent dans le domaine public dans le monde, 25 ans après sa première utilisation.
Cuba n'a pas signé la Convention de Berne jusqu'en 1997, et cette photo a été prise et publiée il ya 30 ans et donc que c'est dans le domaine public.

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